(Bande dessinée: la tranchée perdue (avril 1915)

A u début de l’année 1915, il est acquis que ce nouveau conflit opposant la France à l’Allemagne ne va pas durer seulement quelques semaines. Les fleurs ont disparu des fusils, le sentiment d’une victoire imminente s’est évaporé. Il y a déjà de nombreux morts et estropiés. La bataille de la Marne est passée par là. Alors, les armées creusent des tranchées et la guerre de position commence. Jules, Pierre, Jacques, Arsène et leurs camarades s’enterrent, physiquement et moralement. L’ennemi allemand n’est plus visible. Dès lors, l’ennemi, c’est l’ennui, la boue, les poux, les rats, le froid, la faim et la peur. Deux des troufions font une sortie, pour aller voir les filles. Au retour, de nuit, ils se trompent de tranchée ; ils se retrouvent chez les casques à pointe. Et puis, il y a cette découverte et cette rumeur, celles du gaz. Le lieutenant l’assure, il y a des règles, même dans la guerre. Le traité de La Haye, signé en 1899 par les pays belligérants, le stipule : l’emploi de gaz de combat est interdit. Pourtant …

En cette période de commémoration du centenaire du premier conflit mondial, tous les modes d’expression, artistiques ou non, sont mobilisés et sollicités pour répondre au devoir de mémoire. Maurice, un des personnages principaux, écrit dans une lettre les limites de la démarche : « Aucun talent artistique, même le plus développé, ne sera à même de traduire ce qui se passe ici … pas plus qu’aucune imagination humaine ne sera capable de le comprendre. Ceux qui ne l’ont pas vécu ne sauront jamais réellement ce qui s’est passé ici ». Reconnaissons aux auteurs le courage d’inscrire au sein même de leur travail les limites de celui-ci. Cela a le mérite d’interroger sur l’acte de mémoire, qu’il soit œuvre, cérémonie ou analyse scientifique de l’historien. De quoi souhaite-t-on se souvenir, et pourquoi ? Quel tri opère-t-on dans la multitude d’informations disponible sur ce conflit qui a duré quatre ans ? Comment représente-t-on ces événements ? Quoi qu’il en soit, les choix de commémoration en disent autant sur nous-même que sur cette tranche d’histoire proprement dite.

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http://www.bdgest.com/chronique-6914-BD-14-18-La-tranchee-perdue-avril-1915.html

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