170/journal de la grande guerre/21 janvier 1915

Carnets du Rémois Paul Hess (extraits)

Rien sur son carnet à cette date

Un témoignage  du 21 janvier 1915 sur la bataille de Crouy (Aisne)

A propos de la bataille de Crouy en 1915, voici ce qu’écrivais à sa sœur un soldat du 44e RI de Lons le Saunier qui avait combattu à Crouy
Il sera un peu plus tard affecté  début 1916 comme conducteur au 107e d’artillerie lourde

Puisieux (Marne) le 21 janvier 1915 :

Je viens répondre à votre lettre qui m’a bien fait plaisir  d’avoir de vos bonnes nouvelles. Je vous dirais d’abord que je suis toujours en bonne santé  malgré que nous avons passé de bien mauvais jours ces temps.

Nous sommes partis  brusquement d’Hastines où nous étions en repos, nous avons marché deux jours et deux nuits sans repos ni nourriture, on a pris à peine le temps de faire du café. Il y avait depuis le 8 janvier  de grandes attaques sur Soissons, nous avons été rappelés pour renforcer les troupes qui  occupaient les tranchées, mais malheureusement cela a mal tourné pour nous.

Dans la nuit du  13 au 14 on a traversé l’Aisne, les 1er et 2e bataillons étaient en avant, et nous nous sommes restés en arrière, on a passé la nuit derrière un mur percé de créneaux prêts à tirer, mais nous  n’en avons pas eu l’occasion.

A 4 heures du matin on vient nous prévenir qu’il fallait repasser  l’Aisne, qu’on était sur le point d’être cerné, nous n’avons eu que le temps de se retirer sans  pertes, mais il n’en a pas été ainsi pour les 1er et 2e bataillons qui ont été presque entièrement détruits, surtout le 2e, il est revenu 150 hommes sur 1200.

Henri MAROT y est resté, je pense  qu’il sera que prisonnier, je n’ai pas pu savoir ce qu’il était devenu.

Sur 6 conducteurs qui  étaient partis avec moi il en est revenu rien qu’un, c’est bien triste de voir ça, c’est la 5e fois que le 44e est éprouvé comme ça!

On compte les hors de combat à 6 ou 7 mille. On nous a ramenés  en arrière pour reformer le Régiment après 8 jours que nous avions passés aux alentours de  Soissons, sans repos et sans abris par la pluie.

Nous avons fait 12 heures de marche , jamais je  ne me suis senti aussi fatigué, ça va bien maintenant, nous sommes logés dans une grande  ferme, je voudrais bien que l’on y reste le reste de la campagne, le 44e a bien fait sa part, mais  hélas on ne sait pas encore ce que l’avenir nous réserve.

Espérons que la fin de toutes ces tueries viendra bientôt. Dans l’espoir que ma lettre vous trouvera tous en bonne santé, je vais  vous quitter en vous embrassant bien affectueusement. Tu diras bien des choses à toute la  famille et à Maman quand tu iras à M…… Tu diras aussi à Tante Victorine ce qui est  arrivé à Henri, tu diras qu’il est prisonnier quoiqu’il peut bien être blessé ou tué, ils sont tous  restés aux mains des boches.

http://chtimiste.com/batailles1418/combats/Crouy.htm

Offensive russe dans les Carpates

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Zwinin

Ils ont abattu la Vierge d’Albert(Somme)

Un article de La Croix du 21 janvier 1915

Monsieur l’abbé,
C’est fait : la Vierge d’or d’Albert est tombée, la belle Madone au beau geste d’offrande, qui tendait si haut dans le ciel son petit Jésus au bout de ses bras. ils l’ont abattue de matin.
J’ai la gorge serrée de chagrin. Depuis que nous sommes là, ce rayon doré qui brillait sur la tour rouge et blanche consolait nos cœurs et le triste horizon. L’église, quoi qu’on en ait dit, était fort endommagée. Mais la tour restait presque intacte, avec sa Vierge. Or, depuis deux jours, les Allemands s’acharnaient sur la pauvre basilique ajourant largement le clocher à coups d’obus, faisant sauter l’abside. Vendredi, à 3 heures de l’après-midi, la coupole volait en éclats et la Vierge s’inclinait à droite sur son socle. Hier, la tempête arrêta le tir de ces sadiques. Ce matin, ils se remettaient à l’ouvrage. Bientôt, un camarade criait : « La Vierge est tombée, la Vierge est tombée ! » J’ai couru au bout du champ. C’était vrai, Notre-Dame de Brebières n’était plus là. Oh ! les lâches !
Je me suis adossé au mur d’un maison détruite et je suis demeuré là, à regarder, transi de froid, mais sans pouvoir m’arracher à ce spectacle d’une mélancolie infinie. Plus de Vierge là-haut, à dominer nos misères ; la Vierge, notre Vierge, seule chose douce à voir dans ce pays que la guerre rend sauvage. Oui, j’ai du chagrin, je vous le jure. Comme folles de colère, nos batteries lançaient leurs rafales précipitées. En même temps, les obus allemands tombaient toujours sur le sanctuaire à intervalles réguliers.
Le clocher ou sa carcasse tient encore, mais ils finiront peut-être par l’avoir demain s’ils vont jusqu’au bout de leur rage satanique. (…)

http://aulas.pierre.free.fr/chr_g15_jan.html

Presse du jour

le-pays-de-france-nd-14-du-21-janvier-1915-le-matin

Lu dans Le Miroir en date du jeudi 21 janvier 1915

France.-Sur le littoral de la mer du Nord, violent combat d’artillerie : l’ennemi cherche à détruire notre pont à l’embouchure de l’Yser, mais c’est en vain, et nous désorganisons ses défenses autour de Saint-Georges.

Allemagne.-Les  Allemands bombardent de nouveau les environs d’Ypres et de Lens, et surtout Blangy près d’Arras. Notre artillerie, par contre, dirige un feu très efficace sur leurs ouvrages, au nord de Perthes et de Massiges.
Une offensive a été repoussée par nos troupes dans le bois de la Grurie (Argonne), elles sont restées maîtresses de toutes leurs positions.
A Saint-Hubert, bien que l’ennemi ait fait sauter une portion de tranchée, il n’a pas gagné un pouce de terrain.
Dans le bols Le Prêtre, au nord-ouest de Pont-à-Mousson, toutes les attaques menées contre nous ont été brisées.
Angleterre.-Un raid de zeppelins a eu lieu au-dessus de la côte anglaise du Norfolk. Des bombes ont été jetées au-dessus de Yarmouth, de Cromer, du palais de Sandrigham, et de King’s Lynn. II y a quelques morts et blessés. La presse américaine exprime son indignation au sujet de ce nouvel attentat au droit des gens.
Pologne.-Les combats qui ont lieu en Pologme, sur les deux rives de la Vistule, attestent une progression méthodique des Russes.
Le général von Ompteda qui commandait une brigade allemande, a été tué.
Allemagne.-Deux aviateurs alliés ont survolé Cologne.

A savoir

Naissance du Kiwanis.- Le premier Club est né le 21 janvier 1915 aux Etats Unis, à Détroit dans le Michigan.Après la création de nombreux Clubs aux Etats Unis et au Canada, le KIWANIS INTRNATIONAL s’étendit à travers le monde à partir de 1961. En 1965 création du premier Club en France, à Metz.