126/journal de la grande guerre/ 8 décembre 1914

Journal du rémois Paul Hess (extraits)

Nuit calme. Détonations de grosses pièces le matin. L’après-midi et le soir, sifflement et obus.

« Le Courrier »proteste contre la censure.

« Lecteurs rémois, lorsque vous remarquerez des blancs dans nos articles et que ces articles se rapportent à des questions étrangères aux opérations militaires, sachez bien que ces coupures nous sont imposées par la censure civile, parce que nous défendons trop énergiquement à son gré, vos droits, vos intérêts, vos libertés. »

On peut encore lire plus loin: « C’est à M.le commissaire spécial de police qu’est dévolue présentement l’illégale censure des journaux rémois……………. (supprimé)————————————————————— Nous entretenons de bons rapports avec la police rémoise et nous collaborons volontiers avec elle dans la chasse aux malfaiteurs de droit commun.

Par contre, il ne nous convient pas du tout d’être placé sous sa coupe, encore moins d’être déféré à ses chefs en attitude de prévenu.

Second point de vue. Une censure policière est forcément une guillotine sèche. Par métier, un commissaire, si équitable soit-il, est disposé à trouver partout matière à incrimination. Alors il ne peut que s’en donner à coeur joie à caviarder, à tailler, à sabrer dans notre modeste prose, qu’il épluche comme il le ferait de pièces à conviction.

Troisième point de vue… Restons en là pour aujourd’hui et concluons. Quelq que puissent être les mérites de M.le commissaire, nous récusons absolument ce grand inquisiteur civil. Contraint et forcé, nous devrons continuer à lui soumettre nos morasses. Mais nous protestons hautement contre cette double violation de la loi et des convenances.

Décision au 118 ème RIT de Verzenay

*Chaussures. – Le général commandant la DES. fait connaître : 1° que les corps doivent effectuer sur place, le plus de réparations possible aux chaussures – 2° que les chaussures qu’ils ne peuvent réparer doivent être envoyées au dépôt. Par conséquent les Cies. qui ne pourraient réparer leurs chaussures encore susceptibles d’être utilisées devront les verser au magasin du corps à Verzenay. Le bureau du colonel tient d’un autre côté à leur disposition une liste des maisons d’Epernay qui se chargeraient de réparer les chaussures.

http://vieuxpapiers.canalblog.com/archives/2005/12/08/1082749.html

Le retour du gouvernement à Paris

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Le 8 décembre 1914 le Président de la République visite le Petit Palais, où sont exposés les objets religieux des églises bombardées. Meurisse, agence photographique, Paris, 1915. BnF, département Estampes et photographie, EI-13 (2547)

 

 Réfugié à Bordeaux depuis le 29 août, le gouvernement français regagne Paris, une fois le front stabilisé, le 8 décembre. Poincaré, le président de la République, et Viviani, le Président du Conseil, auraient quant à eux souhaité rentrer dans la capitale beaucoup plus tôt. Mais Joffre, les mains totalement libres en l’absence de tout exécutif à proximité, et dotés de pouvoirs énormes en raison de l’état de siège, a fait reculer cette date autant que possible. Cette date marque le vrai retour du gouvernement civil en France, notamment en ce qui concerne la gestion du conflit.

8 décembre 1914 : L’autre bataille des Falklands

Faklands bataille 1914

Le Scharnhorst, ayant encaissé au moins quinze obus de 305 mm, est en feu, prend du gîte et, à 16 h 04, il chavire, puis coule à 16 h 17. Tout sauvetage rendu impossible par le combat qui continue, il n’y a aucun survivant… Pendant ce temps, le reste de la flotte de Sturdee donne la chasse aux croiseurs légers allemands. Le Leipzig, en queue, est la première victime. Ralenti par les tirs du Glasgow, il finit par être à portée du Cornwall et, à 19 h, il est en feu, deux cheminées et son mât principal abattus, à court de munition, il tente une attaque à la torpille contre le Cornwall et son équipage se prépare à l’évacuation. Le Glasgow se rapproche alors et lui donne le coup de grâce.

(voir aussi le journal de guerre du 7 décembre 1914)

http://maitres-du-vent.blogspot.fr/2012/11/8-decembre-1914-lautre-bataille-des.html

Deux mille morts au large des Falklands

http://www.medievizmes.org/document242.php

Lu dans le Miroir en date du mardi 8 décembre 1914 (tiré du Miroir de Noël 1914)

France.-Nous continuons à attaquer les tranchées ennemies auprès de l’Yser; notre offensive progresse dans la région d’Armentières et auprès d’Arras, et  spécialement entre Béthune et Lens; avance sensible dans le Santerre, près de Roye (…)

Allemagne.-D’après les dépêches de La Haye, des officiers allemands du lansdsturm ont refusé d’aller au feu, et le prince héritier de Bavière serait blessé.

Certaines informations disent que  si Guillaume II avait fait venir le comte Tisza à son quartier général c’était pour lui conseiller de faire de grandes concessions aux Roumains de Transylvanie. Le comte Tisza s’y est refusé.

Russie.-Le Messager de l’Armée russe présente un exposé complet de la situation sur le front oriental. En Mazurie, dans la Prusse orientale, la guerre a pris le caractère d’une campagne de tranchées. De Thorn à Biala, les parties adverses déploient une vive activité, mas sans grand résultat jusqu’ici. De Thorn à Cracovie, c’est la grande bataille. Entre Czenstchowo et Cracovie, l’ennemi a été repoussé  avec de grosses pertes par les troupes russes. En Galicie, les armées russes continuent à s’avancer avec rapidité, malgré la résistance désespérée des Austro-Hongrois.

L’Italie se plaint amèrement des manoeuvres du consul allemand à Tripoli.

Le roi de Montenegro, dans un message, déclare qu’il a perdu le tiers de son armée.