330/journal du 30 juin 1915: Joffre autorise les permissions, mais il y a toujours des inégalités

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Sifflements à 15h 1/2.

Le Courrier donne aujourd’hui cette nouvelle. Hier, à 9 heures, en l’église Notre-Dame d’Epernay se sont déroulées, en présence d’une foule de prêtres et de fidèles, les cérémonies de la consécration épiscopale de Mgr <neveux, élu en juillet 1914 évêque auxiliaire de Reims.

Joffre autorise les permissions, mais il y a toujours des inégalités

cp_permL’autorisation le 30 juin 1915 des permissions par Joffre ne solde pas le problème, loin de là, puisque règlementées a minima, elles demeurent assujetties au bon vouloir des chefs de corps (p. 20). Joffre revoie sa copie quelques jours plus tard, le 12 août 1915, en publiant une circulaire posant l’ancienneté – tant en termes de jours de présence au front qu’en termes de classes d’âge – comme principe donnant droit à la permission. Mais, là encore, la réalité diffère de l’intention tant l’application de ce texte se révèle être pour les commandants de compagnie un « véritable casse-tête », puisque « la manière de décompter le temps de présence Aux Armées n’est jamais précisée » (p. 21). En d’autres termes, la possibilité d’être privé de permission du fait d’un capitaine irascible existe encore. Or, au-delà des relations interpersonnelles parfois difficiles entre l’officier et ses subordonnés, E. Cronier voit dans ce système la marque d’une culture militaire qui n’aurait pas anticipé « l’idée d’équité dans l’armée républicaine » (p. 21) comme en témoignent les nombreux exemples où les permissions sont utilisées comme outil de discipline, conformément à une tradition qui les assimilerait à des récompenses (p. 22).

L’automatisation des permissions, à partir de l’été 1915, introduit de surcroit un double sentiment d’inégalité. Celui-ci prévaut ainsi entre unités, plus ou moins favorisées suivant qu’elles sont affectées ou non à un secteur calme, étant entendu que les offensives suspendent automatiquement le roulement des permissions (p. 22). Mais l’injustice la plus flagrante est probablement celle qui favorise les officiers puisque ceux-ci bénéficient à partir de mars 1915 de permissions et que, même après l’été 1915, ils ne sont pas en concurrence avec les hommes de troupe pour obtenir le tour dans le roulement institué (p. 22-23). On voit donc que la permission prend le relais en temps de guerre des revendications de justice sociale formulées en temps de paix et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle se place d’emblée sur le terrain du droit des combattants (p. 30).

http://enenvor.fr/eeo_revue/numero_3/cr/ec/permission_de_vous_procurer_ce_volume.html

Lire aussi

Les permissions ; « Absence provisoire du front ».

Devant la guerre qui s’éternise et pour le moral des soldats, le Grand Quartier Général les instaure à partir du 30 juin 1915.
Elles sont en général de 8 jours (réduites à 6 jours à partir d’août 1915 !)
Mais le système d’attribution et la lenteur des départs ne satisfont pas pleinement les soldats.
A partir du 28 septembre 1916, une « Charte du permissionnaire » fixe les modalités de façon précise :
3 périodes de 7 jours -délais de route non compris- par année, tous les 4 mois et par roulement.
Les périodes sont passées à 10 jours en octobre 1917.

Mais cette organisation n’a pas toujours été très fiable.

Ces permissions pouvaient être de « détente », de « convalescence », « agricole » ou « exceptionnelle »

Source : Exposition  « L’Oisans dans la grande guerre: Besse-Clavans-Mizoëns

Un article du Monde sur le même sujet

http://www.lemonde.fr/centenaire-14-18/article/2014/09/04/les-gares-pendant-la-grande-guerre-un-repere-pour-le-soldat_4482423_3448834.html

Violente attaque allemande à la Gruerie (Meuse)

Le 30 juin 1915 est le jour de la deuxième attaque importante lancée par les Allemands dans le bois de la Gruerie après celle menée 10 jours auparavant.  Je recense actuellement 120 tués pour ce 30 juin 1915.

http://le112.canalblog.com/archives/2005/06/30/618282.html

Le 30 juin, les Allemands prennent l’offensive; mais au lieu d’être localisée à Bagatelle (défendu par le 8e chasseurs), la lutte s’étend sur tout le front du 32e Corps d’Armée, de la route de Binarville au Four-de-Paris.
Dès 4 heures, l’ensemble de la position est soumis à un bombardement par pièces de tous calibres, surpassant en violence et en précision ce qu’on avait vu jusqu’alors : projectiles de 150, de 210 et de gros minenwerfer.
Toutes les tranchées de première ligne sont démolies et écrasées, une grande partie des défenseurs ensevelis, tués ou blessés.
Sous le couvert de cette préparation, l’ennemi prononce trois attaques d’infanterie successives et finit par percer tout d’abord à l’Ouvrage central et à la gauche du cimetière.
D’autre part, à la suite d’une série de combats locaux, dans lesquels nos troupes ont à soutenir une lutte acharnée, l’ennemi, malgré des pertes considérables, notamment devant le front de Bagatelle, s’avance jusqu’au poste de commandement de Beaumanoir. Plusieurs fractions atteignent la cote 213.
Cependant, nos contre-attaques menées par quatre bataillons, dont la première, particuliè­rement brillante, exécutée par le 16e bataillon de chasseurs, réussissent, vers 11 heures, à nous assurer le Réduit central et à dégager la cote 213 et Beaumanoir.
Mais, vers 13 heures, nous sommes contraints d’abandonner la Sapinière et la première ligne de l’ouvrage Blanleuil, attaquées depuis le matin sans succès et couvertes d’un nuage persistant de gaz asphyxiants qui s’étend jusqu’à La Harazée.

Lire: http://www.saintmaximin2008.fr/PAGESWEB/HISTOIRE/MILITAIRE/1GM/recit1GM/1915marsNovembreArgonne.html

Lu dans le Miroir en date du 30 juin 1915

Dans le secteur d’Arras, canonnade au nord de Souchez et au nord de Neuville. Une action d’infanterie nous a permis de progresser dans le chemin creux d’Angres à Ablain. A Bagatelle dans l’Argonne, la lutte à coups de torpilles et de grenades est incessante.
Dans les Vosges, une attaque allemande avait rejeté momentanément nos avant-postes des pentes à l’est de Metzeral, mais le terrain perdu a été reconquis par une contre-attaque immédiate.
M. Poincaré s’est rendu sur le front et a décoré les drapeaux de six régiments.
Les Russes ont rejeté avec de grosses pertes les Allemands qui les attaquaient sur la rive gauche de la Vistule, vers Opatow. Par contre, la poussée ennemie continue dans la région de Rawa-Ruska. Avant de commencer leur retraite sur la Gnila-Lipa, nos alliés ont refoulé avec succès des attaques acharnées de grandes forces allemandes. En même temps que le général Soukhomlinoff était remplacé, au ministère de la Guerre, à Pétrograd, par le général Polivanoff, le général Wynander, adjoint à ce ministère, demandait sa mise à la retraite.
M. Asquith, premier ministre anglais, a prononcé un éloquent discours au Guildhall, pour demander aux financiers et hommes d’affaires qu’il avait réunis, de contribuer largement à l’emprunt britannique.
Les Italiens ont infligé un échec aux Autrichiens dans le Valugana. En Carni, ils ont bombardé fructueusement plusieurs positions. Plusieurs attaques autrichiennes ont été arrêtées sur l’Isonzo. On mande de Rome que l’état-major italien se prépare à ume campage d’hiver.