#1418 « Hermonville, mémoire de la grande guerre » par Gilberte Touret

Issue d’un des plus anciennes familles d’Hermonville,  avec un grand père :(Pacific Coulon) tué en 1917et un autre : (Henri Picotin), blessé et trépané, Gilberte Touret, amoureuse de sa commune ne pouvait pas ne pas s’intéresser à la Première guerre mondiale.

Décortiquant durant de longues heures les archives municipales, des compte rendus d’état-major, puisant dans les archives numériques de Gallica mais aussi dans les ouvrages d’écrivains témoins de cette époque, la correspondante de L’union réussit  la performance de raconter la vie à Hermonville du 1 août 1914, veille de la guerre au 27 juillet 1924, jour de l’inauguration du monument aux morts du village où sont gravés 47 noms dont 12 de victimes civiles.

Dans son ouvrage : « Hermonville, mémoire de la grande guerre », Gilberte Touret, multiplie les anecdotes, ajoute des photos originales, relate la vie singulière d’un village de cantonnement situé à « 2km de la mort » du front de Cormicy et dans lequel ont stationné jusqu’à 4.000 soldats issus de nombreux régiments d’infanterie, d’artillerie, du génie ou des zouaves.

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Vie quotidienne ponctuée de bombardements détruisant maisons, vignes et champs, de réquisitions pour l’armée (nourriture, chevaux), la Grande guerre a aussi vu passer à Hermonville de singuliers personnages entrés dans la  petite  ou la grande l’Histoire : Marie-Louise Châtelot, secrétaire personnelle de Joffre ; le général Etienne qui a sans doute peaufiné son projet de création d’une armée de blindés en surveillant l ‘horizon juché en haut de la tour du moulin planté au Mont Chatté ;  le même moulin Jobart au pied duquel le général Pétain fut fait officier de la Légion d’Honneur en octobre 1914.

Au Moulin Culdaut, de son côté,  l’écrivain soldat Roland Dorgelès passe au repos d’agréables moments en maugréant toutefois contre les commerçants qui tirent profit des soldats de passage. Et pendant qu’il se plaît à raconter comment tout le village fut surpris d’entendre revivre miraculeusement le piano mécanique au bistrot « La Croix D’or », secoué un peu durement par un intense bombardement d’artillerie, en face, chez l’ennemi, Ernst jünger depuis Orainville, racontait sa guerre à lui.

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Et tandis que le maire Jules Chrétien doit gérer au quotidien la vie à Hermonville, que le papa de Gilberte, avec d’autres gosses,  joue à la guerre, dans le plus grand secret le 2ème bureau, la Sureté et le bureau interallié de Folkestone forme des espions à  l’école des Missions  spéciales, une douzaine d’équipages  déposés par avion derrière les lignes ennemies et chargés d’envoyer par TSF ou pigeon voyageur des  renseignements capitaux pour l’artillerie alliée.

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Désormais, en se recueillant le 11 novembre au pied du monument aux morts,  toutes celles et tous ceux  qui auront lu « Hermonville, mémoires de la Grande guerre »auront une pensée pour ces milliers de soldats passés dans la commune entre août 1914 et novembre 1918 et leurs aïeux coincés aux portes de l’enfer.

Alain MOYAT

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