442/journal de la grande guerre: 20 octobre 1915

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

A 16 heures, le vacarme ininterrompu du canon, des fusils, des mitrailleuses, nous fait supposer une nouvelle attaque allemande. Nous avons ouvert les fenêtres, au bureau, afin d’entendre les sifflements des obus arrivant en même temps en ville, mais l’amplitude de la canonnade empêche de percevoir tout autre bruit. Pour le pue que nous pouvons deviner, en tendant l’oreille, il nous semble que les projectiles à nous adressés, vont encore principalement vers le rue de Vesle ou dans cette direction.

A mon retour Place Amélie Doublié, alors que l’épouvantable tintamarre n’a pas cessé, au contraire, j’apprends qu’un homme a été tué rue Lesage et une femme très grièvement blessée- la malheureuse n’est pas morte, paraît-il, mais n’en vaut guère mieux, elle a eu les jambes arrachées par des éclats.

La canonnade fait toujours rage dans la direction de Cernay-les-Reims. Du grenier de la maison du 2 de la place, à l’angle de la rue du Docteur Thomas, je puis voir les fusées se succéder continuellement à droite, sur les lignes et des engins y éclater en l’air comme d’énormes shrapnels, je distingue parfaitement au milieu d’un nuage de fumée, l’éclair de chacune de leurs explosions, dont le bruit effrayant se répercute au loin et me parvient seulement un moment après. Les rapides décharges de nos pièces d’artillerie se suivent à une cadence telle que les lueurs cependant brèves des départs se lient, se confondent pour n’en former qu’une qui continue?

A l’extrémité de la ville, vers Pommery, semble t-il, un incendie vient de s’allumer. Avec la fusillade et le tac-tac des mitrailleuses tapant toujours, l’ensemble de ce spectacle, par temps couvert, est véritablement poignant, à la pensée de ce qui doit se passer là-bas, vision saisissante à chaque instant , effarante dans sa brutalité , me donnait encore, à distance, qu’un faible aperçu de ce qu’est la guerre.

Ce n’est qu’à 20 heures que la canonnade d’apaise et qu’un calme relatif revient,- alors que nous pouvons nous demander une fois de plus, avec inquiétude , ce qui va résulter d’une action menée aussi vivement aux portes de Reims.

Le lendemain  21 octobre, le communiqué dit qu’il s’agissait d’une attaque allemande se développant de la butte de tir à Prunay. Il fait savoir qu’après une préparation d’artillerie, trois tentatives de l’ennemi pour pénétrer nos positions ont abouti à un échec complet, malgré l’emploi de gaz suffocants, les assaillants ayant été chaque fois décimés par le feu de nos mitrailleuses et les rafales de l’artillerie. Cela nous rassure; cependant, nous ne pouvons pas nous empêcher de trouver que les Boches mettent, en ce moment, une réelle obstination à vouloir percer le front devant la ville.

Terrible explosion à Paris dans une usine de grenade

N6909013Une épouvantable explosion s’est produitele 20 octobre  dans l’un des quartiers les plus populeux de Paris, le quartier de la Maison-Blanche.

Une fabrique, située 173, rue de Tolbiac, entre l’avenue d’Italie et la rue Bobillot, et à peu de distance de la place d’Italie, a sauté et a été complètement détruite.

Cette fabrique, qui appartenait à Mme Milan (*), était une construction en planches, élevée depuis la guerre dans un terrain vague. Près de deux cents ouvriers et ouvrières formant deux équipes, une de jour et une de nuit, y étaient employés.

L’équipe qui était de service, hier après-midi, se composait de soixante femmes, quatorze fillettes de quatorze à seize ans, et de vingt et un hommes.

C’est à deux heures vingt et une, exactement, que l’accident s’est produit. Dans les maisons du voisinage, qui toutes ont plus ou moins souffert de l’explosion, les pendules se sont en effet arrêtées à cette heure-là. A la porte de l’usine, on chargeait à ce moment, sur un camion, des caisses qui devaient être transportées incessamment. L’une de ces caisses glissa des mains d’un ouvrier et tomba sur le sol. Le choc détermina l’explosion Immédiatement après, deux autres explosions se produisirent presque simultanément, et l’usine sauta. Ce qui en restait fut aussitôt la proie des flammes.

http://www.belindacarter.fr/P13/page6.php?titre=21-F

http://lafabriquedeparis.blogspot.fr/2014/06/octobre-1915-lusine-de-grenades-billant.html

A la gare de Lyon départ des petits orphelins pour Cannes

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http://expos-historiques.cannes.com/a/188/a-la-gare-de-lyon-20-octobre-1915-depart-des-petits-orphelins-pour-cannes/

La guerre au jour le jour vu par Le Miroir

Les Allemands ont procédé à trois sérieuses attaques dans le « Bois-en-Hache » (nord-est de Souchez). Ils ont été repoussés par notre infanterie et par nos batteries.
Fusillade très vive au sud de la Somme, dans le secteur de Lihons.
Violente attaque ennemie sur un front de 10 kilomètres, entre la Pompelle et Prosnes, à l’est de Reims. Elle a abouti à un échec total. Elle avait été préparée par un bombardement prolongé avec emploi d’obus suffocants et de nappes de gaz chlorés. L’infanterie allemande, qui avait réussi à pénétrer dans quelques éléments de tranchées de première ligne, en a été chassée. Ses pertes ont été importantes.
Canonnade en Artois (Loos), à Nouvron (nord de l’Aisne), aux Eparges, dans la forêt d’Apremont (entre Meuse et Moselle) et en Lorraine (Leintrey) .
Sur le front belge, les Allemands après avoir pris un poste à l’est du canal de l’Yser, ont dû rétrograder.
Les Russes ont remporté une série de succés qui leur ont valu de faire 3300 prisonniers.
L’Italie a proclamé l’état de guerre avec la Bulgarie.
Le tsar a publié un manifeste pour flétrir la félonie du gouvernement bulgare. En même temps ce manifeste proclame l’état de guerre avec la Bulgarie.
Un aide de camp du kronprinz a été tué.
Le général Monro remplace le général Ian Hamilton à la tête des troupes britanniques d’Orient.
L’armée italienne a progressé à nouveau dans le Trentin, au nord d’Ala et repoussé des attaques autrichiennes dans le Carso et en Carnie.

Pourquoi faut-il chasser le Cafard?

Depuis le début de la guerre, les civils ont le cafard. Le Figaro du 20 octobre 1915 encourage la population à garder patriotiquement un bon moral.

«Le Cafard ordinaire n’est autre chose que la Blatte, insecte orthoptère auquel nous avons laissé prendre une patte chez nous et qui en a bientôt pris six. Ce Cafard-là est bien connu; il vit dans nos maisons, dans nos provisions,[…]. Il est un autre Cafard dont la découverte est récente. On prononçait déjà son nom avant la guerre, et il est hors de doute que l’acclimatation et la multiplication du nouveau Cafard se sont affirmées depuis l’ouverture des hostilités.

Le Cafard en question se tient dans un repli du cerveau, principalement dans celui qui est le siège de l’imagination.

La suite sur  http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/10/20/26002-20141020ARTFIG00048-20-octobre-1915-pourquoi-faut-il-chasser-le-cafard.php

Une journée du

 

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