Quand Maurice Bedel se fait portraitiste

Février 1915, le colonel Pichoud, “ trop vieux ”, est remplacé par le lieutenant-colonel Naulin. Bedel en profite pour croquer quelques portraits d’officiers.

 logo bedel version3N otre Pichoud va nous quitter. Aucun colonel de l’armée française ne savait mieux jurer que lui !…. Mais c’était un brave homme. Il a passé sa matinée accoudé à la table à laquelle j’étais assis, sanglotant, la tête entre ses mains, balbutiant à travers ses sanglots : 

 – « Mon pauvre petit Bedel !…. Mes pauvres enfants !…. Mes soldats !… Ah ! quitter mes soldats… »

En effet, il est trop vieux.
Toujours curieux, Bedel cherche à en apprendre davantage sur le nouveau colonel auprès de son ami Plaisant : « Le régiment a fait une acquisition de la meilleure qualité. Officier d’état-major chez Joffre, d’abord, ensuite chez Foch, le colonel Naulin a 44 ans, a été… colonel dans l’armée péruvienne, a passé très brillamment les concours de l’Ecole de guerre, se pique d’être très parisien, d’avoir fréquenté les couloirs du Temps (1) et Eugène Tardieu (2) ; à l’état-major Foch il faisait partie du 2e bureau (renseignements). » 
Après 45 jours de tranchées, le bataillon se retrouve au repos à Courtieux, sur la rive gauche de l’Aisne ; le général de Villaret (3) y effectue une inspection tatillonne : « Aucune capote n’était assez bien brossée, aucun sac assez bien astiqué, aucun fusil assez bien dérouillé, aucun cantonnement assez bien balayé, pour cet homme élégant, mince et charmant.

A retrouver sur le site de La Nouvelle République

http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2015/02/05/10.-Quand-Maurice-Bedel-se-fait-portraitiste-2211301

Quatre ans de guerre au jour le jour

C’est une expérience unique quela Nouvelle République  vous propose de vivre : suivre Maurice Bedel (1883-1954) durant les quatre années de guerre au quotidien comme il les a vécues voilà cent ans. Pour cela, nous nous appuierons sur son « Journal de guerre », publié en 2013 par la Châtelleraudaise Chantal Verdon chez Tallandier. Le futur prix Goncourt utilisera les moyens actuels pour vous raconter son histoire via notre journal, un blog « Comme en 14 » hébergé sur les sites de La Nouvelle République et Centre Presse (http://goo.gl/0nB7Vm), une page Facebook et un compte Twitter (@Bedel2014).