10/ 10 Flandres, Oise, Picardie, Georges Gras entre en Lorraine et à Sarrebruck

En Flandres, le 233 ème RI cité  à l’ordre de l’armée

Avril 1917.- Après avoir vécu l’enfer du Chemin des Dames, Georges Gras et son régiment, après un mois d’instruction au camp de Mailly et un repos de 15 jours dans le secteur de Provins embarque en train, direction les Flandres ou en accord avec Pétain s es troupes françaises vont  participer à la grande opération lancée par les Britanniques. Pour cette offensive, dans un secteur particulièrement marécageux, il fallait créer, organiser, placer de nombreuses passerelles et tapis déroulants pour franchir le canal de l’Yser.

  juillet 1917 SECTEUR D4hET SAS bOESINGHE TRANCH2E b bELGIQUE
Juillet 1917 secteur de BOESINGHE , une tranchée en Belgique (photo Georges Gras )

31 juillet 1917.-Après un méthodique et long travail préparatoire d’une semaine de l’ artillerie française et anglaise l’’attaque  avec surtout le 5ème et 6 ème bataillon a lieu  sous la pluie et dans un océan de boue. En plein été,  beaucoup d’hommes du régiment ont les pieds gelés. Pendant huit jours, la pluie ne cesse de tomber ; la fatigue est tellement grande que les hommes ne peuvent plus effectuer les corvées d’alimentation et consomment les vivres de réserve.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le 233° reçoit sa première citation à l’ordre de l’armée.

Ordre général n° 33 bis de la 1° armée du 16 août 1917.

 233° régiment d’infanterie

« Régiment qui,après s’être acquis de nombreux titres de gloire à Verdun, sur la Somme et sur l’Aisne, vient, sous l’ardente impulsion du lieutenant-colonel Lequeux, de faire preuve des plus belles qualités militaires dans l’attaque du 31 juillet 1917. A brillamment pénétré dans les organisations allemandes jusqu’à 3 kilomètres de profondeur, atteignant ainsi et dépassant même tous les objectifs qui lui étaient assignés. Se maintenant ensuite pendant plusieurs jours sous un bombardement intense, dans des trous remplis d’eau, a, malgré ses rudes fatigues et un temps des plus pénibles, organisé le terrain conquis et réalisé chaque jour l’occupation des nouveaux points d’appui, facilitant la tâche de ses voisins et témoignant ainsi de son inébranlable ténacité et de son infatigable ardeur. »

6 août 1917.-Relévé,  le 233 ème RI passe une quinzaine de jours à l’arrière avant de rejoindre le 2ème DI.

septembre 1917
Septembre 1917

6 septembre 1917.-Georges Gras est promu au grade de lieutenant sur décision de Raymond Poincaré.

Jusqu’au 13 septembre, les hommes organisent le terrain conquis, ayant comme abris des trous individuels creusés dans le terrain boueux . Les ouvrages bétonnés ennemis, très endommagés par notre artillerie, ne peuvent être utilisés.

13 septembre 1917.-Relevé,  le régiment passe un mois au repos et revient occuper le plateau de Mangelaere.

Mariage de Georges Gras

Marie Delaye et Georges Gras se marient le 22 octobre 1917
Marie Delaye et Georges Gras se marient le 22 octobre 1917

Fiancé,  Georges Gras épouse Marie Delaye le 22 octobre 1917. Ils auront cinq enfants: Daniel né le 24 juillet 1918.

GEORGES GRAS ET EPOUSE

Georges Gras choisit ce prénom de Daniel en mémoire à son frère tué en Orient durant la première guerre mondiale et enterré au cimetière de Salonique.

Ses autres enfants furent: Sabine (12 novembre 1920), Gisèle (24 juillet 1922), Marcelle (11 avril 1925), Jean (19 août 1929)

img152 18 septembre 1917 à Dieppe
18 septembre 1917 à Dieppe (Photo Georges Gras)

26 octobre 1917.-Le 233 ème RI  attaque de nouveau, le 5° bataillon à droite, le 4° bataillon à gauche, en direction de la forêt d’Houthulst. L’objectif « Maison Jean-Bart », est enlevé rapidement. Terrains boueux, sans abri, les hommes épuisés piétinent dans l’eau pour éviter l’engourdissement.

2FLANDRES OCT 1917forêt Houthulst le château Cortvriendt
Octobre 1917 forêt Houthulst le château Cortvriendt (photo archives internet)
3flandres-oct-1917
Octobre 1917 forêt Houthulst

 

29 octobre 1917. Le régiment est relevé par le 127° R.I.  Repos et travaux jusqu’au 3 décembre, puis le régiment est acheminé par voie de terre, vers la région de Meaux, où il reste au repos jusqu’au 18 janvier. Le lieutenant-colonel Genie prend le commandement du régiment le 5 décembre,

Transporté dans la région de Craonne, le régiment  fait des travaux de défense et occupe le secteur jusqu’au début de mars. C’est là que le 2 février 1918,  disparaît une  glorieuse figure du régiment: le commandant De  Tourdonnet.  Au cours d’une reconnaissance  le commandant du  5° bataillon est atteint à la tempe par un éclat d’obus.

Après quinze jours de repos, à Mont-sur-Courville, le régiment est embarqué en autos et débarque le 25 mars, à l’aube à Pontoise, près de Noyon.

25 mars 1918.-Après quinze jours de repos, à Mont-sur-Courville, le régiment est embarqué en autos et débarque à trois heures, à Pontoise, près de Noyon.

Les Allemands ayant engagé une grande attaque ont refoulé  l’armée anglaise.

Par Noyon, le régiment gagne la route de Guiscard ; en tête, le 5° bataillon occupe « la Ferme des Usages », avec la 19° compagnie, la 17° est à droite, près de la « Croix des six voies » ; le 6° bataillon est plus à droite encore, à notre gauche le 201°.

Si au cours  de la journée, plusieurs tentatives d’infiltration sont arrêtées par les 19° et 17° compagnies ; sans artillerie, le régiment, impuissant, voit progresser, à plusieurs kilomètres à sa gauche, d’innombrables troupes ennemies. Devant le front du régiment, l’ennemi est maintenu, mais à 18 heures le régiment se replie pour échapper aux feux des mitrailleuses ennemies déjà établies sur les flancs.

A 21  heures, le régiment est à Noyon, en partie occupé par l’ennemi. Il recule pied à pied et se reforme à Pontoise. Une dizaine d’hommes tiennent le pont du canal pendant toute la nuit .

26 avril  1918.. -ils sont remplacés par un détachement du 1er R.I. Dès six heures, d’ailleurs, il faut occuper la rive gauche de l’Oise ; le 5° bataillon a sa droite à Pontoise et sa gauche un peu au nord du mont Lagache, le 6° bataillon occupe la boucle de l’Oise jusqu’à Sempigny.

Jusqu’au début de mai, le régiment occupe cette région, organisant le terrain.

5 mai  1918..-Tentative pour occuper l’autre côté de l’Oise. Les 14° et 19° compagnies traversent l’Oise dans des barques et s’établissent sur la rive droite ; mais le terrain plat est balayé par les mitrailleuses ennemies. Un prisonnier capturé permet l’identification de l’ennemi. Aussitôt, l’ordre de repasser l’Oise est donné . L’opération a duré une heure et a été faite en plein jour (citation à l’ordre de la D.I.)

8 mai  1918.-Le régiment est relevé et passe vingt jours au repos près d’OFFREMONT .

27 mai 1918.-L’ennemi ayant provoqué une nouvelle attaque dans l’Aisne le 17 mai, le régiment est embarqué en autos et débarqué au  soir à SERCHES.

28 mai  1918..- Au matin, le 5° bataillon est mis à la disposition du général commandant la 74° D.I. à Crouy. En cours de route, mission lui est confiée de tenir Missy, Chivres et Sainte-Marguerite ; les éléments qui sont en ligne refluent ; Chivres, trop en flèche, n’est pas occupé. Le régiment occupe Missy. A seize heures, l’ennemi a contourné la gauche du régiment qui bat en retraite par échelons sur Soissons. Une seule section du 5° bataillon peut passer le pont de Venizl. Ce pont saute et quelques hommes du 5° bataillon et 2 officiers n’échappent qu’en passant l’Aisne à la nage. Pied à pied, le régiment défend le terrain : Septmonts, Berzy-le-Sec, Vierzy, Villers-Helin, Violaines, Longpont, forêt de Villers-Cotterets.

L'église de Longpont détruite par les Allemands
Longpont : les ruines de la grande porte

juillet 1918  2

3 juin  1918.-Le 4° bataillon avec Georges Gras est à Corcy

Corcy
Corcy

 

église de corcy
L’église de Corcy et l’école après le bombardement

12 juin  1918..-Après un violent bombardement, l’ennemi attaque à 3 h 30.  La 14° compagnie, surprise, est enlevée presque en entier. La 13° compagnie,de son côté, résiste héroïquement et arrête immédiatement l’ennemi sur la cote 118en liaison étroite avec le régiment d’infanterie qui est à sa droite devant Fleury. Jusqu’à 9 heures, elle contient l’ennemi et permet au5° bataillon, en réserve, de contre-attaquer avec elle ainsi que la 15° compagnie et des chars d’assaut, et de rétablir la situation. A onze heures, la ligne de résistance est réoccupée. La situation est rétablie.

13 et 14  juin  1918..-L’ennemi tente une nouvelle progression : il est repoussé .

18 juin 1918.-Le régiment est relevé par le 1er R.I. et va se reconstituer à Coyolles.

8 juillet  1918..-Le 233° attaque et reprend la ferme Chavigny (6° bataillon à gauche, 5° bataillon à droite. Le 4° bataillon est en réserve., Grâce à  un groupe de grenadiers de la 19° compagnie, la ligne ennemie tombe  sur une longueur de plusieurs kilomètres, ce qui permet aux régiments voisins de réaliser une avance de près de 2 kilomètres.

11 juillet 1918..-Relevé le régiment va au repos à Presles, dans la région parisienne, où il arrive le 14 juillet.

16 juillet  1918..-Le régiment  est embarqué en autos, pour prendre part à la contre-offensive du Tardenois.

Voir  cet autre site aussi un témoignage sur la période du 18 au 28 juillet 1918

18 juillet  1918.- Au matin, le régiment est en soutien de la 26° D.I., mais dès le 18 au soir, il passe en première ligne.

Le 4° bataillon dépasse Villers-Helon et atteint Blanzy ; le 6° bataillon dépasse le 4° bataillon, gagne Saint-Remy-Blanzy, et continue sa progression sur Le Plessier-Huleu qu’il aborde, dans la matinée du 20, aidé par le 5° bataillon qui doit le dépasser à ce moment. L’’ennemi ayant reçu du renfort contre-attaque aussitôt et reprend le village.

21 juillet  1918..-La 18° compagnie, avec une section de chars légers, tente de pénétrer dans le village, elle n’y parvient pas.

22 juillet  1918..-Les 1° et 201°, et 48° R.I. dépassant le régiment, enlèvent le village et vont s’établir à la station à 900 mètres au-delà (2° citation du régiment à l’ordre de l’armée).

Georges Gras, papa d’un petit Daniel

Le 24 juillet, Georges Gras, marié à Marie Delaye a la joie d’avoir son premier enfant. Il le prénomme Daniel, à la mémoire de son frère décédé en Orient durant la Première guerre mondiale, enterré au cimetière de Salonique.

26 juillet  1918..-Relevé  le régiment reste en réserve de la 10° armée jusqu’à fin août. Embarqué en chemin de fer, il arrive en Alsace le 29 août, et tient, jusqu’au 18 octobre, le secteur de L’Hartmannswillerkopf.

La fourragère au 233 ème RI

le général De Castelnau
le général De Castelnau

19 octobre  1918..-Le général De Castelnau remet, à Massevaux, la fourragère au 233°.

6 novembre 1918..-Après un séjour au camp de Darney, le 233° est envoyé  dans la région de Brin(au Nord-Est de  de Nancy) en renfort de la 169° D.I.

11 novembre  1918..-L’armistice est signé au moment où la 1° D.I. allait participer à l’offensive de la 10° armée.

17 novembre  1918..-Le 233° régiment en tête de la 1° D.I. passe la frontière au pont de Brin , drapeau déployé, aux sons de la Marseillaise, et pénètre en Lorraine délivrée. Il cantonne à Vaxy, où il reçoit de la population, dont le cœur est resté français, un accueil enthousiaste.

22 novembre 1918.-Le régiment entre à Sarrebruck, à peine évacué par les Boches. Il gagne ensuite, par voie de terre, au prix de marches pénibles, la rive droite du Rhin (14 décembre) où il constitue la droite des avant-postes de la 1° D.I., dans la région de Grieshein.

15 janvier 1919.-Le 233° relevé par le 127°, passe de la 1° à la 51° D.I. Il occupe Biedrich (rive droite du Rhin).

Dissolution du 233 ème RI

insigne du 33ème RI
L’écusson du 33 ème RI, le régiment du capitaine Charles-De Gaulle

Le 14 février 1919, le 233° est dissous et ses éléments sont répartis par moitié entre le 33° R.I. et le 73° R.I. Un des jeunes régiments de l’armée française vient d’entrer définitivement dans l’Histoire. À force de bravoure, d’endurance et de ténacité, sa gloire a égalé celle des plus vieux régiments. Heureux du devoir accompli, le 233° R.I. est justement fier d’avoir mérité le bel ordre d’adieux de son général de division. Georges Gras intègre le 33ème RI (34 ème Compagnie), le régiment qui a eu en son sein le capitaine Charles De Gaulle.

ORDRE DE LA 1RE D.I.

Le général commandant la 1° D.I. ne laisse pas s’éloigner sans une profonde émotion, le 233° régiment d’infanterie, qui a écrit sa page glorieuse dans l’histoire de la division.

Arrivé en novembre 1916, le 233°, sous les ordres du lieutenant-colonel Lequeux, fait de suite preuve d’ardeur dans l’attaque et d’opiniâtreté dans la défense, à Maisons de Champagne (février 1917), puis à Craonne qu’il réussit à occuper et où il se maintient malgré les efforts de l’ennemi ; mais c’est dans les Flandres qu’il donne toute sa mesure, en enlevant dans un admirable élan, tous ses objectifs; il est cité à l’ordre de l’armée. En 1918, à Noyon, puis dans la forêt de Relz, il se distingue de nouveau, sous le commandement du Lieutenant-colonel Génie. Enfin, 1e 8 juillet, à Chavigny, et du 18 au 24, dans la contre-offensive, jusqu’à Plessier-Huleu, sous l’impulsion du Lieutenant-colonel Bride, il est magnifique d’entrain et d’allant et mérite une nouvelle citation à l’ordre de l’armée et la fourragère. L’existence glorieuse du 233° R.I. est indissolublement liée à l’histoire de la 1° D.I. qui lui doit une grande part de sa belle réputation.

Mobilisé en 1914, il a non seulement accompli noblement et jusqu’au bout tout son devoir, mais il a su se classer parmi les plus belles unités et faire preuve des plus hautes vertus militaires. L’entrée en Allemagne et le passage du Rhin ont définitivement consacré la part qu’il a prise à l’effort commun. Quand viendra pour lui l’heure prochaine de la dissolution, il disparaîtra dans une auréole de gloire. Le général de division s’incline avec respect devant les nombreux camarades qui sont tombés sur l’âpre chemin de la victoire; il adresse au 233° l’adieu de toutes les troupes de la 1° division et salue son drapeau, relique sacrée qui perpétuera I e souvenir de ce beau régiment.

Les pertes du 233e R.I, morts pour la France, 1564 hommes dont : 54 officiers, 129 sous-officiers, 141 caporaux et 1240 soldats.

(1) sur le 33ème RI http://fr.wikipedia.org/wiki/33e_r%C3%A9giment_d’infanterie

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s