467/journal de la grande guerre: 13 novembre 1915

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Rien à ce jour

Carnet de  Frédéric Branche (1 octobre 1894 – 9 juin 1918) Soldat au 99e Régiment d’Infanterie

13 nov. 1915

AchilleMa chère petite Julienne. Il y a longtemps, bien longtemps que je ne t’ai pas écrit et toi aussi d’ailleurs, je crois que tu m’oublies un peu ; sans doute la peinture t’absorbe beaucoup et auprès de Madame G. tu oublies le reste du monde : l’art donne tant de consolation à ses privilégiés et à ses élus ; il paraît que tu croûtes déjà pas mal : il faut empater, empater beaucoup, on n’empate jamais assez : peindre en pleine pâte des croûtes épaisses et résistantes voilà tout le secret.

As-tu compris au moins ce que je t’écrivais sur le verso de la carte. Je suis toujours dans le même endroit ; c’est la campagne au début de l’hiver avec les routes et les chemins pleins de boue en attendant qu’il gèle, le village est sur une hauteur isolée au milieu de la plaine avec à l’horizon tout autour des forêts et la rivière qui serpente dans les pâturages sous un rideau de saules. Avant j’habitais à l’extrémité du village d’où j’avais une très belle vue, mais pour aller à la popote il fallait nager dans la boue. J’ai changé et j’ai déniché une jolie chambre dans la maison même où nous faisons la popote ; il faut dire que j’ai soigné le propriétaire de la maison et le vieux est persuadé que je l’ai sauvé. Figure-toi un vieux bonhomme de paysan casqué d’une vielle toque de loutre qui ne le quitte jamais ; il est doué d’un œil unique qui regarde fixement et d’une orbite vide qui par temps orageux, suinte du pus en larmes : je suis au mieux avec lui depuis que je lui ai sauvé la vie et surtout parce que je m’amuse à le faire causer le soir au coin de son feu, j’écoute avec patience toutes ses anecdotes, comment il a fait fortune, ses procès avec ses voisins et ses champs merveilleux, et tous ses succès aux concours agricoles, et comme je le fais bavarder il me trouve tout à fait à son gré ; sa femme qui est d’une avarice sordide vient aussi de temps en temps – je leur ai demandé de me donner une chambre qui était libre, ils me l’ont donné immédiatement mais la bonne femme a bien recommandé à mon ordonnance de ne pas marcher sur la descente de lit – le vieux s’est mis en tête d’orner la chambre ; ce matin j’étais en train d’écrire il est entré portant un bronze d’art, un taureau gagné à un concours et il l’a mis sur la cheminée, ce n’est pas tout, il a vu des eaux fortes que j’avais mises contre les murs, le voilà qui va décrocher dans les chambres voisines des diplômes et des certificats qu’il a remporté à des concours agricoles ; je l’ai remercié avec effusion et en même temps je suis arrivé à lui faire tout rester en place ; il voulait aussi déménager la pendule et le fauteuil qui étaient dans la chambre du lieutenant pour les mettre dans la mienne ; il veut à tout prix orner ma chambre, cela va devenir une persécution ; il y a dans la maison de vieux oiseaux empaillés, un gros héron tout couvert de poussière, un de ces jours je vais les trouver dans ma chambre ; je peux m’attendre aux bibelots les plus cocasses – pourvu qu’il ne me fourre pas son irrigateur ! à part cela le bonhomme est plein de prévenance et surtout il a du très bon vin blanc.

La suite sur http://bertrand.channac.pagesperso-orange.fr/1stww/Jean13novembre1915.htm

(Marine) le Britannic,le Titanic de la mer Egee

britannic2A l’origine appelé GIGANTIC, le BRITANNIC jaugeait 48 158 tonnes. lancé le 26 Février 1914, il devait commencer sa carrière commerciale Southampton – New York au printemps 1915.

Cependant, il a été réquisitionné par l’amirauté pour être converti en navire hôpital le 13 Novembre 1915, suite aux événements de la première Guerre Mondiale. Il fut réellement prêt pour le service le 12 décembre 1915, et il fut nommé « His Majesty’s Hospital Ship BRITANNIC  »

Sous le commandement du Capitaine Charles A. Bartlett, il embarqua une équipe médicale composée de 101 infirmières, 336 sous-officiers, 52 officiers et un équipage de 675 personnes à Liverpool le 12 Décembre 1915. Il commença son voyage inaugural le 23 décembre 1915 où il fit équipe avec l’AQUITANIA, le MAURITANIA et son frère l’OLYMPIC à Mudros dans les îles de Lemnos, et il fut appelé dans les Dardanelles.

La suite sur: http://www.info-grece.com/forums/le-britannicle-titanic-de-la-mer-egee

Correspondance de Maurice SIEKLUCKI

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13 novembre 1915

« Mon cher tonton,
J’ai reçu hier une longue lettre de ma tante qui m’a fait beaucoup de plaisir. Depuis ce temps je ne fais que penser à faisans et lièvres, j’en ai presque rêvé cette nuit. Peut-être cela arrivera-t-il enfin mais il ne faut jamais trop y compter, car on parle de nous faire prendre les lignes à nouveau. Ils ne s’arrêteront que lorsque nous serons crevés. Comment veux-tu que nous n’ayons pas le cafard quand nous voyons la façon dont on abuse de nous. Hier, après les sept jours de lignes que nous avons pris, et sept jours de ligne ici ce n’est pas rien par ce froid et dans ce secteur, après cela on nous envoie travailler sous les marmites dans la boue, sous la pluie cinglante toute la soirée. Hier matin nous enterrions notre pauvre petit copain, ce soir je retourne pour mettre des fleurs sur sa tombe, il n’y avait même pas de croix et le cercueil n’était pas couvert encore. Un mort et ce n’est utile à rien alors on s’en fiche. Quant aux vivants quels égards a-t-on pour eux ? Comment les nourrit-on ? Comment les loge-t- on ? Comme repos je crois que nous allons reprendre les lignes, quoi de plus naturel, ne sommes nous pas sacrifiés ? Je ne puis que répéter « vite la fin », n’importe comment que ce soit ! A bientôt j’espère le bonheur de vous embrasser. Je vous embrasse de tout mon cœur bien fort, votre neveu, M. Sieklu[cki]. »

http://archives.cg37.fr/UploadFile/GED/General/1225700745.pdf

Carte postale patriotique allemande

iiii 4509

Notre plus jeune soldat »!!
Strasbourg le 13 novembre 1915.

http://lescollectionsdewab.blogspot.fr/2010/04/cartes-postales-patriotiques.html

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