Dors min p’tit quinquin, la chanson du 243 ème RI

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C’est sur le site ( http://batmarn2.free.fr/233e_ri.htm )traitant notamment de la seconde bataille de la Marne (juillet 1918)qu’on apprend que le 243è me régiment d’infanterie dans lequel a été enrôlé Georges Gras au début de la guerre (et dissous, faute d’effectifs, après la bataille de Verdun) , avec tous ses Chti, avait pour chanson fétiche : le fameux « Dors, min p’tit quinquin »

« Juillet 1918. -Des chansons nous réveillent. Mayeur qui est allongé à côté de moi regarde l’heure; il est dix heures et quart. Nous nous levons et nous approchons de la route de Longpont où commencent à passer les compagnies relevées. Pour le moment c’est la 22ème qui passe et les poilus chantent en allant vers le repos, Leur chant s’élève tragique dans le soir et rappelle les heures terribles de Plessier-Huleu. Ils chantent ce que l’on chante après les coup durs.
« C’est à Plessiersur le plateau »
« Qu’on a laissé sa peau.,.. « 
Ils chantent leur misère et leur souffrance,
A cinq minutes suit le 4ème bataillon, mes amis de Craonne et de Belgique; ils entonnent la chanson du régiment, la vieille chanson du 243ème, la vieille chanson du Nord. Je trie au milieu des voix celle de mon ancien sergent de la 15ème, le sergent David dont la voix de ténor doit être entendue jusqu’au delà des lignes boches; il chante pour faire marcher ce qui lui reste de survivants, la chanson de Desrousseau.

Pour écouter la chanson
https://www.youtube.com/watch?v=4ZrdaDjgZHU
« Ainsi l’aut’e jour eun pauv’ dintelére »
« In amiclotant sin p’tit garchon »
« Qui d’puis tros quart d’heure ne fayot que braire »
« Tachot de l’indormir par une canchon « 
« Elle lui diyot, min Narcisse »
« Demain tara du pain d’épiche »
« du chue à gogo »
« Si t’es sach’ et que t’e fais dodo »
Et la poignée de survivants de David reprend en coeur :
« Dors mon p’tit quinquin »
« Min gros pouchin »
« Min gros roujin »
« t’me fera d’chagrin »
« Si t’ne dors point jusqu’a demain ».
Dans la nuit auréolée d’étoiles, ils s’en vont chantant oubliant ainsi les heures criminelles qu’ils viennent de passer, en peu de temps ils sont redevenus des hommes et le silence des batteries allemandes leur a redonné l’espoir. Cette joie de vivre que l’on ne peut ressentir que lorsqu’on vient d’échapper à une mort que l’on attend à chaque jour, à chaque heure, à chaque minute, et sans savoir si ce sera une mort brutale et souvent espérée ou une mort lente qui par lambeaux vous arrachera cette vie que jusqu’au dernier souffle on voudrait tant garder.
Les poilus de David l’ont cette joie de vivre et l’on entend plus énergique à mesure qu’ils s’éloignent de la terre abhorrée; le 5ème couplet de notre chanson..,
Chantez poilus de la 15ème, chantez la chanson de votre pays, c’est le Te Deum de tous ceux qui sont restés là haut, que vous clamez à la face du monde et pour que celui ci entende votre voix, les canons se sont tus.
Je tends encore l’oreille pour écouter le chant de mes anciens compagnons d’escouade et le dernier couplet m’arrive comme un défi lancé aux Fritz. Les dernières paroles m’arrivent à peine perceptibles pendant que le défilé des compagnies fantômes continuent. »

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