287/journal du18 mai 1915: les archives de Reims dans l’église Sainte Clotilde

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

sainte clotilde reimsLe calme continue, cela semble anormal.

On procède, sous la direction de M.Loriquet, au déménagement des archives conservées à la bibliothèque de l’hôtel de ville. Elles sont transportées, par l’auto des pompiers, de la mairie à Sainte Clotilde, pour être placées dans la crypte de cette église.

Albert Lecroq, 88 ans fusillé

Roman. Fusillé pour l’exemple le 18 mai  1915, le soldat Albert Lecroq a servi de modèle à Roland Dorgelès, pour l’un des chapitres de son livre Les croix de bois. L’écrivain servait dans le même régiment, le 39 R.I.

Le 18 mai 1915, le soldat de deuxième classe André Lecroq, originaire de Blangy-sur-Bresle, est traduit devant le conseil de Guerre pour « abandon de poste face à l’ennemi ». Condamné à mort, il est exécuté dans l’après-midi et tombe sous les balles de ses camarades de combat. Fusillé pour l’exemple, comme trois autres soldats du 39e R.I en 1914 et 1915, dont la base est à Rouen et dont le recrutement est essentiellement normand.

« Le craquement tragique d’une salve. Un autre coup de feu : le coup de grâce. C’était fini » écrit Roland Dorgelès dans le chapitre IX de son livre, Les Croix de bois, sorti en 1919. Car l’écrivain, originaire d’Amiens et lui-même mobilisé au 39e régiment d’infanterie, a vécu comme d’autres camarades d’infortune l’exécution de soldat Lecroq. « Jamais, même aux pires heures, on n’a senti la Mort présente comme aujourd’hui. On la devine, on la flaire, comme un chien qui va hurler. C’est un soldat, ce tas bleu ? Il doit être encore chaud. ». L’aumônier du régiment écrit à sa veuve, « J’ai vu pleurer les officiers et les gendarmes ».

http://www.paris-normandie.fr/detail_communes/articles/2641070/le-fusille-qui-inspira-dorgeles#.VUDgUVyqiDc

http://www.ville-le-treport.fr/fichiers/Image/pdf/lecroq.pdf

Soissons vu par un artiste

soissons

Soissons, 18 mai 1915de Flameng François

L’aviateur Albert Moreau se  tue dans une rue de Melun

Le 18 mai 1915 au cours d’un vol d’essai, Albert se tue en s’écrasant avec son avion dans une rue de Melun, qui depuis porte son nom.  Quelques mois après sa mort accidentelle, un essai d’un aérostable sans pilote eu lieu, préfigurant déjà le premier drône de l’histoire !

http://www.aeroclubnangis.fr/aéroclub/albert-moreau/

Lu dans le Miroir en date du 18 mai 1915

En Belgique, les Allemands, menacés d’enveloppement, ont évacué leurs dernières positions à l’ouest du canal de l’Yser. Succès anglais au nord de la Bassée. Les troupes britanniques ont enlevé à l’ennemi plusieurs lignes de tranchées en lui infligeant des pertes sensibles. Sept cents Allemands ont péri sous le feu croisé des mitrailleuse anglaises et de leur propre artillerie. Mille ont été capturés.

Lutte très vive au nord d’Arras, où nous repoussons, une série de contre-attaques allemandes. Une attaque allemande a été arrêtée près de Berry-au-Bac. Une offensive au bois d’Ailly nous a valu de faire 250 prisonniers. Deux bataillons ennemis ont été arrêtés à la lisière du bois Le Prêtre.

La situation des Russes ne se dessine pas encore nettement en Galicie occidentale, où ils prennent un nouveau dispositif tactique. En Bukovine, ils accentuent leur retour offensif. Nouveau raid de zeppelins sans résultat sérieux, à l’embouchure de la Tamise.

Un dirigeable, d’autre part, a survolé Calais. Le cabinet italien a décidé de se présenter le 20 devant le Parlement. De grandes démonstrations interventionnistes ont encore eu lieu dans la plupart des centres importants.