188/journal du 8 février 1915: Pierre Mestre, fusillé pour l’exemple

Carnets du rémois Paul Hess

Rien sur son carnet ce jour

 Pierre Mestre, fusillé pour l’exemple le 8 février 1915

pierre-mestre-fiche-fusilléCent ans après le début de la Première Guerre mondiale, la France tente de faire la paix avec ce chapitre très sensible du conflit. Mais pour certaines familles de fusillés, ce premier pas est loin d’être suffisant. « C’est une excellente initiative. Plus on donnera des informations sur les dossiers des fusillés, plus on sensibilisera les gens à ce passé qui a été oublié. Mais est-ce que, à travers cela, on réhabilite vraiment les fusillés ? Je n’en suis pas certaine », estime ainsi Marie-Thérèse Testud, la petite fille de Pierre Mestre, passé par les armes à l’âge de 32 ans, le 8 février 1915 pour abandon de poste. Depuis plusieurs années, cette descendante de poilu consacre une grande partie de son énergie à restaurer l’honneur de son grand-père.

http://www.france24.com/fr/20141105-fusille-exemple-demande-rehabilitation-premiere-guerre-mondiale-famille-pierre-mestre/

Lire aussi:

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fusilles-pour-l-exemple-la-der-des-batailles_1267225.html

http://www.la-croix.com/Actualite/France/Fusilles-de-14-18-l-interminable-souffrance-des-familles-2013-10-01-1030396

Sur le site de France Bleu: http://www.francebleu.fr/infos/centenaire-de-14-18-les-fusilles-de-husseren-wesserling-des-francais-qui-se-tuent-entre-francais-1688059

La guerre au Cameroun

Publié dans Le Matin le 8 février 1915

Nous avons journellement de petits engagements de patrouilles ou de reconnaissances.
Le commandement essaie d’employer les indigènes du pays comme partisans, en les armant de fusils pris aux Allemands. Nous en avons qui ont déjà rendu de bons services. Ils connaissaent tous les sentiers de la forêt et marchent avec ardeur.
Depuis le 26 novembre, il ne s’est pas passé un jour sans coups de feu, et la nuit est souvent troublées par des patrouilles qui viennent sur la lisière de la forêt nous envoyer leurs projectiles. Tous ne s’en retournent pas sur leurs jambes…
Nous ne faisons pas ici la grande guerre, mais, certainement, le petit nombre d’Européens qui combattent au Cameroun depuis le 27 septembre, ont éprouvé des misère d’un autre genre, mais aussi fortes que celles endurées par leurs camarades qui se battent en France.
Il n’est pas rare de voir un sergent, avec 40° de fièvre, commander ses tirailleurs dans la tranchée. Un sergent fait prisonnier au cours d’une reconnaissance, qui était tombé évanoui de fatigue dans un trou sans que ses tirailleurs l’aient vu, a réussi à de débarasser de deux tirailleurs allemands armés préposés à sa garde. Il est rentré deux jours après, sain et sauf, alors que tout le monde le croyait mort. Les vingt tirailleurs qui se trouvaient avec lui ont chargé trois fois à la baïonnette : la première fois, ils ont tué neuf tirailleurs allemands, la seconde fois quatre, et la troisième il faisait si noir qu’il leur a été impossible de se rendre compte du travail fait. Ils ont cherché ensuite leur sergent pendant deux heures et finalement sont rentrés avec leurs six blessés.
Nous ne pouvons pas, comme dans la grande guerre, faire des centaines de prisonniers d’un coup, mais nous comptons également de beaux actes d’héroïsme.
Les Allemands emploient ici tous les moyens : déguisement des tirailleurs, massacre des habitants, fusils et balles pour chasser l’éléphant, etc. ; malgré tous ces trucs, nous parvenons à les déloger de leurs positions.

http://aulas.pierre.free.fr/chr_g15_fev.html

L’étrange infirmière

Histoire relatée sur JSL saône-et-Loire dans sa rubrique : »la Bourgogne dans la grande guerre »

La gare de Laumes où l’étrange infirmière a été arrêtée.
La gare de Laumes où l’étrange infirmière a été arrêtée.

Le lundi 8 février 1915, Le Bien Public relate une curieuse arrestation à la gare de Laumes : « Une femme, qui était coiffée d’un voile avec l’insigne de la Croix de Genève, et qui a déclaré se nommer Hélène F., 44 ans, originaire de Tracy-le-Mont (Oise) a été appréhendée pour vagabondage et infraction à la police des chemins de fer. Écrouée actuellement à la prison de Semur-en-Auxois, elle a, au cours d’un premier interrogatoire, donné des explications qui pourront être vérifiées. Elle a notamment déclaré qu’elle était infirmière, pourvue du brevet supérieur de l’instruction primaire, et, qu’ayant été jusqu’à la gare de Lyon, à Paris, chargée de la surveillance d’enfants de l’Assistance Publique, elle avait été surprise par le départ du train. Elle n’aurait point eu le temps de descendre du compartiment où elle avait installé les enfants confiés à sa garde. »

En une période où les espionnes et les espions étaient effectivement nombreux, alors que les contrôles étaient particulièrement renforcés dans les gares, on comprend que cette femme, qui n’a pas pu présenter de titre de transport en bonne et due forme ait été arrêtée, d’autant que son histoire est assez peu crédible. Elle a si peu convaincu les autorités de sa bonne foi qu’elle a été présentée au tribunal correctionnel.

Pour lire d’autres anecdotes de cette région

http://www.lejsl.com/saone-et-loire/2014/08/05/entre-espions-et-empoisonneurs

 Lu dans Le Miroir en date du 8 février 1915

France.-Quelques attaques ennemies dans la région de Nieuport : elles ont toutes été repoussées. Les Anglais ont enlevé une briqueterie entre le canal et la route de Béthune à la Bassée à un kilomètre de Guinchy. Les batteries allemandes ont bombardé à Ecurie, près d’Arras, la tranchée conquise par nous le 4. Le quartier nord de Soissons a été une fois de plus bombardé; d’autres combats d’artillerie, où nous avons eu d’ailleurs la supériorité ont eu lieu jusqu’à Reims. Une attaque allemande a échoué, en Champagne, au nord de Beauséjour. Diverses canonnades de l’Argonne aux Vosges; dans la région montagneuse, la brume épaisse a quelque peu gêné le tir.

Les Russes qui se maintiennent sur les passes des Carpathes et qui, sur plusieurs points, ont même progressé, ont fait venir 100.000 hommes de renfort en Bukovine.

Les neutres se concertent pour établir leur protestation contre la politique navale allemande qui doit s’exercer à dater du 18.

Le prince de Wied, ancien roi d’Albanie est maintenant officier dans un régiment allemand qui opère en Hongrie.

Ricciotti Garibaldi est arrivé à Paris. Accueilli par une foule enthousiaste, il a déclaré que l’opinion italienne était plus que jamais favorable à une coopération armée avec la France.

Les avions autrichiens ont bombardé, à Antivari, mais sans résultat ancun, des transports qui contenaient des vivres et qu’escortaient des croiseurs français.

Les journaux turcs passés sous la férule germanique, racontent des histoires extraordinaires. Guillaume II, converti à la religion musulmane, serait devenu empereur de l’Islam et serait entré dans Paris, où les députés seraient venus embrasser sa main. Dix dreadnoughts anglais auraient été capturés.

Un Alsacien, capturé par les Allemands sous l’uniforme français, a été condamné à mort par le conseil de guerre d’Essen.