6/ 10 Georges Gras à Verdun sous un déluge de bombes et la mitraille

« Si tous les hommes qui sont morts  à Verdun se relevaient tous, ils n’auraient pas la place de se tenir côte à côte. »Montherlant 7verdun

En 2016 , la France commémorera la bataille de Verdun, l’une des batailles les plus terribles et  les plus meurtrières de la Première guerre mondiale  ( avec  714 231 morts, disparus ou blessés dont  362 000 soldats français et 337 000 allemands) au cours de laquelle les Poilus, sommés de tenir tête à l’assaillant , avec abnégation et héroïsme ont vécu d’inoubliables heures tragiques. Georges Gras, du 243ème régiment d’artillerie a vécu lui aussi l’enfer de Verdun,  et les premiers terribles jours de l’offensive allemande des 21 au 23 février 1916. Il se trouvait avec son régiment dans le bois de l’Herbebois ( dans les  lignes entre Bezonvaux et les Jumelles d’Ornes), juste en face le plus connu Bois des Caures où est décidé le colonel Driant, enfant de Neufchâtel-sur-Aisne. Leur objectif: retarder l’avancée des troupes allemandes jusqu’au fort de Douaumont. Avec le  sous lieutenant Deparis qui fit partie de son unité durant presque toute la guerre,   le sergent chef de section Georges Gras,  a eu la chance de  faire partie des 27 rescapés sur les 160 que comptait sa compagnie.

Ils voulaient saigner à blanc l’armée française

Camp retranché français depuis 1914 face aux troupes du Kronprinz qui coupaient l’accès à la voie ferrée à la hauteur de la hernie de Saint-Mihiel, le saillant de Verdun avait déjà en ce début 1915 une haute valeur symbolique. Pas question que les Allemands avancent plus loin de ce côté. L’ennemi qui le savait décida alors en février 1915 de saigner   à blanc  notre armée . Après avoir acheminé par train neuf divisions supplémentaires qui s’ajoutaient aux six déjà présentes, fort de nouveaux armements: lance-flammes, obusiers Krupp de 420mm, autrichien de 305 mm qui venaient s’ajouter aux 77mm de campagne et au mortier 210mm rapides, les Allemands ont réussi à réunir sur un front de 11 kilomètres  une colossale artillerie: avec plus de 1 225 pièces d’artillerie de tous calibres dont 542 obusiers lourds et 2,5 millions d’obus. Si le lieutenant colonel Driant a bien prévenu Paris d’une attaque à venir de grande envergure, Joffre a fait la sourde oreille.

21-22 février 1916: 2 millions d’obus en deux jours

verdun Impossible d’imaginer qu’en deux jours, ce sont près de deux millions d’obus, — un obus lourd toutes les trois secondes — qui sont tombés sur les positions françaises . Et c’est pourtant la réalité. Un bombardement de fin du monde, un arrosage apocalyptique d’obus de tous calibres qui ont d’une part transformé des milliers de km2 verdoyants , de bois, de champs, de maisons, de villages en paysages chaotiques et d’autres part les tranchées en un immense désert de trous et de monticules sans cesse bouleversés, en un immense charnier, en une immense nécropole, la plus vaste de tous les temps. Et au milieu de tout cela, dans ces espaces maudits, ce sont des dizaines de milliers de soldats qui tels des automates, errant de trous d’obus en trous d’obus, hagards, déguenillés, tremblant de froid puis de sommeil, de faim et de soif tiennent à tout prix. Enterrés par le déluge des marmites, écrasés ou fauchés par des projectiles de tous calibres, étourdis par le bruit assourdissant des explosions, aveuglés par la fumée, suffoqués par les gaz, brûlés par les lance-flammes, trempés par la pluie, caparaçonnés de boue, sans contact à droite et à gauche, sans liaison avec l’artillerie, sans mission précise, sans plus de tranchées pour s’abriter, sans boyaux pour assurer les communications, parmi des monceaux de cadavres déchiquetés, les fantassins français ont pourtant résisté. Accrochés farouchement au sol, à l’adversaire, ils ont accompli une défense héroïque.Et quand les Allemands, suite à leur pilonnage dantesque croyaient avoir tout anéanti et se lançaient à l’assaut des lignes françaises ils ont à chaque fois rencontré en face d’eux, avec surprise et puis terreur les fameux Poilus. Plutôt, à dire vrai, des êtres, qui tels des diables, des fous, ou des fantômes  ont surgi, hébétés, des décombres et des trous, loqueteux, épuisés, les yeux exorbités et enfiévrés, comme perdus dans un océan déchaîné; mais résolus à vendre chèrement leur peau pour défendre des ruines et des tas informes de boue.

La Dépêche de l'Aisne
La Dépêche de l’Aisne
Le témoignage d’un supérieur puis ami de Georges Gras: Georges Deparis, lieutenant à l’époque

On peut facilement deviner ce qu’il a pu vivre grâce au récit qu’en a fait un de ses proches, le sous lieutenant de réserve Georges Deparis, dans « La Dépêche de l’Aisne »datée du mercredi 29 février 1956.

21 février 1916.- Depuis l’avant-veille, la compagnie dont je commande une section comme sous lieutenant de réserve, est venue renforcer , en prévision de l’attaque allemande, l’unité qui tient le secteur, en première ligne, dans le bois de la Montagne, à l’extrême pointe nord-est du front de Verdun.

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Photo parue dans la Dépêche de l’Aisne du 29 février 1956

La position fait partie d’un centre de résistance organisé dans le massif boisé de l’Herbebois, à l’est immédiat du bois des Caures où le colonel Driant,  va trouver le lendemain une mort héroïque à la tête de ses chasseurs. Le secteur est parfaitement calme. Pas un bruit, pas même un coup de fusil. J’occupe dans la ligne de soutien, à une centaine de mètres de la lisière, avec quelques hommes, un petit abri, tout proche d’un plus grand, où s’abrite le gros de ma section. Il n’y a ni tranchées, ni boyaux en profondeur. Les ouvrages défensifs sont constitués par des levées de terre solidement gabionnés et reliés entre eux et avec l’arrière par de simples pistes. Les abris étayés et plafonnés par des rondins sont à demi enterrés dans un sol très humide. Des réseaux de barbelés constituent les défenses accessoires. Ce matin du 21 février, engourdi par une nuit de bas-flanc, je suis sorti tôt pour me détendre, respirer l’air vif… et voir mes hommes. Le silence qui remplit la forêt de haute futaille est pesant, impressionnant, menaçant. Ca ne peut pas durer ! Je pense aux consignes reçues : « tenir coûte que coûte le terrain occupé ; barrer l’assaut de l’ennemi, lui reprendre, par des contre attaques fulgurantes les portions où il aurait pu s’installer. » Nous sommes assez aguerris pour savoir ce que cela veut dire. J’examine une fois de plus le vaste et profond « no man’s land » qui nous sépare des Boches. A la crête de la croupe dénudée qui, à la sortie du bois, s’avance vers eux, j’aperçois la tâche blanche du petit poste de surveillance qui semble les narguer et le boyau sinueux qui y mène. Singulière ironie, on a baptisé ce point « le Cap de Bonne Espérance » ! Voici, encore dans le creux du vallon qui s’enfonce dans le bois de la Montagne, à quatre cents mètres de la lisière, la ferme inoccupée de Soumazannes, objectif favori des patrouilles nocturnes…

La préparation d’artillerie

A Soudain, au nord, des profondeurs de la forêt de Spincourt, la voix d’une pièce à longue portée se fait entendre. Dans un ronronnement ouaté, le projectile trace très haut, sa trajectoire, pour aller s’écraser bien loin en direction de Verdun. Puis le silence reprend ses droits. Serait-ce un signal, le tragique « coup d’envoi »de la bagarre ? Quelques minutes encore. Il est 7 h 16. D’un seul coup , le « Trommel Fuer » déchaine dans le ciel le feu de centaines de pièces qui abattent sur les tranchées de première ligne, les PC, les batteries, les centres de résistance et leurs voies d’accès un déluge d’obus de tous calibres. J’accours m’abriter auprès de mes compagnons ; nous nous équipons et coiffons le casque. Plus de doute : c’est bien le bombardement préparatoire à l’attaque. Et quel bombardement ! Aucun de nous n’en supporta de semblable ! Les nerfs se tendent, les muscles se crispent, les visages blêmissent. La peur s’insinue sans contrainte dans la profondeur de nos fibres. On jette un regard furtif sur les rondins qui nous protègent. L’abri tiendra t-il ? Pour un 77, sûrement. Pour un 105 peut-être. Au-delà… Hum ! Il faut mieux ne pas y songer. A la grâce de Dieu ! Rien d’autre à faire que d’attendre et subir… D’interminables minutes s’écoulent, puis une heure, puis des heures !… Notre coin semble relativement épargné, mais dans le fond du ravin et sur l’autre versant, quel épouvantable déluge ! Par instant, notre abri semble se soulever sous le martèlement de la terre. De temps à autre, un de mes compagnons pousse une imprécation, un cri de révolte. A quoi bon ? Il faut courber le dos, stoïquement, sous l’ouragan. C’est lui qui bientôt, aura raison de nous : lentement une somnolence irrésistible calme les nerfs et nous entraîne vers une sorte de bienfaisant anéantissement. Et pas la moindre instant de répit ! Toujours la même effroyable densité de tir ! La terre fume sous l’averse de fer. Les arbres tordus, déchiquetés, abattus se couchent et mêlent leurs squelettes au terrain bouleversé ! Bientôt 10 heures… Tout à coup, le jeune coureur de ma section s’abat, plutôt qu’il n’entre dans l’abri, exténué livide, haletant, comme s’il avait traversé l’enfer pour venir jusqu’à nous. On s’empresse, on le réconforte. Sans pouvoir dire un mot, il tire un papier de sa cartouchière et me le tend. Je lis, je relis avidement : « Lieutenant De … sous-lieutenant Du…aspirant CH… ; tués dans leur abri effondré ; sous-lieutenant R… gravement blessé, grosses pertes autour de nous. Vous préviens pour le commandement de la compagnie. Signé H…, sergent-major. »

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En relisant la citation à l’Ordre de l’Armée en date du 20 mars 1916 de la 20 ème compagnie du 5 ème bataillon du 243 ème RI (signée Howire) , Philippe Baijot, petit fils de Georges Gras a retrouvé les noms manquant dans l’article:

Le lieutenant Deswarte, commandant de la Compagnie, tué; 

deswarte

le sous-lieutenant René Duval, tué; 

duval

l’aspirant Charlet, tué;

 

charlet

le sous-lieutenant Massé, (blessé); 

Gradés restants: 

Le lieutenant Georges Deparis; 

le sergent major Hovire (2 section);

le sergent Georges Gras (2 sections plus I du 164 ème; le lieutenant du 164 ème ayant été tué par un 7( le 22 février 1916)

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Je reste abasourdi par la terrible nouvelle, par cette soudaine et douloureuse promotion. Subitement, ma torpeur se dissipe. Je reste seul officier et mesure les responsabilités qui tombent sur mes épaules. Du courage ! Bientôt, il faudra faire face ! Vers 11 h 30, le bombardement diminue progressivement puis s’arrête. Est-ce l’attaque ? Le tir ne s’est pas allongé, aucun mouvement devant les lignes. Le répit dure une heure. Les lignes téléphoniques sont coupées, mais les coureurs m’apportent de navrants renseignements sur nos pertes déjà considérables et sur l’état des ouvrages. J’informe à mon tour le commandement . Le pilonnage reprend brutal et dru comme dans la matinée. Trois heures encore il nous tiendra, brisés, sous son horrible étreinte. L’attaque A 16 heures, enfin ! le barrage se lève. C’est l’attaque ! Aux postes de combat on va agir, se battre. Le cauchemar s’écarte. 6verdun La pression de l’ennemi ne se fait pas sentir sur le champ. Seuls quelques petits groupes se sont approchés en observateurs, et cherchent à se faufiler jusqu’aux lisières. Mais voici que les vagues débouchent à la fois « du Cap de Bonne Espérance »emporté sans coup férir et de la ferme de Soumazannes. De toutes parts, on réclame le soutien de notre artillerie : fusées rouges, clairons, signaux. En vain. Elle ne répond pas à nos appels. Paralysée, bouleversée par le bombardement elle n’enverra que quelques coups tardifs, dispersés, insuffisants pour enrayer la marche des assaillants. A bonne portée, les survivants de la première ligne ouvrent le feu, mais ils sont dominés par celui de l’ennemi qui dispose de canons-révolvers et en certains points de lance-flammes. Malgré quelques renforts qui leurs sont envoyés, ils sont vite submergés par les infiltrations et se replient vers la ligne de soutien en combattant. C’est à ce moment que le chef de bataillon, alerté par nos soins envoie pour la contre attaque une section en réserve, commandée par une jeune officier plein d’allant . Je lui adjoins ma propre section qui n’a pas été éprouvée. Nous organisons en hâte le dispositif de départ. Une salve nourrie et puis : « en avant ! »A la baïonnette. Surpris par notre vive réaction, entravés dans leur marche par le terrain chaotique, les Boches se serrent un instant, puis se précipitent vers la lisière, où nous les poursuivons. La situation est localement rétablie, mais sur le reste du flan de la Montagne, l’ennemi, grâce à ses lance-flammes, a réussi à atteindre les défenses accessoires de la ligne de soutien. Il y est contenu. Vers 19 heures, le combat cesse tandis que, de part et d’autre, on va s’organiser tant bien que mal pour les opérations du lendemain.

La Dépêche de l'Aisne
La Dépêche de l’Aisne

Dans la Dépêche de l’Aisne datée du 3 mars 1956 dont il nous manque une page on peut retrouver la suite du témoignage du lieutenant Georges Deparis. La voici « …Le soir tombe sur le branlebas de cette deuxième journée, dans un calme relatif. Notre situation n’en est pas moins critique. Depuis deux jours, nous sommes coupés de notre ravitaillement en vivres et en munitions. Les vivres de réserves s’épuisent, la soif nous torture, le froid est vif. Nous n’avons pas dormi depuis la veille au matin. La neige, qui se met à tomber; nous apporte un peu de boisson glacée.

La nuit est relativement calme. Nous sommes en contact. L’artillerie ne chagrine que nos arrières et ne s’en prive pas. Autant qu’on peut l’estimer, l’effectif de ma compagnie a fondu de plus de moitié. L’adjudant et les survivants de sa section ont été faits prisonniers, à la suite de l’action des lance-flammes. Le sergent-major a mission de regrouper sous son commandement les éléments qui restent sur le versant nord du ravin, tandis que je conserve le noyau encore peu entamé de l’autre versant. J’y maintiens mon P.C. qui a de très bonnes vues.

Le 22 dans la matinée, le bombardement reprend, violent, rageur, mais saccadé. L’ennemi a dû reprendre un peu de champ en arrière pour lui permettre d’achever notre anéantissement. Vers midi, il s’éteint à nouveau. L’attaque se développe, renforcée, féroce, sur tout le front. La fusillade devient infernale. Mais le substantiel renfort d’une compagnie de mon bataillon, entrée dans le secteur pendant la nuit, arrive à point pour soulager les défenseurs: on colmate les brèches, on renforce la garnison des ouvrages boulversés, tout cela sous le feu enragé et les assauts de l’infanterie. Partout, la ligne de soutien où se sont repliés les quelques éléments de lisière, est étayée et résiste. C’est le moment crucial de notre combat. Notre moral, notre courage, ont fini par avoir raison de l’obstination de l’ennemi qui n’insiste plus. Dès lors, satisfait des résultats qu’il obtient à notre gauche dans le bois de Ville et le bois des Caures où il a pénétré  profondément, ainsi que dans le sud de l’Herbebois, où il a pris pied (…)

La journée du 23, en raison du ralentissement de l’activité de l’infanterie allemande devant notre front  sera plus supportable. Il faut toutefois, rester vigilants. Un incident désagréable vient, l’après-midi, nous secouer violemment. Notre artillerie, qui a été absente du combat, se met à nous arroser brutalement en un tir trop court et provoque des ravages dans nos rangs. Cet incident cesse heureusement assez vite. D’autre part, la bataille continue à faire rage sur nos arrières progressant vers le sud. Nous voici bientôt enserrés dans la nasse qui va se refermer sur notre position très en pointe. Nous ne recevons plus d’instructions du commandement. Au loin, les renforts ennemis défilent sans cesse du Cap de Bonne Espérance, en contournant notre front. Vers 16 heures, un capitaine, un sous-lieutenant et moi-même, tous trois rescapés des trois compagnies en ligne fraternellement mêlées, tenons un petit conseil de guerre. Allons-nous accepter le sort qui nous est réservé, qui nous attend d’heure en heure: être pris ou mourir sans profit? La sagesse nous dicte de tenter un replis vers l’arrière, mais nos scrupules de combattants ouvrant dans nos consciences un cruel débat. Finalement, nous reportons notre décision jusqu’à 17 h 30. Nous détruisons nos documents, nous évacuons nos blessés transportables, et préparons, à tout hasard, un décrochage prudent. Mais voici qu’à 17 h 10, arrive l’ordre libérateur. Un courrier m’apporte un li de notre chef de bataillon: « Repliez vos unités vers le bois de Chaume, où je me trouve. Sauve qui peut! Bonne chance; Signé commandant Lequeux. » Dès lors, nos scrupules levés, tandis que le jour s’éteint, par petites fractions, sans attirer l’attention de l’ennemi, nous nous acheminons vers la lisière ouest de l’Herbebois que nous suivons péniblement sur près de trois kilomètres, non sans recevoir des volées de balles de mitrailleuses, dirigées du bois de Ville, entièrement occupé. Vers 20 heures, j’arrive avec ma petite troupe au PC du commandant qui m’accueille avec une grande émotion. Je lui rends compte des tribulations que nous venons de vivre, trois jours durant. Le repas qui nous attend nous réconforte et nous allons nous blottir dans une carrière abandonnée, où nous dormons à poings fermés. Dès l’aube du 24, les restes du bataillon vont faire mouvement vers Louvemont. Je peux enfin compter mes rescapés. Nous étions 180 à notre arrivée au bois de la Montagne. J’aligne auprès de moi , un sergent major, deux sergents; trente et un hommes. Compte tenu d’une trentaine de blessés légers et prisonniers, c’est 115 des nôtres qui sont couchés, sans sépulture, sur les avancées de la défense de Verdun: avant-garde de 400.000 sacrifiés qui vont tomber pendant la longue tuerie de 1916, pour la sauvegarde et l’honneur de la France! Tel est l’épisode, brièvement rapporté de nos combats des 21, 22 et 23 février 1916. Plus tragique encore, il s’est répété des centaines de fois au cours des  horribles combats qui ont fini par stopper la furieuse poussée germanique. La devise était: « courage! On les aura! » Ils ne sont pas passés. 5verdun         « Curieux combat que celui engagé le 21 février » racontait en février 1972 un ancien Poilu ardennais, M Miard. Il modifie toutes les combinaisons tactiques des grands chefs. C’e fut un affrontement individuel  de petites unités, d’escouades, de sections, de compagnies… Le plus souvent de soldats isolés ou de petits groupes.C’est une bataille engagée d’hommes seuls. Pendant six mois, de février à août, coups de mains, attaques, contre attaques se succèdent, ininterrompues, sans laisser à quiconque le temps de souffler. Un duel inimaginable d’artillerie, fait,à coups de dizaines de milliers d’obus. Au total, ce sont 66 divisions françaises qui grâce au souci de Pétain , très attentif à économiser ses hommes, ont, tout à tour, défilé, souffert, combattu dans ce que les Allemands ont eux aussi appelé: « die holle von Verdun ».

Cité à l’ordre de la 2ème armée

Echappé par miracle de cette fin du monde, le caporal Georges Gras mérite bien le 20 mars 1916 tout comme son régiment  (20 ème Compagnie du 5 ème bataillon du 243ème régiment d’infanterie) »la citation à l’ordre de la 2 ème armée . « Chargé de la défense d’un secteur particulièrement menacé, s’est acquitté de sa mission avec une conduite admirable malgré des pertes cruelles et a mort de presque tous ses officiers. A repoussé victorieusement pendant trois jours les attaques violentes et sans cesse réitérées de l’ennemi, subissant sans fléchir le bombardement le plus violent de l’artillerie de gros calibre et le jet de liquides enflammés, faisant de vigoureuses contre attaques à la baïonnette qui lui ont permis de reprendre des positions de la ligne de défense tombées aux mains de l’ennemi. A ramené tous ses blessés transportables et conservé le contact avec l’ennemi. »

Faute d’effectifs, le 243ème RI dissous rejoint le 233ème RI

La saignée de Verdun a été si importante que faute d’effectifs, le   5 ème bataillon du 243 ème RI dans lequel se bat depuis août 1914 Georges Gras  passe le 1 juin 1916  devient le 4 ème bataillon du  233e RI . Non sans une certaine émotion exprimée par le lieutenant colonel Lequeux commandant le 233ème RI. « Officiers, sous-officiers, caporaux et soldats du 5e bataillon du 243e R. I.,après vingt-deux mois de luttes incessantes et de fatigues vaillamment supportées, on vous demande aujourd’hui un bien dur sacrifice : des considérations d’un ordre supérieur relatives à la défense nationale exigent que vous vous sépariez de votre cher drapeau, pour qui tant des vôtres ont déjà versé généreusement leur sang. C’est avec une profonde tristesse que vous cessez de porter le numéro sous lequel vous avez combattu, la séparation est bien dure aussi pour votre Chef, le Colonel de Guillebon, dont le cœur plein de bonté saigne en quittant ses soldats, ses enfants.Rassurez-vous, vos nouveaux camarades vous connaissent et vous aiment. Ils vous ont vus à leurs côtés à Onhaye, à Saint-Pierre, devant Reims, à Hébuterne, en Champagne, et récemment encore à Verdun ; la réception qui vous attend atténuera votre douleur, sans faire oublier votre passé, qui est aussi celui du 233e. « C’est un grand bonheur pour votre nouveau Colonel que de retrouver, après une courte séparation, son cher 5e bataillon, au milieu duquel il a vécu des journées bien dures, mais dont le souvenir ne s’effacera jamais.« Nos chers camarades tombés il y a un an peuvent être certains que leur sacrifice généreux ne sera pas oublié, et la croix de guerre attachée à votre fanion, qu’ils ont vaillamment conquise au prix de leur sang, sera fidèlement gardée au 233e.« Nous ne formons désormais qu’un seul et beau régiment, fier du passé et sûr de l’avenir.« Vive le 243e ! Vive le 233e ! Haut les cœurs ! Pour la Victoire et la délivrance de nos foyers envahis. » Jeton_de_la_Bataille_de_Verdun,_frappé_en_1916 ————–

Des images de Verdun

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2GEORGES GRAS - copie (2)

 7/10 Georges Gras dans la bataille de la Somme

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