42/Journal de la Grande guerre: le 15 septembre 1914 destruction de l’église de Craonne

Mardi 15 septembre 1914

(à lire dans le Miroir du dimanche 27 septembre 1914)

Les Allemands ont résisté sur une ligne jalonnée, au nord de l’Aisne, par la forêt de l’Aigle et par la position de Craonne, devenue célèbre depuis la campagne de Napoléon Ier en 1814. Elles ont pris également le contact au Nord de Reims.

Au centre nous marchons de l’avant vers la Meuse, l’ennemi occupant le front Varennes-Consenvoye. A droite il se retire sur Etain, Metz, Delme et Château-Salins.

Bataille de l’Aisne

http://www.sambre-marne-yser.be/article.php3?id_article=81

Destruction de l’église de Craonne

CRAONNE_église_romane
Charles de Menditte a dessiné l’église romane de Craonne peu de temps avant sa destruction

http://www.dioceseauxarmees.catholique.fr/le-saviez-vous/1142-craonne-aisne-croquis-de-l-eglise-romane-detruite-en-septembre-1914.html

Parcours du 72 ème (et 272 ème RI)

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http://72emeri.pagesperso-orange.fr/crbst_28.html

Carnet de guerre

Jean Bertaud, dit Alexandre en famille, avait 41ans quand la guerre a éclaté. Il était marié , 3 enfants. Régisseur du Domaine des Gabloteaux à Juillac-le Coq,  il avait l’habitude de consigner une grande partie des travaux effectués au jour le jour sur un carnet pour en rendre compte au propriétaire.

C’est ainsi que durant la Grande Guerre il continuera à noter journellement les évènements auxquels il assistera ou dont il aura entendu parler.

Nous partons dès 6 H du matin à la reconnaissance des cadavres. A 8 H, à l’est de Reims-la-Brûlée, nous trouvons 10 Allemands et environ 50 hommes de l’Infanterie Coloniale. Il y a de la mitraille partout. Les arbres sont déchiquetés. Sur le bord de la route de Vitry, nous creusons la sépulture de 60 Marsouins et 3 capitaines. Nous plaçons 2 croix, une couronne et des chrysanthèmes.

Départ d’Ecriennes à 14 H. Dans la plaine, viande, volailles corrompues partout. Rencontrons les gendarmes qui nous apprennent qu’à Snippes la partie est très dure. La canonnade continue.

Passons à Favresse à 15 H : tout est brûlé, détruit.

Marchons vers l’Est, à gauche, c’est la route de Dompremy, à droite celle de Haussignémont.

15H30, nous cantonnons près de la gare de Blesme. pour en savoir plus suivre le blog

http://www.genea16.net/?q=content/mardi-15-septembre-1914

Le carnet de guerre d’un Sedanais

expo-sedan-2008-1

Il y a peu de témoignages de civils de la guerre de 14-18. Germaine PARUIT, née en 1900 à Sedan, a commencé dès le premier jour de guerre un journal qu’elle tiendra jusqu’à l’armistice, relatant malgré son jeune âge et avec une maturité et une précision étonnantes le quotidien, les privations, les mouvements des armées, l’évacuation, le retour.

http://14ansen1914.wordpress.com/

Le journal du Rémois Henri Jadart

Dès 5 heures du matin, canonnade, toujours dans la direction de Brimont. Le fort a été pris ce matin, nous dit-on, mais l’ennemi s’est terré dans les bois de sapins des environs et dans le bois Soulain.

On vend dans la rue « L’Eclaireur de l’Est » , qui reparaît et se trouve bien renseigné sur les évènements du dehors. Le canon tonne presque toute la matinée. Dans l’après-midi, on évacue vers Soissons tous les blessés de l’hôpital civil avec la plus grande célérité. Vers 4 heures la police avertit qu’il faut tenir les fenêtres ouvertes et fermer les volets ; on dit que ces précautions sont prises parce qu’on va faire sauter le fort de Brimont, comme déjà on le racontait hier, mais bien probablement sans plus de vraisemblance.Un départ de dépêches exceptionnellement favorables est annoncé au même moment pour être expédié de la poste centrale par l’automobile. Le soir, nouvelle canonnade vers l’Est ; nous apprenons que cet horrible vacarme est produit par un bombardement qui atteint la rue Piper.

Le même jour à 11 heures j’avais pu visiter de nouveau la bibliothèque , qui reste en bon état jusqu’ici dans toutes les salles. Il est convenu avec M.le maire qu’on préservera avec des planches le cabinet des manuscrits, dont les carreaux ont été brisés et qui n’a pas de volets intérieurs ; les rayons des volumes pourraient en effet, souffrir des pluies de l’Ouest, très fréquentes cette saison.

A travers ces alertes et ces alarmes, pendant l’occupation comme depuis le retour de nos troupes, les secours continuent à être distribués aux femmes des mobilisés par les soins de la municipalité.

Les journaux ont publié ces jours ci le texte d’une affiche qui restera célèbre comme type des procédés allemands vis à vis de la population civile dans les pays envahis (lire la proclamation annonçant la prise de 81 otages par les Allemands dans le journal de guerre du 12 septembre 1914).

Elle doit figurer dans ce recueil de souvenirs, au moment où l’armée allemande s’éloigne de Reims.

 

Le journal du rémois Paul Hess

A 5 h nous sommes réveillés par le canon.

Vers 8 h 1/2, je pars pour effectuer mon tour de promenade journalier et, ainsi que j’en ai l’habitude, je me dirige du côté du Champ de grève. Près de la maison Esteva, à gauche, en contrebas de l’avenue de la Suippe, sont installées deux batteries de 75, qui ont tiré hier, une partie de la journée. Ce matin, les canonniers se détendent en faisant une partie de football devant leurs pièces, et j’ai plaisir à voir l’ardeur et l’insouciance avec laquelle les deux camps mènent le jeu. De l’autre côté, à proximité de la rue de Sillery, un régiment d’infanterie est en réserve. Que se passe-t-il derrière les quartiers Louvois et Jeanne d’Arc ?

A mon retour, je m’arrête un instant pour regarder cuisiner, sur les roulantes groupées place Belle-Tour, d’autres soldats de l’artillerie. Un groupe stationne là, tout le long des boulevards de la Paix, Gerbert et Victor-Hugo, avec son matériel.

– La matinée s’étant passée sans bombardement, il me semble au début de l’après-midi, que je puis recommencer, accompagné de mes fils Jean et Lucien, la tournée faite en un endroit qui me paraît intéressant à connaître actuellement. Après avoir suivi le boulevard Gerbert, nous nous engageons dans la rue Lagrive, accédant aux Coutures, tandis que se font entendre quelques détonations auxquelles je ne prête pas autrement attention, lorsqu’à son extrémité, nous croisons M. Gravier, professeur à l’Ecole des Arts qui, sans s’arrêter, nous lance cet avertissement :

« N’allez pas par là ; ils répondent à nos batteries ».

En effet, nous ne tardons pas à voir la terre soulevée dans le champ de Grève, à 400 m. environ devant nous, par les explosions simultanées de trois obus. Changeant alors d’itinéraire, nous gagnons la rue Ponsardin, d’où nous entendons siffler les projectiles qui continuent à arriver sur notre droite, alors que nous nous dirigeons sur le quartier de la gare, pour terminer notre promenade.

Rentrés à la maison, nous devons encore deux fois nous réfugier dans notre cave, où nous sommes rejoints par le concierge et les siens ainsi que par deux ouvriers vitriers travaillant dans les magasins, que les arrivées d’obus plus fréquentes et rapprochées, ne sont pas sans inquiéter pour leur départ et leur rentrée à domicile.

– Nous avons appris par Le Courrier de la Champagne de ce jour que le gouvernement a été transféré à Bordeaux. Le journal donne le texte de la proclamation qui fut adressée à la Nation et insérée au Journal officiel du 3 septembre. Le voici :

«  Proclamation du Gouvernement.

Français,

Depuis plusieurs semaines, des combats acharnés mettent aux prises nos troupes héroïques et l’armée ennemie. La vaillance de nos soldats leur a valu, sur plusieurs points, des avantages marqués. Mais, au nord, la poussée des forces allemandes nous a contraints à nous replier.

Cette situation impose au Président de la République et au Gouvernement une décision douloureuse. Pour veiller au salut national, les pouvoirs publics ont le devoir de s’éloigner, pour l’instant, de la ville de Paris.

Sous le commandement d’un chef éminent, une armée française pleine de courage et d’entrain, défendra contre l’envahisseur la capitale et sa patriotique population. Mais la guerre doit se poursuivre, en même temps, sur le reste du territoire.

Aucune de nos armées n’est entamée. Si quelques-unes ont subi des pertes trop sensibles, les vides ont été immédiatement comblés par les dépôts et l’appel des recrues nous assure, pour demain, de nouvelles ressources en hommes et en énergies.

Durer et combattre, tel doit être le mot d’ordre des armées alliées, anglaise, russe, belge et française !

Durer et combattre pendant que sur mer les Anglais nous aident à couper les communications de nos ennemis avec le monde !

Durer et combattre pendant que les Russes continuent à s’avancer pour porter au cœur de l’Empire d’Allemagne le coup décisif !

C’est au Gouvernement de la République qu’il appartient de diriger cette résistance opiniâtre.

Partout, pour l’indépendance, les Français se lèveront. Mais pour donner à cette lutte formidable tout son élan et toute son efficacité, il est indispensable que le Gouvernement demeure libre d’agir.

A la demande de l’autorité militaire, le Gouvernement transporte donc momentanément sa résidence sur un point du territoire d’où il puisse rester en relations constantes avec l’ensemble du pays.

Il invite les membres du Parlement à ne pas se tenir éloignés de lui pour pouvoir former, devant l’ennemi, avec le Gouvernement et avec leurs collègues, le faisceau de l’unité nationale.

Le Gouvernement ne quitte Paris qu’après avoir assuré la défense de la ville et du camp retranché par tous les moyens en son pouvoir.

Il sait qu’il n’a pas besoin de recommander à l’admirable population parisienne le calme, la résolution et le sang-froid. Elle montre tous les jours qu’elle est à la hauteur des plus grands devoirs.

Soyons tous dignes de ces tragiques circonstances. Nous obtiendrons la victoire finale. Nous l’obtiendrons par la volonté inlassable, par l’endurance et par la ténacité.

Une nation qui ne veut pas périr et qui, pour vivre, ne recule ni devant la souffrance ni devant le sacrifice est sûre de vaincre. »

Dans le même journal, d’aujourd’hui, nous lisons l’avis suivant :

 » Croix Rouge.

En raison de nombreux départs, la permanence, rue de Vesle 18, doit prier les Dames qui avaient offert leur concours, pour le service des ambulances, de bien vouloir se faire inscrire à nouveau. »

 

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