480/journal du 26 novembre 1915: à propos des contributions directes à Reims

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Les contributions à Reims

La suite du conseil municipal proposée dans Le Courrier du jour:

Voici le texte de la motion soumise par M.Gustave Houlon, au conseil municipal de Reims, tendant à la passation en non-valeur de la cote personnelle et mobilière pour l’année 1915. Cette motion n’a pas été adoptée. Elle aurait cependant écarté toutes les difficultés que ne manquera pas de soulever l’établissement des cotes dans les circonstances actuelles.

LES CONTRIBUTIONS A REIMS.Vu le bombardement méthodique et presque journalier subi par la ville de Reims depuis près de quinze mois, qui peut l’assimiler à un champ de bataille permanent pendant cette période.

Considérant que cette situation terrifiante a motivé et explique l’exode des 4/5 de la population, tandis que le reste des habitants, composé pour plus de moitié d’assistés, a dû chercher dans des logements excentriques et surpeuplés, ou dans des refuges souterrains une sécurité relative.

Que les 4/5 des logements fermés empêchent de se rendre compte de leur état de dévastation, mais qu’en raison de la quantité d’obus tombés sur la ville, il n’est pas téméraire de présumer que dans les trois cantons, aucun des immeubles n’est resté indemne des éclats directs, ou des effets des chutes des projectiles ayant anéanti un grand nombre d’entre eux.

Qu’il serait souverainement injuste de voir l’administration financière taxer les locaux dont l’administration militaire empêche la jouissance par une interdiction de retour.

Qu’il serait au contraire de toute équité que la ville de Reims, ayant supporté plus que sa part des coups de l’ennemi, pût compter sur la solidarité nationale pour le reversement des centimes communaux nécessaires au maintien de sa vie administrative, en attendant la reprise de sa vie sociale et économique.

Demande,

que le rôle de la contribution personnelle-mobilière pour 1915 de la ville de Reims soit admis en non valeur en raison de l’état de destruction auquel a été soumise la ville pendant l’année.

Suit l’exposé assez long fait au conseil municipal par M.Gustave Houlonet, pour terminer, cette conclusion du journal:

L’Etat a fait pression sur la municipalité de Reims pour l’amener à accepter le principe de l’exigibilité des contributions durant la délicieuse année 1915. La municipalité avait demandé de l’argent à l’Etat pour remplir sa caisse vide. L’Etat lui a répondu: « je veux bien remplir votre caisse mais à condition que vos administrés me fournissent l’argent »

Ceci prouve que si l’on chante volontiers, en haut lieu, les gloires des « cités martyrs » l on s’entend beaucoup mieux encore à faire chanter leurs contribuables.

Attaque au gaz près de Verdun

Pourtant, le 26 novembre 1915, les Allemands attaquèrent à nouveau par vague gazeuse, au nord-ouest de Verdun, dans la région de Forges et de Béthincourt. Les Français s’y attendaient puisque l’interrogatoire de déserteurs avaient annoncé la mise en action possible des cylindres de gaz récemment installés dans le bois de Forges. D’après ces mêmes renseignements, deux divisions  s’étaient massées dans ce bois, prêtes à suivre la vague. Du côté français, on s’était préparé notamment par une distribution de tampons neufs (tampons P2), en augmentant le nombre d’engins de protection et de lunettes neuves et en formant les hommes. Le 25 après-midi, des trains blindés, véhiculant des canons de 200 et de 155  pilonnèrent le bois de Forge.

Le lendemain, 26 novembre, le temps était calme et une légère brise soufflait du Nord-Nord-Ouest ; la température était très basse (-5 à -10° C, elle descendit pendant le nuit suivante jusque -14°) ; le terrain était recouvert d’une couche de neige de 6 cm d’épaisseur.

L’attaque se produisit à la tombée de la nuit, à 17h07, après un bombardement d’obus de gros calibre. L’action des gaz se fit sentir pendant près de 2h30 ; il y a eu trois émissions successives, séparées chacune par 1/2 heure d’intervalle. Chacune des deux premières émission dura de 5 à 10 minutes ; la dernière fut un peu plus longue. Elles furent annoncées toutes trois par un sifflement. La vague déferla surtout sur le centre D, compris entre le bois en U et le moulin de Raffécourt, puis rencontrant le ruisseau de Forges, elle dévia vers l’Ouest, Sud-Ouest, suivie la vallée sur près de 3 km, si bien que ses effets furent ressentis jusqu’au delà de Malancourt, où se trouvaient les troupes de la 29e D.I.. Il parait probable que la vague ait touché également les tranchées allemandes dans cette région ; on entendit du côté allemand les cris de « Gaz! Gaz!  » et aucune attaque d’infanterie ne fut tentée par l’ennemi. En même temps, l’artillerie allemande déclencha deux tirs de barrage, l’un à la lisière nord de Béthincourt, l’autre un peu plus en arrière entre le Mort-Homme et Chattancourt.

http://www.guerredesgaz.fr/Agression/Lesvagues/Allemandes/261115.htm

Lire aussi: http://58gigi.free.fr/les%20lasselin%20denoyelle.htm

La guerre au jour le jour à travers Le Miroir

Combats à la grenade, en Artois et en Lorraine, sur quelques parties du front.
Notre artillerie a exécuté des tirs efficaces sur des emplacements de mitrailleuses dans la région de Frise (vallée de la Somme) et dans la région de Roye, sur la station de Beuvraignes et sur Laucourt.
Canonnade sur l’ensemble du front.
Sur le front d’Orient, nos troupes ont eu un combat avec les Bulgares, à l’est de Krivolak. Les Bulgares ont été repoussés.
Les Serbes luttent vigoureusement entre Prilep et Monastir et dans le secteur de Katchanick.
Aux Dardanelles, les Turcs ont vainement tenté trois assauts contre le front anglais. Ils ont été décimés par les feux de l’infanterie et de l’artillerie anglaises auxquels se joignaient ceux de l’artillerie française. Nos avions ont par ailleurs bombardé la voie ferrée Constantinople-Dedeagatch.
Le grand emprunt 5% a été ouvert dans toute la France.
La Grèce a remis aux alliés une réponse favorable.
L’armée anglaise du golfe Persique s’est avancée jusqu’aux approches de Bagdad. Elle a fait 800 prisonniers. Elle a 2000 morts et blessés.
Tranchée et poste d’écoute à Loos
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Région de Loos. Tranchée et poste d’écoute. 26 novembre 1915.

Lettre de Henri Barbusse à sa femme

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la suite sur …

 Faucheurs de joncs dans les marais de Saint-Gond

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.. Faucheurs de joncs surpris par le dégel (36° territorial). Marais de Saint-Gond, 26 novembre 1915 de Broquet Espérance Léon – Agrandissement

Carte de Reims à Alexandrie

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Vendredi 26 novembre 1915
Ma chère Isabelle,
nous voilà dans les baraquements en planches où le froid ne s’y fait pas trop sentir malgré sa vivacité au dehors.
La santé est toujours excellente.
Reçu une lettre de cousine Jeanne où elle me dit qu’elle t’a écrit.
Je rentre, la neige tombe.
Recevez tous mes meilleures caresses avec deux toutes particulières pour toi et ma Raymonde.
Ton bien aimé.

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