Livre/ vient de paraître: « le Poilu troglodyte »du Rémois Dominique Fradet

Bonne nouvelle pour tous ceux qui sont passionnés par la Première guerre mondiale; L’éditeur rémois Dominique Fradet nous annonce qu’il vient de publier un nouvel ouvrage dont il est le co auteur . Il est intitulé: « Le Poilu troglodyte », « une chronique de la vie ordinaire dans les tranchées de champagne et d’ailleurs en 14-18″

19171200_lenglenCréé sur le front de Champagne à l’initiative du médecin-chef du 108e régiment d’infanterie territoriale, Aristide Vève, Le Poilu fut un des tout premiers canards à éclore dans les tranchées françaises au cours de la Grande Guerre. C’était le 15 décembre 1914, du côté de Mourmelon-le-Petit… Le nouveau-né était promis à un grand avenir. De ce « journal humoristique, littéraire, artistique de la vie des Troglodytes », ainsi qu’il était fait mention à la une, Dominique Fradet nous conte l’histoire en accompagnement des quelque vingt articles et soixante dessins extraits du Poilu qu’il a choisi de reproduire dans Le Poilu Troglodyte. Gaieté de rigueur ! Sauf exception, quand par exemple, en juin 1918, sans crier gare, comme pour faire parler d’elle, sans fard aucun, la mort s’invitait dans les colonnes du journal…

« TROGLODYTE » ?

19160900_bils_com« Tandis qu’habitués aux joies de la vie et des affections, les Poilus Troglodytes vivaient en paix dans des demeures baignées d’air et de lumière, un jour la France leur demanda de tout abandonner et de vivre sous terre, dans des trous. »
Docteur Ève, Le Poilu, 28 décembre 1914.

TABLE DES MATIÈRES

5. Introduction. (Dominique FRADET).

9. Le Pou. — 13. Le Poilu Troglodyte (1). — 17. Le Poilu Troglodyte (2). (Docteur ÈVE).
22. Mars 1915… (Dominique FRADET).
23. Échos des cantonnements (1). — 25. Les Poilus non Troglodytes. — 31. Échos des cantonnements (2). (Docteur ÈVE).
34. Juin 1915… (Dominique FRADET).
35. Échos des cantonnements (3). — 41. Impressions de permissionnaire. (Docteur ÈVE).
46. Novembre 1915… (Dominique FRADET).
47. Deuxième impression de permissionnaire. (Docteur ÈVE).
52. Échos des cantonnements (4). (I. P. K.)
57. Définitions. (A. LAPHIN, maréchal-des-logis au 12e d’artillerie.)
61. Échos des cantonnements (5). (I. P. K.)
64. Carnet de poche (1). —  68. Carnet de poche (2). — 71. Carnet de poche (3). (A. LAPHIN).
74. Juin 1917… (Dominique FRADET).
75. Moronvilliers. (Docteur ÈVE).
85. Un coup de main. (Poilu Henri SEBRAT).
87. Le chaos. (G. THURIOT-FRANCHI, sapeur au 8e génie.)
91. Aux Poilus immortels. (Docteur ÈVE).
93. Novembre 1918… (Dominique FRADET).

Les dessins reproduits dans Le Poilu Troglodyte proviennent de la collection du journal de tranchées « Le Poilu « conservée à la Bibliothèque municipale de Reims sous la référence : Reims, BM, PER CH FOL. 49.

« LE POILU » ?

19150310_sauvignier[…] Né de parents savoyards, mais parisien depuis belle lurette, grand voyageur – il avait été, paraît-il, à Londres, en Italie, en Amérique, il parlait cinq langues, le médecin-chef du 108e territorial,  Aristide Vève, avait plein d’idées et pas mal d’humour. Or voici qu’un jour à la popote… «Le déjeuner s’achevait dans une douce et honnête gaîté, racontera-t-il. L’atmosphère bleu horizon, tel il convient à une table de chef de corps, s’alourdissait des volutes de fumée variées suivant qu’elles se dégageaient des cigarettes, cigares, pipes de chacun de nous, lorsque je lançai comme une boutade, cette phrase :
«— Si nous faisions un journal!
«Du tac au tac, notre colonel, qui présidait la popote, me répondit:
«— Je n’y vois pas d’inconvénient.»
Le docteur Vève ne se le fit pas dire deux fois. Restait à trouver des collaborateurs, quelques généreux donateurs, un imprimeur, à se familiariser lui-même avec un métier dont il ignorait à peu près tout. C’est que, dans son esprit, ce devait être un «vrai» journal. Il aurait beau être un journal de tranchées, ce serait un 4 pages grand format réalisé dans les règles de l’art.
On y trouverait des nouvelles, des poésies, des chansons, des saynètes, des bonnes blagues, des dessins humo-ristiques, etc. et ce serait l’œuvre de néophytes : «des primitifs de la plume, des naïfs de la pensée, des cubistes et futuristes de la fantaisie, des humoristes inédits du dessin» , voilà ce qu’il fallait, se disait le médecin-chef du 108e territorial! Et de la gaieté surtout. Voilà ce dont on avait besoin dans les tranchées! On n’y parlerait pas politique, on n’y commenterait pas la guerre non plus.
Le journal aurait pour titre «Le Poilu». Le «poilu»? En tant que substantif, le mot, à cette époque, était inconnu de la plupart des Français. Mais pas inconnu toutefois dans les casernes ou les cantonnements où, depuis quelques années déjà, on commençait à entendre : «Mets quat’ poilus à ta corvée», «Vous prendrez trois poilus pour faire la corvée de quartier.», etc . C’étaient chaque fois des gradés qui parlaient à leurs hommes ou de leurs hommes.
En somme, dans l’argot militaire, dans la bouche de certains officiers, mais d’un usage encore peu fréquent, le «poilu», c’était «l’homme de troupe» par opposition au «gradé». Mais déjà le docteur Vève avait cette intuition qu’il rapportera dans le premier numéro du Poilu daté du 15 décembre 1914 : «Et nous sommes sûrs que ce nom de «Poilu» restera aussi glorieux pour l’avenir et synonyme d’autant de courage que celui des “Vieux Grognards” de Napoléon ou des “Vieux Briscards” de l’Algérie.»… […]

Livre Broché. 24×16,8 cm à l’italienne.

96 pages. 14 €