Frédéric Berger : 9 citations mais pas de Légion d’honneur (2/2)

Du 25 août 1914 au 26 février 1919, Luxembourgeois de naissance, Frédéric Berger, de Reims,  s’est battu pour la France. Il a eu deux blessures, 9 citations, mais on ne lui a jamais remis la Légion d’honneur.

fred berger -3copie - copieLes archives du musée de la Légion étrangère dans laquelle s’est engagé Frédéric Berger sont très complètes. D’Orléans où il est incorporé au 2eme régiment de Marche du 2er étranger constituant la 1ere brigade de la division marocaine à sa démobilisation en 1919 après avoir fait partie des forces d’occupation en Allemagne elles témoignent du parcours étonnant et courageux du 2eme classe, mitrailleur, qui a terminé sergent fourrier.

Il côtoie Blaise Cendrars

Formé dans  la 3e compagnie de mitrailleuses, il reste dans le secteur de Reims avant d’être envoyé   en mai 1915 dans les combats sur le front d’Artois où près de 2.000 légionnaires trouvent la mort. Retour sur Sillery et Saint Thierry, déplacement en Haute Saône, Frédéric Berger qui côtoie Blaise Cendrars sera blessé comme l’écrivain le 25 septembre 1915 à la ferme de Navarin, lors d’une attaque sous une pluie diluvienne. Blessé tout comme Lazare Ponticelli le dernier poilu qui vient de s’éteindre, comme les photographes Diblick et Peppy qui mourra bien plus tard en déportation ;

Cela lui vaut sa troisième citation : « mitrailleur brave et dévoué, a été grièvement blessé d’un coup de feu à la tête en se portant à l’assaut des positions allemandes. »

Mettant à profit sa période de convalescence pour faire le peloton des élèves caporaux dans l’Ain. Il suit avec succès des cours de mitrailleurs tandis que la division marocaine dont il faut partie est intégrée à la Vie armée.

Il repart au front pour la bataille de la Somme en juillet 1916. Son régiment prend le village de Belloy et fait 750 prisonniers. Dans la foulée il devient légionnaire de 1ere classe puis caporal de la 3e compagnie de mitrailleuses.

Prise d’Auberive

En avril 1917 du régiment a pour mission d’attaquer entre la Suippes et le Mont sans nom à Moronvilliers. Il participe à la prise d’Auberive (19 avril). Cela lui vaut une citation avec son régiment : « Merveilleux régiment qu’anime la haine de l’ennemi et l’esprit de sacrifice le plus élevé. Le 17 avril 1917, sous les ordres du lieutenant colonel Duriez, s’est élancé à l’attaque contre un ennemi averti et fortement retranché et lui a enlévé ses premières lignes. Arrêté par des mitrailleuses et malgré la disparition de son chef mortellement touché, a continué l’opération par un combat incessant de jour et de nuit  jusqu’à ce que le but assigné fut atteint, combattant corps à corps pendant cinq jours, malgré de lourdes pertes et des difficultés considérables de ravitaillement ; a enlevé à l’ennemi plus de deux kilomètres carrés de terrain. A forcé, par la vigueur de sa progression, les Allemands à évacuer un village fortement organisé (Auberive)où s’étaient brisées toutes nos attaques depuis plus de deux ans. »

Mourmelon, Berry au bac, il est envoyé à Verdun en aout pour enlever Cumière-le-Mort-Homme. Il est nommé caporal fourrier en janvier 1918, part combattre en Picardie puis dans la Somme où il  truste les citations.

 Son frère tué

Le 2 septembre 1918, Frédéric Berger vit un drame à quelques jours de l’armistice. Sur le plateau de Laffaux, Henri Berger, 18 ans, son frère qui n’a pas encore terminé son instruction, pour le premier jour de sa participation au combat comme chef de pièce à la 3e compagnie du RMLE est tué à son poste par un obus.

Frédéric Berger s’illustrera encore avec les légionnaires au château de Lamotte, à Allemant.

Il continue à servir la France après l’Armistice en pénétrant à Hornach en Allemagne le 1 décembre 1918.

 Honte à la France

Mon grand père est mort en 1955. Il nous emmenait souvent au monument de Navarin. Habitant au Foyer Rémois, tout gosse,  il nous emmenait aussi à la Pompelle en traversant les tranchées du Moulin de la housse.

Malgré ses nombreuses citations, Frédéric Berger ne fut jamais citoyen français. Il eut fallu pour cela qu’il fît la démarche administrative requise pour solliciter ce titre. Pour lui, c’était lui faire injure. Il estimait qu’en ayant payé de son sang il devait lui être acquis d’office, tout comme la légion d’honneur qu’il aurait amplement méritée mais que, dans sa fierté, il n’a jamais voulu s’abaisser à solliciter lui-même. »

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