459/journal de la grande guerre: 5 novembre 1915

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Rien à ce jour

La guerre au jour le jour à travers Le Miroir

Notre artilIerie a bombardé en Belgique les positions ennemies de la région de Lombaertzyde et contre-battu efficacement des batteries allemandes.

Vifs combats à la grenade autour de Neuville-Saint-Vaast. Engagements d’artillerie dans le secteur du bois de Givenchy et au sud de la somme, près de Beauvraignes.

En Champagne, lutte active dans la région de la ferme Chausson, entre la cote 199 et Maisons de Champagne. Nous avons d’abord complètement chassé l’ennemi des dernières positions de notre tranchée avancée qu’il tenait encore. Puis en fin de journée, il a réussi, par une nouvelle attaque extrêmement acharnée, à prendre pied en quelques points. Il a été repoussé dans une offensive devant la Courtine. Duel d’artillerie au Violu, dans les Vosges.

Les Russes ont remporté des avantages sur un certain nombre de points de leur front. Ils ont réussi à capturer près de 6000 Allemands et Autrichiens. On dément la démission de M. Sazonof.

Les troupes de Mackensen marchent, en Serbie, dans la région de Kragougevatz. Les alliés pousuivent leur débarquement à Salonique. La bataille entre Autrichiens et Italiens se développe très violente dans le Carso, spécialement aux abords de Goritz. M.Venizelos a renversé par 147 voix contre 114 le cabinet Zaïmis, après un débat long et passionné.

Les nouvelles pièces de 5 francs sont trouées

Le Figaro du 5 novembre 1915 nous annonce la frappe de nouvelles pièces de 5 francs pour le moins originales: elles sont trouées. Un retour en force de la monnaie métallique qui fait écho à l’inquiétude face à la monnaie-papier.

«La caisse centrale du Trésor mettra dès aujourd’hui en circulation les pièces de cinq sous en nickel, dont la frappe, commencée en 1914, avait été interrompue par la guerre.

Ces pièces, dont la gravure est l’œuvre de M. Lindauer, sont percées d’un trou en leur milieu, ce qui permet de les différencier facilement des pièces d’un franc. “Il existe, nous a-t-on déclaré à la Monnaie, deux cent trente-cinq mille francs de ces nouvelles pièces qui, dans quelques jours, seront répandues dans le public. Il nous reste un stock de nickel qui va nous permettre d’en frapper pour cent trente mille francs environ que nous comptons mettre en circulation avant quinze jours.”

La suite sur: http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/11/05/26002-20141105ARTFIG00164-5-novembre-1915-les-nouvelles-pieces-de-5-francs-sont-trouees.php

Sylvain Marie condamné à mort le 5 novembre 1915

Ce soldat a été fusillé le 28 novembre 1915

http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/qui-cherche-quoi/fusille-souilly-sujet_7491_1.htm

Naissance de « Les Innocents » de Francis Carco

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CARCO, Francis (1886-1958). Les Innocents. Roman de la guerre. Manuscrit autographe complet, non signé, daté « secteur 45. Le 5 novembre 1915 ».

291 feuillets in-12 (207 x 130 mm) foliotés 1 à 283 (8 feuillets foliotés 13a à 13h correspondant au chapitre II, rédigés ultérieurement ainsi qu’en témoigne la mention « chapitre II manque » en tête du chapitre III) auxquels s’ajoutent 9 feuillets foliotés 13 à 21 correspondant à une première version du chapitre II et 95 feuillets foliotés 185 à 279 correspondant à la totalité de la troisième partie (chapitres XXIV à XXXIV). Chacune des trois parties du roman est conservée dans une chemise de papier bleuté soigneusement titrée par Carco. Encre bleue et noire sur papier ivoire et bleu. Quelques ratures, corrections et ajouts au crayon et à l’encre noire. (Quelques feuillets légèrement salis dans la marge supérieure. Chemises légèrement salies et froissées.) Chemise moderne à dos à nerfs de maroquin bleu nuit, étui assorti.

MANUSCRIT COMPLET DU PREMIER CHEF-D’OEUVRE DE CARCO PUBLIÉ EN 1916 et ayant très problablement servi à l’impression. « Les Innocents sont nés le 15 février 1915, lorsqu’une jeune Anglaise [Katherine Mansfield] quitte Londres et son fiancé pour rejoindre son amant [Francis Carco] cantonné en France, à Gray, dans le secteur postal 45 […] Le livre faillit pourtant ne jamais voir le jour à cause des problèmes éditoriaux liés à la guerre et surtout à la censure. Lors de sa parution, en 1916, à la Renaissance du Livre, l’atmosphère malsaine transpirant dans le roman choque la commission de censure qui ordonne des coupes dans le texte. Une fois de plus, on reproche à Francis son audace dans la peinture des classes dangereuses […] » (Francis Carco Romans. Édition établie et présentée par Jean-Jacques Bedu et Gilles Freyssinet. Paris: Lafont, 2004, pp. 109 & 111).

http://www.christies.com/lotfinder/books-manuscripts/carco-francis-les-innocents-roman-de-5433779-details.aspx

L’appareil photographique Vest Pocket de la firme Kodak

(…) Au dos de l’appareil, cette fois, on distingue sur la partie supérieure une sorte de languette saillante sur laquelle est écrit, à l’envers « VEST POCKET AUTOGRAPHIC KODAK ». Il s’agit, en fait, d’une trappe qui s’ouvre grâce à la charnière visible dessous. Un petit stylet est disposé horizontalement, au-dessus, symétrique à la charnière du bas.  En soulevant cette trappe, on pouvait tracer sur la pellicule des indications (date, lieu…) pour aider à identifier la prise de vue ! C’est l’apport caractéristique du modèle Autographic mis sur le marché en 1915. Cette fonction fait du Vest Pocket un véritable bloc-notes !

Outre sa solidité et sa taille réduite (qui fait bien sûr penser à nos actuels appareils compacts…), le Vest Pocket a l’avantage de fonctionner avec une pellicule plastique moins fragile que le verre des plaques traditionnelles. Certains soldats transmettent les pellicules à l’arrière pour les faire développer via un camarade en permission. Cela permet, par la même occasion, de se dérober à la censure postale.

D’autres trouvent les moyens d’effectuer toutes les opérations sur place. Il faut pour cela bénéficier de la mansuétude des gradés et d’un petit équipement que l’on peut entreposer et utiliser dans un cantonnement sûr de l’arrière-front, une cave le plus souvent. C’est ce que fit, par exemple, Laurent Pensa, musicien brancardier au 31erégiment d’infanterie. Il est l’auteur de plusieurs centaines de photographies. Voici un extrait de ses carnets qui atteste de cette pratique :

carnetLaurentPensa

Vendredi 5 novembre 1915

Répétition le matin (Jules César et ouverture de Patrie). Il fait froid ; il a gelé la nuit. J’écris à Catineau. Je reçois dans la journée mon superbe appareil photographique et tire une première épreuve. Le soir nous allons développer dans une grange voisine inhabitée. Nous finissons à 10 heures de laver nos clichés.

http://edu.museedelagrandeguerre.eu/content/103

 

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