9/10 Georges Gras au Chemin des Dames pour l’offensive Nivelle

Remplacé par le 78° d’infanterie le 233° cantonne courant février à Beaurieux et exécute chaque nuit les travaux d’aménagement en vue de l’offensive prochaine.

 Mars 1917:  Montel et Delmotte (photo Georges Gras)
Mars 1917: Montel et Delmotte (photo Georges Gras)

Depuis septembre 1914 les Allemands occupent le plateau qui domine la vallée de l’Aisne et de l’Ailette. Depuis plusieurs années, consolidant et organisant les sapes,  ils ont aussi transformé les creuttes (grottes) en véritable forteresse.  Au printemps 1917, reprenant le projet de Joffre, le général Nivelle croit pouvoir opérer une percée décisive à l’intérieur des lignes allemandes en 24 ou 48 heures. Si l’offensive est plusieurs fois reportée, début avril la décision est prise. Fort de 62 divisions,  l’armée française procéde à un pilonnage en direction des lignes allemandes. On dit qu’entre le 6 et le 16 avril, 5 millions d’obus auraient été tirés par plus de 5.000 canons. Avec le 1er et 201ème RI, le 233ème Ri appartenant à la 1ère Division a été affecté à l’attaque du secteur de Craonne où prédominent les « gars du Nord ». C’est avec une détermination raisonnée, un courage tranquille, que, malgré nos appréhensions, nous nous disposons à entrer dans la bagarre « raconte Georges Gras. « Sans doute, aussi, l’espérance cachée de délivrer les nôtres brûle t-elle ardemment dans nos coeurs. »

chemin dames carte

La Dépêche de l'Aisne
La Dépêche de l’Aisne

Témoignage vécu du mitrailleur  Georges Gras

Georges Gras
Georges Gras le téléphoniste est devenu mitrailleur, spécialiste du FM et de la mitrailleuse

C’est dans la Dépêche de l’Aisne  du 27 avril 1957 que Georges Gras, témoigne à propos de l’offensive du chemin des Dames.

Et c’est comme cela qu’on apprend que le téléphoniste du début de la guerre a été fait lieutenant  le 6 septembre 1916 par le général Boulanger (commandant la 51 ème Division) . Il commande la 15 ème compagnie  de mitrailleuse du 4ème bataillon du 233 ème RI.

« Le 4ème bataillon du 233ème RI dont je commande la 15 ème Compagnie, cantonne depuis la première quinzaine de mars, dans des abris repos aux environ du château de « Blanc Sablon », non loin de Craonnelle. Il travaille dans le bois de « Beau-Marais »à l’édification d’abris provisoires destinés aux troupes d’exploitation, qui doivent, lors de l’attaque « coller à nos trousses »et nous dépasser, le moment venu pour la poursuite en rase campagne.

avril 1917 Ouvrage aurousseau dans le bois de Beau Marais
avril 1917 Ouvrage aurousseau dans le bois de Beau Marais
Avril 1917  Au bois de Beau marais chapelle du centre aurousseau (photo Georges Gras)
Avril 1917 Au bois de Beau marais chapelle du centre aurousseau (photo Georges Gras)

Bientôt de nouvelles batteries viennent s’installer à proximité de notre cantonnement. Dès qu’elles « ouvrent la bouche », des rafales nocturnes d’obus à gaz s’abattent sur nous, causant des pertes sensibles, notamment celles de plusieurs officiers.

La préparation d’artillerie s’amorce dès la première semaine d’avril et s’amplifie rapidement. Nous en suivons les progrès sur le village de Craonne qui s’écroule peu à peu et sur les pentes de la falaise qui blanchissent jour après jour, en laissant apparaître leurs entrailles de « Cran ».

L’artillerie allemande réagit avec prudence et modération.

16 avril 1917 offensive dépôt d'obus de 220 et de 155 Blanc Sablon CH au
16 avril 1917 offensive dépôt d’obus de 220 et de 155 Blanc Sablon CH au

Un plan d’attaque ambitieux pour le 233ème RI aussi

Bientôt « la biffe » entrera en scène, préparons nous. Voici les plans d’attaque:

Notre bataillon a pour première mission, avec ses trois compagnies et sa compagnie de mitrailleuses déployées de rompre la première position ennemie, sur un front allant de l’église de Craonne jusqu’au hameau de Chevreuse à l’est puis de poursuivre sa marche, sous la protection du barrage d’artillerie, jusqu’à la deuxième position allemande, installée au-delà de la rivière Ailette, au nord du massif du Chemin des Dames.

Il devra enlever cette position de vive force et continuer sa progression sous bois jusqu’aux approches de la route nationale 44, où, après « trois heures d’assaut », le 5ème bataillon le dépassera.

L’affaire se terminera en fin de journée vers la gare de Saint-Erme.

Cet ambitieux programme d’ailleurs strictement minuté jusqu’à la limite des feux d’artillerie, ne manque pas de susciter entre les exécutants les plus vives controverses. Mais nous sommes ici pour obéir et souhaiter que les artilleurs feront bien leur « boulot »: sinon…

Des lisières nord du bois de Beau-Marais, d’où nous déboucherons, nous aurons 500 mètres de « no man’s land »à parcourir avant d’atteindre les premières tranchées ennemies, étagées à gauche sur un éperon boisé, de 60 mètres de hauteur, dit: « Saillant du Tyrol », et à droite à traverser outre la saillant et le CBR (chemin de fer local), une zone marécageuse, avant d’assaillir une redoutable tranchée: « La Strypa », s’adossant au chemin de Craonne à Chevreux et pourvue de défenses accessoires importantes.

Si nous traversons cette première ligne, il nous restera à escalader la croupe, qui du plateau de « Californie », descend, à la manière d’un formidable éboulis, vers la plaine. A la crête, il faudra enlever la tranchée de « Mannheim », tranchée de soutien assortie d’un glacis de 300 mètres et de tout le « confort »vdd combat désirable. Puis le rideau tombera sur ce copieux premier acte du drame.

Souhaitons que tout ira bien et allons prendre position dans le bois de Beau-Marais pour le réel.

J= 16 H = 6

« En tenue de combat allégée, couverture, vivres, munitions (avec cinq jours de vivres et 5 grenades)mais sans sac, ma compagnie s’installe à l’orée du bois, sa droite appuyée au CBR, sa gauche en liaison avec la 14 ème Compagnie, dès l’aube du 15 avril. Journée calme, mais temps maussade. Au-dessus de nos têtes, la voute de fer de notre étourdissant bombardement. Réaction modeste de l’artillerie allemande sur nos arrières. Chaque responsable prend ses dispositions pour assurer une sortie ordonnée par les chicanes ouvertes dans les barbelés les nuits précédentes. Et la pénible attente des veilles d’attaque commence, fébrile, écrasante pour les nerfs. Dans la nuit, vers 3 heures, me parvient l’ordre ultime: J= 16 H = 6. Le sort est dans ces deux lettres et ces trois chiffres. Dans trois heures, sur 40 km de front, soixante divisions vont s’ébranler pour tenter de rompre l’étreinte de l’ennemi.

16 avril 1917: L’attaque

5 h 55.-Dans quelques minutes la tranchée se videra de ses assaillants et la tension qui blêmit les visages s’évanouira pour faire place à l’action bienfaisante.

6 heures.-En quelques pas j’atteins la lisière, puis la chicane, comme à la manoeuvre, aussi loin qu’on peut voir, nos hommes surgissent pour se ranger en formations de combat devant les barbelés.

Et de partout, un geste. En avant!

Tandis que nos obus s’acharnent encore sur la ligne ennemie, nous progressons posément dans le vallon rempli d’une légère brume. Pas de barrage d’artillerie, mais voici un avion de reconnaissance ennemi qui survole en rase-mottes la ligne des tirailleurs.

Au passage, il nous décoche une volée de balles. Un de nos sergents est blessé. Mauvais présage?

Nous abordons les bois démantelés par les bombardementsles difficultés commencent. Impossible de conserver l’allure prescrite pour  arriver à distance d’assaut, quand le barrage de 75 se lévera. Il faut contourner les trous, , sauter les arbres abattus. Les sections de droite s’embourbent dans la terre spongieuse et d’instinct se rabattent sur des terrains plus fermes. Tandis que les compagnies de gauche en terrain dégagé, abordent le saillant et commencent à l’escalader, nous grimpons à grand peine les derniers contreforts à l’est de l’éperon, et nous voici en vue de notre objectif: « La Strypa ». Le 75 a depuis un bon moment allongé le tir, mais la 13ème et 14 ème ont pu occuper, sans coup férir, tout le saillant abandonné.

Pendant ce temps, l’infanterie allemande a quitté ses abris et occupé ses postes de combat, du village jusqu’à Chevreuse.

Un ouragan de mitraille

Selon une consigne bien réglée, il nous laisse approcher à bonne portée. C’est alors le coup d’arrêt brutal, inexorable! Comme un coup de baguette, un tir d’armes légères, où les mitrailleuses mènent le bal, se déclenche en ouragan.

La ligne d’assaillants, dont les éléments avancés, tiennent les abords de l’église, est littéralement piquée au sol par des tirs de face, des tirs d’enfilade. Venant de Chevreux et de « la Strypa », des tirs plongeants – les plus meurtriers- venant des arêtes de la falaise. La densité du feu est telle qu’il semble qu’un essaim tourbillonnant de balles nous cherchent dans tous les sens. De notre position en contrebas toute riposte est impossible.

Rien à faire que de se terrer, de s’abriter au mieux pour laisser passer l’orage. Celui-ci dure un bon quart d’heure, avertissement pour nous de n’avoir pas à insister. Quelques tentatives pour reprendre l’action reçoivent d’ailleurs le même accueil. Qui, montre le nez est aussitôt salué. Nous voici dans une fâcheuse position, notre attaque est clouée, nous sommes au proche contact, mais notre objectif nous échappe.

Saillant du Tyrol  vue prise de Craonne (photo Georges Gras)

Tandis que le calme revient, accroupi dans un trou d’obus, je dispose de bonnes vues sur le saillant du Tyrol, le village et les pentes voisines, mais dans le bas, la position de mes sections qui s’y terrent m’échappe. Je trace un rapide croquis de la ligne atteinte par les nôtres: la rue du village qui descend vers Craonnelle est aux mains des régiments de notre division, en liaison avec notre bataillon aux abords de l’église et des premières maisons vers Chevreux. Nous occupons le haut du saillant et ses prolongements devant « la Strypa ». Accompagné d’un sommaire compte rendu, mon papier a la bonne fortune de trouver un porteur improvisé, l’adjudant de la compagnie de mitrailleuse, qui, assez gravement blessé à l’épaule tente de regagner l’arrière après avoir brutalement échoué dans mon trou. Je le vois peu après traversant crânement le vallon et entrer dans le bois. Il remettra au colonel le premier renseignement de la journée.

Vers 10 heures, je prends contact avec le capitaine Pons qui commande le bataillon. Il m’autorise à replier avec la plus grande prudence sur le bas du Tyrol mes sections à demi enlisées du côté du CBR.

Déjà, tout le monde travaille à regrouper les unités et à mettre le terrain en état de défense, afin de parer à la contre-attaque probable de la soirée.

Le soleil a fait son apparition  et nous découvre un poignant spectacle dans la plaine de Juvincourt jusqu’aux confins de Berry-au-Bac: les chars d’assaut du commandant Bossut, partis le matin de « la ferme du Temple » pour enlever la troisième position, n’ont pas été suivis par l’infanterie. Surchargés de réserves d’essence, pris à partie, un par un, par l’artillerie ennemie, ils flambent ou s’échouent. A la jumelle, nous en comptons 29! C’est donc l’échec navrant de ce premier engagement de nos chars! Ici, cependant, tout est calme, à part des tirs de mitrailleuses « démuselées »de temps à autre.

Mais voici du nouveau. Je suis appelé auprès du chef de bataillon. La tranchée de « la Strypa » me dit-il, doit être attaquée en fin de journée – sans artillerie, bien entendu- avec nos propres moyens, grandes comprises. Votre compagnie est désignée pour cette opération. Je reste un instant effaré devant cette décision, prise d’ailleurs à un échelon supérieur. Cherchant mes mots, je réponds: « C’est entendu, mon capitaine, un ordre est un ordre. Tout de même, « la Strypa »…c’est possible…sur la carte, mais ici, sur le « tas »… c’est autre chose…

Vous le savez, mon capitaine, après l’expérience de ce matin. C’est la moitié de mon effectif, sinon plus, qui va rester sur le terrain… et pour des prunes. »

-« Calmez-vous »me répondit-il, comprenant mon trouble. Je sais… comme vous. Aussi mon devoir est de tenter de faire rapporter cet ordre. Je vais m’y employer avec le commandant du 5 ème bataillon qui est arrivé à mon PC. Faites préparer le matériel, munitions et attendez avec confiance.

De fait, l’intervention prévue a convaincu le commandement supérieur de l’inanité de cette attaque. Une heure plus tard le contre-ordre arrive. Il est accueilli par un ouf! de soulagement. Grâce à la sagacité de notre chef de bataillon, vénéré de tous, cinquante hommes ne seront pas couchés ce soir sur les parapets de la « Strypa ».

Espoirs déçus

Nous sommes restés quatre jours encore sur les avancées de Craonne à terrasser, mettre en forme  des moyens de défense, consolider des abris dans le sol bouleversé du plateau du « Tyrol ».

L’ennemi, cependant vigilant, ne nous a pas inquiété. Tandis que nous remâchions nos espérances trahies, des bruits de relève nous parvinrent. Bientôt des officiers, appartenant aux unités du 18 ème corps d’armée, reconnaissaient nos emplacements. Dans la nuit du 20 avril, ces troupes nous remplaçaient. Il leur était réservé – au prix de quels sacrifices!- de poursuivre du 6 au 8 mai, notre tâche, en escaladant une partie de la forteresse.

Notre attaque du 16 avril n’avait été qu’une attaque sans histoire, comme des milliers d’autres. Episode escompté de la bataille de délivrance, elle n’avait fait gagner qu’un kilomètre de terrain  (au lieu de 8 prévus) en y laissant 38 tués, dont quelques uns dorment encore au paisible cimetière de Craonnelle. Je suis maintes fois revenu, à ce carrefour qui marque l’entrée du Chemin des Dames, m’incliner devant le modeste monument érigé au pied de l’église détruite à la mémoire des morts du 18 ème corps.

-courtisols-fevrier-1917-lieutenant-cottonC’est ici que mon ami le lieutenant Cotton, qui commandait la 13 ème compagnie de mon bataillon a trouvé une mort glorieuse, le 16 avril 1917, à 7 heures du matin.

Le 5° bataillon a  éprouvé  de fortes pertes, mais n’a pas  réussi  à prendre pied sur le plateau de Californie. On organise les positions conquises le 16. Le régiment tient la rue principale de CRAONNE et tout le saillant du Tyrol ; il est relevé, le 22 avril, par le 18° R.I.

Un insuccès qualifié

Quarante ans après Craonne, Georges Gras jetant un regard lucide sur l’offensive du Chemin des Dames, l’a qualifiait de   » folle gageur ».

Eu égard aux visées dey Haut commandement français en 1917, aux objectifs qu’il comptait atteindre par une attaque de rupture du front fortifié et une bataille d’exploitation qui-en liaison avec les armées anglaises- ramèneraient les combats en rase campagne pour aboutir à la libération des territoires occupés, la bataille du Chemin des Dames fut un insuccès qualifié.  Par l’obstitnationmême du commandement , après les premières journées, elle se transforma en un échec terriblement coûteux en vies humantes, au point que le moral, pourtant bien trempé, de nos troupes aguerris en fut profondément ébranlé.

Il convient de rappeler les principales erreurs ou fautes commises pour se faire une idée des opérations, tans d’ensemble que de détails, engagées en ce printemps humide, dans le secteur de l’Aisne.

Le 16 mars, un mois avant notre offensive, Ludendorf alerté faisait exécuter par ses armées, stationnées dans le saillant de l’Oise et de la Somme, un repli discret « sur la pointe des pieds », jusqu’au puissant « raccourci » de la ligne Hindenbourg « organisée à « l’avance », depuis Vailly-sur-Aisne jusqu’à Arras, en passant par Coucy-le-Château, La Fère et Saint-Quentin.

Ce replis libérait un nombre appréciable de divisions et mettait les autres à l’abri, pour un temps, dans la nouvelle position. Cette audacieuse manoeuvre qui « coupait l’herbe sous le pied »à ses intentions, ne fut pas prise en considération par notre Haut Commandement.

D’autre part, l’insuffisance de notre artillerie et de notre aviation dans le secteur d’opérations ne nous permit pas d’obtenir la maîtrise incontestée du feu ni de l’observation aérienne. La destruction des premières lignes ennemies s’avéra fort incomplète et la lenteur de la préparation (neuf jours) ne pouvait faire bénéficier l’attaque, lancée d’ailleurs dans de déplorables conditions atmosphériques, d’aucun effet de surprise.

Enfin, le choix du terrain d’attaque défiait vraiment le bon sens pour un assaut rapide, qui devait porter, en moins d’une journée et en combattant, une vingtaine de divisions au delà des positions ennemies du plateau du Chemin des Dames et les libérer dans les plaines du Laonnois, à vingt kilomètres de leur base de départ. Pour qui connaissait cette abrupte et formidable falaise, de plus de cent mètres de hauteur, truffées de creutes , de redoutables ouvrages défensifs, d’observatoires et d’abris bétonnés, de tunnels, tenter ne semblable aventure apparaissait comme une folle gageure. »

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Mutineries et chanson de Craonne

Difficile d’évoquer l’offensive du Chemin des Dames sans mentionner son effet catastrophique sur le moral des troupes et les nombreuses mutineries enregistrées dans une cinquantaine de régiments avec des poilus entonnant : »la chanson de Craonne ». Une valse lente entonnée sur l’air de « Bonsoir M’amour »dénonçant  notamment l’offensive meurtrière du plateau de Californie.

http://www.dailymotion.com/video/x30dzv_chanson-de-craonne_news

Une des versions des paroles de la chanson de Craonne

Quand au bout d’huit jours le r’pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c’est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots
Même sans tambours, même sans trompettes
On s’en va là-haut en baissant la tête

– Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini, c’est pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu’un qui s’avance
C’est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l’ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

– Refrain

C’est malheureux d’voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c’est pas la même chose
Au lieu d’se cacher tous ces embusqués
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n’avons rien
Nous autres les pauv’ purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr’ les biens de ces messieurs là

– Refrain :
Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront
Car c’est pour eux qu’on crève
Mais c’est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros
De monter sur le plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau

Il fallut la nomination de Pétain comme général en chef des armées le 17 mai 1917 à la place de Nivelle pour parvenir lentement à rétablir la discipline au sein des troupes. Non sans plusieurs condamnations à mort et une réelle amélioration des conditions de vie des soldats.

Georges Gras a toujours eu beaucoup de respect et d'affection pour Pétain, le vainqueur de Verdun, celui qui comprenait les soldats
Georges Gras a toujours eu beaucoup de respect et d’affection pour Pétain, le vainqueur de Verdun, celui qui comprenait les soldats

Georges Gras avait un profond respect pour Philippe Pétain dont il a toujours conservé une photo dans ses documents personnels.

2GEORGES GRAS - copie (2) - copie

Prochain article: 10/10 Flandres, Oise, Picardie, Georges Gras libère la Lorraine et entre à Sarrebruck

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