43/Journal de la grande guerre: le 16 septembre 1914

Mercredi 16 septembre 1914

(A lire dans le Miroir du 27 septembre 1914)

L’ennemi livre une bataille décisive sur l’Aisne, après s’être fortement retranché sur certaines parties de son front. Ce front est marqué par Noyon, une ligne passant au  nord de Vic-sur-Aisne et de Soissons, le massif de Laon, les hauteurs qui couvrent Reims au nord et à l’ouest, et une ligne qui prolonge ce premier tracé. Beaucoup de prisonniers, d’armes et de munitions sont tombées entre nos mains au cours de la poursuite qui a succédé à la bataille de la Marne.

Combat de Craonne (02) extrait du carnet du 41 ème RI

http://www.41emeri-1418.fr/index.php/la-guerre-du-41eme/historique-sommaire-du-41eme/1914/16-et-17-septembre-1914

Combats à Moronvilliers (51)

Foch décide l’attaque méthodique des hauteurs de Moronvilliers. La 11e C.A. progresse à l’est d’Aubérive et de Dontrien, en liaison avec la 42e division qui attaque à l’ouest de la Suippe mais les Allemands prennent les devants : dans la nuit du 15 au 16, ils dirigent deux attaques contre la division marocaine sans succès. Au point du jour, l’offensive s’engage sur le front du 9e C.A. La 17e division gagne 400 m mais est rejetée par une contre-attaque. Une seconde attaque échoue également.

argonne_zouaves_mitrailleuse
Zouaves en embuscade avec une mitrailleuse

La suite sur  le site Sambre, Marne, Yserhttp://www.sambre-marne-yser.be/article.php3?id_article=82

Combat et morts à la Main de Massiges (51)

http://www.lamaindemassiges.com/memoire8ric.htm

Témoignage du 1 er bataillon du 4 ème régiment de zouaves

BaMausent-13

16 septembre 1914, engagement au combat à 14 heures 30, sur la route de Tracy le Val à Carlepont (Oise). Fusillade très violente, l’artillerie ennemie coupe la première ligne de projectiles. Malgré les pertes subies, les premières tranchées sont enlevées vers 17 heures. La compagnie participe à éviter le pillage des maisons du villages par les ennemis. Le Régiment a déployé une extrême bravoure, en enlevant les positions sans aucune préparation par l’artillerie, la Brigade en étant démunie. Aussi les pertes ont été très élevées. 1er Bataillon du 4e Zouaves : 25 tués dont 4 officiers (l’un d’entre eux est le capitaine Arnaud. Le capitaine Gros de Vaud le remplace mais sera grièvement blessé dès l’engagement des combats du lendemain matin. Il est remplacé par le capitaine Bernabin). 115 blessés dont 3 officiers. 13 disparus. La suite sur http://mausoleo.giussani.free.fr/Mausoleo_aPages_Textes/News/News_2009/T-2009-03/Mala14-3.html

Mémoire du rémois Henri Jadart

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Dès 4 heures du matin on entend le canon, et à 9 heures les obus tombent sur la ville. On peut sortir pendant le reste de la matinée, mais dès midi, le bombardement recommence ; il dure jusqu’au soir et il faut tenir dans les cqves. Une bombe éclate dans la rue Chanzy, près des Six cadrans et fait plusieurs victimes, – des morts et des blessés. Parmi ces derniers, le maître sonneur Stengel a été atteint comme il relevait le cadavre d’une petite fille qui venait d’être tuée.

Nous dînons cependant à 7 heures dans la salle à manger, et nous pouvons nous coucher à 9 heures et demi sans être troublés par le bruit assourdissant de la journée.

Le général Franchet d’Espérey est encore logé chez M.Robillard, dont la maison jusqu’ici est intacte. Beaucoup de personnes de notre quartier vont se réfugier dans un sous-sol de la rue Brûlée, au patronage de l’abbé Dage, où elles sont très bien accueillies. Mon beau frère Paul Givelet était venu nous voir à 4 heures et il nous rapportait que le quartier Cérès a beaucoup souffert ; sa maison a été atteinte dans la toiture, mais sans gravité.

Mémoire du rémois Paul Hess

 Dans les communiqués officiels des opérations publiés par Le Courrier de la Champagne de ce jour, nous trouvons ceci, pour ce qui nous intéresse directement :

«  13 septembre – 15 heures

A notre aile gauche, l’ennemi continue son mouvement de retraite.

Il a évacué Amiens se repliant vers l’est.

Entre Soissons et Reims, les Allemands se sont retirés au nord de la Vesle. Ils n’ont pas défendu la Marne au sud-est de Reims.

Même jour, 23 heures

Aucune communication n’est arrivée ce soir, au Grand Quartier Général. Les communiqués d’hier et de cet après-midi ont montré la vigueur avec laquelle nos troupes poursuivent les Allemands en retraite. Il est naturel que dans ces conditions le Grand Quartier Général ne puisse, deux fois par jour, envoyer des détails sur les incidents de cette poursuite. Tout ce que nous savons, c’est que la marche en avant des armées alliées se continue sur tout le front et que le contact avec l’ennemi est maintenu.

A notre aile gauche, nous avons franchi l’Aisne. »

puis, sous le titre, en très gros caractères : « L’ennemi bat en retraite » sur toute la ligne, nous lisons :

 » 14 septembre – 14 h 30 soir- 1°…………………….

2° Au centre, les Allemands avaient organisé, en arrière de Reims, une position défensive sur laquelle ils n’ont pu tenir.

14 septembre – 23 h 15 – A notre aile gauche, nous avons partout rejoint les arrières-gardes et même les gros de l’ennemi ; nos troupes sont rentrées à Amiens, abandonné par les forces allemandes. l’ennemi semble faire tête sur le front jalonné sur l’Aisne.

Au centre, il semble également vouloir résister sur les hauteurs du nord-ouest et au nord de Reims ; etc. »

Ce matin, à 5 h, le canon a annoncé que les Allemands sont toujours bien près de la ville, puisque des obus sont venus encore siffler dans les environs de notre quartier. Nous pouvons en conclure que si l’ennemi, ainsi que le dit le communiqué du 14 (14 h 30), a dû abandonner la position défensive qu’il avait organisée en arrière de Reims, ce n’a pas été pour longtemps.

Nous avons dû passer une partie de la matinée dans la cave ; le bombardement étant redevenu très intense ensuite, il nous a fallu y redescendre et y rester l’après-midi tout entier.

Vers 14 h, un obus explosant sur le pavé, rue Chanzy, aux Six-Cadrans, entre le kiosque et les maisons des Loges-Coquault, cause la mort de neuf personnes, par ses éclats :

Mme Froment-Hardy, fille du succursaliste des Etablissements Economiques, place des Loges-Coquault (inscrite dans les décès, à l’état civil, le 17 septembre) ; Mlle M. Legras, 16 ans, demeurant 82, rue Gambetta (état-civil du 17 septembre) ; M. E. Breton, instituteur retraité, 72 ans, 117, rue Chanzy (état-civil du 21 septembre) ; M. Champrigaud, rue de Contrai 3 (état-civil du 21 septembre) ; Mlle Thérèse Gruy, 12 ans, domiciliée 14, rue du Jard (état-civil du 21 septembre) ; M. Font, Antoine, 3, rue Gambetta (état-civil du 22 septembre).

Enfin, mon ancien condisciple Ch. Destouches; 47 ans, domicilié rue Croix-Saint-Marc 96, qui passait, avec sa famille, au moment où l’obus vint éclater à cet endroit, a été tué ainsi que sa femme, 30 ans et son fils Pierre, 8 ans, tandis que sa fille Juliette, 12 ans, était mortellement blessée. Les décès des trois premiers sont inscrits sous les n° 2.478 à 2.480, à l’état civil, le 22 septembre et celui de la fillette, le 23 septembre (n° 2.537).

Le même obus frappait encore mortellement M. Stengel, maître-sonneur à la cathédrale, demeurant 14, rue du Jard, dont le décès est mentionné à l’état civil le 2 octobre et M. Desogere, adjudant du 132e d’infanterie en retraite, comptable aux Hospices civils, porté dans les décès, sous le n° 2.609, le 23 septembre. En outre quelques personnes avaient été atteintes plus ou moins grièvement, entre autres, Mlle Antoinette Font, dont le père avait été tué.

– Sous le titre « Choses vues », Le Courrier d’aujourd’hui mentionne le dévouement des gens du quartier Saint-Remi (vieillards, femmes et tout jeunes gens) qui, dimanche matin, faisant office de brancardiers et de brancardières de bonne volonté, sont allés spontanément à l’étonnement des officiers et des hommes du 41e, sur lesquels s’abattaient les obus, vers l’octroi de la route de Châlons et à proximité du Parc Pommery, chercher avec des charrettes à bras des soldats blessés qu’ils transportaient avec des précautions

infinies, tandis que les gamins, toute la matinée, se chargeaient d’aller faire remplir les bidons de nos troupiers.

Dans le même journal, nous trouvons les avis suivants :

 » Postes, télégraphes, téléphones.

Le maire a fait placarder hier, dans l’après-midi, l’avis que voici :

Mairie de Reims Avis, Les lettres mises à la poste, rue Cérès, aujourd’hui

15 septembre, avant six heures, seront expédiées ce soir. »

Reims, le 15 septembre 1914.

Ce service de correspondance est limité à la journée du 15 septembre et a été effectué par des autos postes.

Jusqu’à nouvel ordre, les Postes, télégraphes et téléphones sont exclusivement réservés aux communications militaires ou gouvernementales dans la zone des opérations militaires.

Il faut donc attendre la réorganisation de ces services pour les communications privées.

Avis en sera donné en temps opportun.

Chemins de fer

Des trains étant venus de Paris sur Reims et vice-versa, le public s’est demandé si les trains de voyageurs, dans la direction de Paris seraient bientôt réorganisés.

Là aussi, l’autorité militaire s’est réservée le service exclusif des chemins de fer pour le transport des troupes et leur ravitaillement.

Il en est de même pour le C.B.R.

Nos lecteurs seront informés de la reprise du service public par l’avis officiel qui nous sera communiqué le cas échéant, et que nous publierons aussitôt.

Société française des secours aux blessés militaires Comité de Reims

La situation, jusqu’ici, ne nous avait pas permis l’organisation définitive d’un assez grand nombre de nos hôpitaux.

Aujourd’hui que les choses se modifient favorablement, nous faisons à nouveau appel aux hommes de bonne volonté pour notre service de brancardiers auxiliaires.

Se faire inscrire à notre permanence, 18, rue de Vesle. »

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