460/journal du 6 novembre 1915/ rumeur: l’ange au sourire racheté par un américain

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Dans le Courrier, nous pouvons lire ce court article: « Un bon vieil ami du journal, qui a quitté Reims où ne le retenait aucun devoir impérieux, marquait l’autre jour un peu de surprise de la façon dont nous avons rendu compte de certains bombardements. Il s’étonnait de voir traiter un sujet aussi sérieux dans un style aussi badin.

N’est-ce point le cas de lui répondre par le mot célèbre de Figaro: « Il y a des choses dont il faut se hâter de rire pour ne pas être obligé de pleurer. »

Et oui! Les Rémois ont parfois le sourire, après les bombardements, lorsqu’ils cassent que des dégâts matériels. Où en seraient nos concitoyens, après treize mois de l’existence angoissante qu’ils mènent, s’ils ne s’égayaient pas de temps en temps, en prose et en vers, du principal faits divers de la chronique urbaine.

Les gazettes rédigées par les troupiers du front ne passent pas pour engendrer la mélancolie. Pourquoi ce qui est permis aux soldats seraient-ils interdit aux civils?

Le jour où les canons boches tueraient complètement la saine gaité française dans notre ville, ce serait autrement grave, pour le moral et la force de résistance de la population, que le fait d’avoir creusé quelques trous de plus dans les chaussées et les maisons (…)

Les premiers obus ont été suivis de beaucoup d’autres- par milliers, les derniers arrivés n’ont pas fait oublier les premiers et cependant, nous ne sommes pas continuellement sous la seule pensée des bombardements parce que nous avons le ferme espoir de voir survenir l’évènement devant amener la fin des misères passées ou présentes, et cela permet tout de même de plaisanter à l’occasion.

La 52 ème division de réserve quitte Reims et ses abords. Cette division, armée, dès septembre 1914- le 17 ou 18- se composait des 245, 291, 320, 347, et 348 ème d’infanterie, du 49 ème bataillon de chasseurs à pied et du 58 ème parti depuis en Servie, de batteries d’artillerie des 17è, 29è et 42 eme. Les régiments s’en vont, depuis hier, à tout de rôle. Ils sont remplacés par ceux de la 30 ème division, formée en grande partie de soldats originaires du midi.

La guerre au jour le jour dans le Miroir

Actions d’artillerie en Artois, particulièrement dans le secteur de Loos. Violents combats en Champagne. Deux attaques allemandes, appuyées par des jets de liquide enflammés, ont été brisées devant la Courtine. Au cours d’attaques ultérieures, l’ennemi a pu pousser quelques éléments dans notre tranchée de première ligne à la cote 109. Partout ailleurs il a été tenu en échec. Une de nos mines à détruit un blockaus allemand à la Chapelotte (Vosges).

En Alsace, nos avions ont bombardé, à Dornach, une usine de gaz suffocants. En Serbie, nos troupes ont enlevé les ponts de la Cerna, près de Krivolak, et refoulé toutes les tentatives bulgares. Près de Rabrovo, elles se sont emparées de deux villages; elle ont attaqué les crêtes frontières. Les combats entre Russes et Allemands continuent autour de Dwinsk, à l’avantage de nos alliés.

Le roi de Grèce a nommé aide de camp attaché à sa personne le minsitre le la Guerre renversé par le parti venizeliste. On croit qu’il rappellera M. Zaïmis au pouvoir et dissoudra le Parlement. L’agitation interventionniste prend de nouveaux développements en Roumanie.

La Chambre allemande refuse de convoquer le Reichstag.

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/novembre15.html

Les chevaux pleurent de rire

Le Figaro du 6 novembre 1915 nous raconte comment une fuite de gaz lacrymogène s’est transformée en crise de rire générale dans la caserne de la Garde Républicaine de la Cité à Paris.

«C’était l’heure du pansage à la caserne de la Cité et les gardes républicains s’empressaient auprès de leurs chevaux. Tout à coup des émanations pénétrantes se répandent dans l’air et voici chevaux et hommes qui se mettent à verser des larmes abondantes…

Que s’était-il donc passé?

La suite sur: http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/11/06/26002-20141106ARTFIG00210-6-novembre-1915-les-chevaux-pleurent-de-rire.php

Le torpillage de l’Ancona

Que s’est-il donc passé ce 6 novembre 1915 ? Faut-il rappeler que nous sommes en pleine guerre mondiale et les batailles navales faisaient rages. L’Ancona, un paquebot qui faisait la ligne Naples-New York, faisait un arrêt au port de Messine en Sicile. Voici ce que rapporte le journal suisse Le Confédéré daté du 13 novembre 1915 « lundi, à 1h de l’après-midi, près de Capo Carbonara (Sardaigne), le steamer Ancona, allant à New-York, a été coulé par un gros sous-marin battant pavillon autrichien. Le sous-marin a tiré d’abord contre l’Ancona, puis il l’a ensuite torpillé. 142 personnes de l’équipage et des passagers, dont plusieurs blessés, sont arrivées–à Rome et sont soignées avec empressement à l’hôpital maritime. On espère que d’autres chaloupes se sont dirigées vers d’autres localités » Jusque là rien de très nouveau à l’horizon si ce n’est que … « Le transatlantique Ancona se dirigeait sur Bizerte, en Tunisie, pour y faire escale. Il était parti de Messine vendredi passé. Il avait à bord 412 passagers, pour la plupart émigrants de la Vénétie et des Pouilles. Son équipage comportait 160 personnes. Le submersible autrichien tira sur lui une centaine de coups de canon, puis le torpilla. L’équipage eut le temps de mettre à l’eau les chaloupes, mais le sous-marin, sans tenir compte des passagers inoffensifs, parmi lesquels de nombreuses femmes, sans aider au sauvetage, continua sa canonnade ».

http://menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr/article-le-torpillage-de-l-ancona-le-6-novembre-1915-et-l-on-reparle-du-docteur-barbe-et-de-ferryville-103368069.html

Fabrique de bagues dans les tranchées

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Le 6 Novembre 1915 – Les Éparges. « À la gerbe d’or » fabrique de bagues dans la tranchée. Fonds des albums Valois – Département de la Meuse – Volume 35 Cote : VAL 203/071

Sur https://www.pinterest.com/pin/370702613055172407/

Rumeur (fausse) l’ange au sourire racheté par un américain

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L’Ange au Sourire est devenue durant la Première Guerre mondiale le symbole de la cathédrale martyre puis de l’ensemble de la ville de Reims.

Statue anonyme du portail septentrional de la façade principale, elle est décapitée par une poutre de l’échafaudage en flammes, lors de l’incendie du 19 septembre 1914. Pour les journaux, cette statue devient le « Sourire de Reims » ou « L’Ange au Sourire », symbole du génie français et patrimoine détruit par les bombes allemandes. Les rumeurs les plus folles vont d’ailleurs courir à son propos. Ainsi le 6 novembre 1915, le New-York Times rapporte que cette œuvre a été achetée par un richissime américain le colonel Alfred du Pont de Wilmington. En réalité, la statue n’a jamais quitté les caves de l’archevêché de Reims où la majorité des fragments provenant de la cathédrale sont entreposés.

Par Yann Harlaut http://catreims.free.fr/art019.html

Mémoire de familles de Quintenas

6 Novembre 1915, À mes Parents

J’ai été opéré hier. On m’a retiré un petit éclat d’obus. Je suis resté au lit jusqu’à ce matin. Maintenant ça va. Ce goût de l’éther que je n’aime pas a disparu. D’ici deux ou trois jours je remonterai à la Demi-Lune.

Je suis allé voir les cousines Persoud la veille de mon opération. Maintenant j’en aurai encore pour un mois à la Demi-Lune et après huit jours de permission à Montjoux, il faudra redescendre au dépôt.

Peut-être ne serai-je pas à nouveau sur le front avant la fin de Février. C’est pour moi de la chance car je crains moins les balles et les obus que les rigueurs de l’hiver. Il y a de pauvres poilus qui ont les pieds gelés en hiver.

J’espère qu’au printemps prochain on ira de l’avant et que la Victoire viendra couronner les efforts des Français et de leurs alliés. Les hommes ne poussent pas comme des champignons et les Boches en perdent plus que nous, je crois.

Hospice de la Charité, Salle Saint Augustin, Lit 26

Pour en savoir plus: http://familles-de-quintenas.com/journal-de-guerre/annee-1915/bataille-et-blessure/

Lancement d’un hydravion Curtiss AB-2 par catapulte d’un cuirassé américain

http://aama.museeairespace.fr/cetait-hier/novembre.html

http://www.academie-air-espace.com/upload/media/feuilloy.swf

 

 

 

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