326/journal de la grande guerre : 26 juin 1915

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Rien à ce jour

Mamad et Toinot, correspondance d’un poilu

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Trouvé sur le site Mediapart

Le 26 juin 1915 

Ma chérie,
Je suis dans l’inquiétude la plus grande, depuis 5 jours je suis sans nouvelles. Je suis sûr que tu es malade, ou René, et que tu me le caches. Si tu ne peux pas m’écrire, fais envoyer un mot ou un télégramme. Je vis dans l’ennui depuis hier soir et aujourd’hui je n’ai pas pu manger. Je suis fatigué et j’aime mieux mourir que d’être sans nouvelles. C’est vos nouvelles qui me donnent du courage, sans vous, je serais bientôt au bout. Des nouvelles de suite, je t’en prie mon ange adoré, car ton Toinot va repartir d’ici peu « au travail ». Je suis à bout, je ne pourrai pas tenir longtemps. À demain une longue lettre, car je suis sans courage et vais me coucher en pleurant. Ton Toinot et ton papa qui vous embrasse des millions de fois. Ton époux fidèle pour la vie.
Toinot

http://www.mediapart.fr/portfolios/mamad-et-toinot-correspondance-dun-poilu

Départ des premières recrues martiniquaises vers la France.

Sur le « Samara », départ de recrues de la Martinique. Carte postale, cliché Leboullanger [juin 1915].

Les premiers départs de mobilisés antillais et guyanais vers la France et les combats se font seulement à partir d’avril 1915. L’éloignement, l’organisation du recrutement et ses aléas ont retardé l’envoi de Martiniquais sur le front.

Les appelés quittent la Martinique à bord de navires aux noms évocateurs comme le Samara, le Venezuela, le Niagara, le Pérou, le Puerto-Rico, le Haïti…

Pour voir l’image: http://www.patrimoines-martinique.org/?id=227

Lu dans le Miroir en date du samedi 26 juin 1915

Nouveaux progrès de nos troupes dans le secteur au nord d’Arras, entre Angres et Souchez. Une contre-attaque allemande est repoussée au Labyrinthe.
Près de Reims et près de Perthes, l’ennemi a fait sauter deux fourneaux de mines sans résultat: il n’a même pas pu occuper les entonnoirs.
A l’ouest de l’Argonne, nous avons progressé légèrement à la suite de quelques combats à la grenade. Dans l’Argonne et à Vauquois la lutte de mines se poursuit : elle a donné lieu à des actions toutes locales.
Sur les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, les Allemands ont lancé sur tout notre front une attaque très violente accompagnée du jet de bombes asphyxiantes et de liquides enflammés. Après avoir pénétré dans une partie de leur ancienne deuxième ligne, que nous tenons, ils ont été rejetés. A minuit, ayant tenté un nouveau retour offensif, ils ont été pris sous notre feu et dispersés.
Les Allemands ont subi deux échecs à Leintrey (Lorraine), un autre au Ban-de-Sapt, – et trois autres au Reichackerkopf et au Hilgensfirst, dans les Vosges d’Alsace.
Dans la région de Chavli (Lithuanie), les Russes ont barré la route aux Allemands. Sur le Dniester, ils les ont acculés au fleuve et leur ont infligé des pertes énormes dans la région de Jourovno; près de Martynovo, ils ont fait 1700 prisonniers; au sud-est de Nijnioff, ils ont anéanti des troupes austro-allemandes et pris une ligne de tranchées.
Les Italiens ont enfoncé une des coupoles d’un des forts de Malborghetto; ils ont occupé deux points importants sur l’Isonzo moyen et sur l’Isonzo inférieur.