109/journal de la grande guerre/ 21 novembre 1914: Les sous lieutenant promus doivent acheter leurs armes!

Journal du rémois Paul Hess (extraits)

« Nuit médiocre. Hier soir à 10 h 30, un obus est revenu éclater 25, rue  des Capucins et à 4 heures ce matin des sifflements recommençaient à se faire entendre.

Des dégâts causés ces jours derniers se constatent autour du musée, rue Chanzy.  Au théâtre, un nouveau trou, énorme, a été fait par un gros calibre, qui a dû éclater à l’intérieur. En face le Palais de justice, une mairon a été fort éprouvée, à l’arrière.

Dès le matin, les détonations régulières de nos grosses pièces se font entendre, comme la veille et cela donne à penser que les effets de leurs coups, lorsqu’ils portent sur les objectifs, doivent aussi être terribles. »

Les croquis de la semaine par Henriot dans L’illustration du 21 novembre 1914

L'illustration 21 novembre 1914 2

L'illustration 21 novembre 1914

Décision au 118 RIT de Verzenay

Les sous lieutenant promus doivent acheter leurs armes!

MM. les sous-lieutenants nouvellement promus doivent se pourvoir à leurs frais et le plus tôt possible des sabres d’officiers, revolvers modèle 1892 et cantines ; ils pourront conserver par devers eux, en les remboursant à M. l’officier de détails, les cantines qu’ils avaient comme sous-officiers et devront verser les sabres modèle 1854 et revolvers modèle 1873 dès qu’ils seront pourvus de leurs nouvelles armes.

D’AUTRES DECISIONS:

Perception de certaines denrées. – Le général en chef a fixé ainsi qu’il suit la perception de certaines denrées. Huile comestible : doit être payée sur les fonds des ordinaires. – Pommes de terre saucisson, gruyère, sardines : ne doivent pas être délivrés à titre remboursable mais uniquement à titre de supplément ou de substitution. – Chocolat : doit être délivré à titre absolument gratuit ou en remplacement d’une ½ ration forte de café et de sucre ( 30 g. par homme ). – Eclairage et chauffage : doit être assuré en principe par l’habitant ou la commune à raison de 1 bougie par jour par lanterne d’escouade, du 1er octobre au 31 mars ( 16 bougies au kilo ). – Allumettes : 3 allumettes par jour et par homme. – Pétrole : en remplacement de bougies à raison de 25 g. par lampe d’escouade et par jour, à raison de 6 heures d’éclairage, du 1er octobre au 31 mars. – Pipes et papier à cigarettes : à titre absolument gratuit. – Savon : acheté par les corps et payé par la masse générale d’entretien.

Le général commandant la Ve armée a fixé pour son armée les perceptions suivantes : Allumettes : une boîte tous les 7 jours. –Pétrole, en sus de la bougie, 2 kilos pour 1 000 hommes ; pour les bureaux : 1 lampe pour 100 hommes.

http://vieuxpapiers.canalblog.com/archives/2005/11/21/1012422.html

Naissance d’une revue: l’Image de la guerre

Limagedelaguerre2« L’image de la guerre » est une revue hebdomadaire publiée, à l’origine, à Bellegarde dans l’Ain près de la Suisse ce qui pourrait expliquer le nombre des photos d’origine allemande. Le premier numéro date de novembre 1914 et la revue est publiée tout au long de la guerre.Cette revue comporte de nombreuses et bonnes photos dont un grand nombre dues au célèbre photographe de l’époque Henri Manuel. A partir de juin 1916 elle publie à chaque numéro le portrait hors texte d’un général ou d’une personnalité. Elle publie en mars 1917 une édition de luxe en supprimant les suppléments. Il existe alors une édition populaire à 15 centimes et une édition de luxe à 25 centimes.

D’AUTRES REVUES NOVEMBRE 1914

Capture d’écran 2014-11-16 à 17.48.41MODE 21 NOV 1914

http://revues1914.1918.pagesperso-orange.fr/limagede.htm

COURRIER DE MARCEL GEORGES DOMINE FUSILIERS MARINS (1894-1915)

Lettre du 21 novembre 1914 (deux mois à peine après son incorporation !) :

« Chers parents, J’ai remis jusqu’ici pour vous écrire. J’attendais…car vous savez voilà trois semaines que j’étais à Dixmude ; c’est la guerre, j’en ai vu des drôles. Nous sommes débarqués à Furnes (11 km de Dixmude) et aussitôt exposés sur le front ; nous avons pris, repris Dixmude aux Boches. Le 10 novembre quand ils nous ont repris la ville, j’ai été renversé par le déplacement d’air d’un obus qui venait d’éclater à 6m de moi, j’ai eu le côté droit tout sensible pendant deux jours…Vous parlez d’une drôle de vie dans les tranchées, on y a froid, quand il pleut ça tombe sur vous et pourtant elles sont couvertes, les
Boches nous envoient des rafales d’obus (marmites, shrapnells) et on ne les voit pas. Le plus terrible c’est…de Dixmude…j’ai vu dans la tranchée voisine à la mienne trois copains tués et cinq autres blessés, on retrouvait une jambe par-ci un bras par-là, enfin ils étaient déchiquetés. En ce moment nous sommes sur la frontière française au repos, on reforme les deux régiments de marins, il en reste…les deux tiers de l’effectif du départ, les autres sont morts ou blessés. Nous voudrions bien revoir la France, ici on parle flamand pas fichu de se faire comprendre, et ils vous écorchent quand on achète du tabac ou des provisions… Je voudrais encore être avec vous, je ne sais pas s’il reviendra ce temps, par moments on a des découragements, on s’ennuie après ses parents, après son pays, puis on reprend courage un peu, c’est comme ça tous les jours…Georges M. Dominé 2ème régiment de marins 2ème bataillon 5ème compagnie 3ème section Bureau central militaire Paris
»

POUR EN SAVOIR PLUS

http://musee.fusco.lorient.free.fr/biofusco_base1418_domine_georges.htm

SITUATION AU 21 NOVEMBRE

21 NOV 1914

Ecrivain mort à la guerre

Pierre Corrard – poète et romancier 1877 – Tué le 21 novembre 1914 en forêt d’Argonne sur le plateau de Bolante

http://data.bnf.fr/10347447/pierre_corrard/

Lu dans Le Moniteur en date du samedi 21 novembre

France.- L’accalmie subsiste dans la bataille du nord de la France (…)

Russie.-Les Russes qui avaient reculé devant l’avant-garde allemande, entre Vistule et Wartha, prennent maintenant l’offensive de ce côté.Ils ont eu un succès à l’ouest de Lodz, entre Czenstochowa et Cracovie, ils ont progressé ; et Przemysl est sur le point de tomber. Les Russes ont également réalisé une avance dans les Carphates, et la panique serait en Hongrie tandis que les fonctionnaires de la Prusse orientale tâchent d’organiser l’exode de la population.

Turquie.-Une armée turque marche sur l’Egypte, et le khédive est au milieu d’elle, mais le gouvernement anglais a pris toutes les précautions nécessaires pour défendre le canal de Suez.

Les Serbes se plaignent vivement des atrcités que les troupes austro-hongroises commettent sur leur territoire. Ces atrocités sont systématiques, de l’aveu même des journaux de Vienne et de Budapest, qui préconisent le terrorisme comme un moyen de hâter la solution de la lutte.

Allemagne.-Le général de Voigts-Rhetz, quartier-maître général de la suite de Guillaume II, et qui était devenu le vrai chef d’état-major général allemand, est mort subitement.

Italie.-La presse italienne dément la nomination du prince de Bulow, à l’ambassade allemande de Rome.