A voir à Cormontreuil: monuments aux morts du Pays Rémois de Christian Lion

Simples et discrets, ou plus imposants, les Monuments aux Morts de la Grande Guerre portent, gravés dans la pierre, les noms des citoyens disparus au cours du conflit.  Christian Lion en a a pris en  photos dans tout le Pays rémois. A voir jusqu’au samedi 22 novembre dans le hall de la mairie de Cormontreuil

Textes et photo: Françoise Lapeyre

Les Monuments aux Morts : Mémoires de pierre

La Grande Guerre ? « Je sais que mon grand-père a fait Verdun… mais rien de plus ! » confie Christian Lion. Comment en est-il arrivé à prendre autant de clichés des Monuments aux Morts de ce conflit ? La raison en est… sportive ! « J’aime marcher dans la campagne. J’y ai croisé de nombreuses nécropoles ». Il en vient tout naturellement à photographier tous les monuments qu’il rencontre. Puis à en rechercher d’autres dans tout le « Pays Rémois » : 134  communes ! Il achète en brocante de vieilles cartes Michelin : « Je n’hésite pas à les annoter, je surligne toutes les communes concernées ». Soucieux d’obtenir des images de qualité, il retourne parfois plusieurs fois sur un même lieu pour être sûr d’avoir une belle lumière. Il fait des rencontres : « Des habitants me racontent des anecdotes sur le monument, un détail, me guident vers un endroit intéressant ».

Laïc… et parfois religieux

Il montre ses photos : Beaucoup de ces monuments, élevés pour la plupart entre 1920 et 1925, sont choisis sur des catalogues de marbriers ou fonderies ou commandés à des architectes ou sculpteurs de renom. Parfois simples obélisques à quatre pans, ils comportent souvent des éléments figuratifs : Un soldat « on a le poilu arme au pied, baïonnette en avant, tenant un drapeau, ou encore touché », une femme en deuil, une pleureuse, un ange, un coq gaulois, une allégorie… En pierre, en béton, en ciment, en bronze, parfois polychromes. Depuis la séparation de l’Eglise et de l’Etat (loi de 1905), le monument se devait d’être laïc. On trouve pourtant sur certaines plaques « A ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie »…

« Il faut savoir que 40 % des monuments sont installés sur des espaces « neutres », 37 % dans le périmètre de l’église (voire à l’intérieur, comme le vitrail patriotique de l’église de Ville-en-Selve), 10 % devant ou dans la mairie, 11 % dans le cimetière communal ou à l’entrée de celui-ci (comme à Sillery, sur une petite butte au pied de l’église) ».

Christian Lion exposera 15 grandes photos et quelques montages. Jusqu’au 22 novembre. Le samedi 22, à 10 h, présentation commentée. Hall de la Mairie.