486/journal du 2 décembre 1915: le général Joffre nommé commandant en chef des armées françaises

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Bombardement sur les batteries, aux mêmes endroits que le 30 novembre

La guerre au jour le jour: 2 décembre à travers Le Miroir

Activité d’artillerie sur divers points du front.
Nos batteries et les batteries anglaises ont occasionné de gros dommages aux organisations ennemies en Belgique à l’est de Boesinghe. Une brèche de trente mètres a été ouverte dans une redoute.
Canonnade en Artois (Bois en Hache, chemin creux d’Angres, route de Béthune).
Bombardement réciproque à notre avantage entre Somme et Aisne, et particulièrement près de Roye.
Notre artillelie a attaqué un train blindé sur la route Chaulnes-Roye, et l’a forcé à rétrograder.
Nos batteries ont dispersé une colonne ennemie au nord-est de Soissons, sur la route de Bressy à Vregny.
Les Russes ont progressé près de Dwinsk et sur le Styr.
Les Austro-Allemands ont occupé Prizrend, à la frontière albanaise. Il y a accalmie dans le secteur français de Macédoine.
Le Reichstag a ouvert sa session eu entendant un discours de son président, plein d’un optimisme de commande.
Le Parlement italien s’est réuni. M.Sonnino, ministre des Affaires étrangères, a annoncé l’adhésion de son pays au pacte du 5 septembre 1914.
MM. Asquith, premier ministre, et Mac-Kenna, chancelier de l’Echiqier, ont harangué les représentants des Trade-Unions et leur ont recommandé la modération.

 

Le général Joffre a été nommé commandant en chef des armées françaises

Par décret en date du 2 décembre, le général Joffre a été nommé commandant en chef des armées françaises : il ne commandait jusqu’ici que celles du Nord et du Nord-Est. On a beaucoup discuté sur le caractère véritable de cette décision, qui nous parait très simple. Sir Édouard Grey a dit un jour, avec infiniment de raison, que tous les fronts où s’exerce l’activité militaire des Alliés étaient solidaires. Que l’un d’eux soit le plus important de tous et qu’il doive être le principal objet de nos préoccupations, personne ne le contestera. Le jour où l’ennemi reculera sur notre frontière du Nord et du Nord-Est, la guerre sera près de son dénouement. Mais, en attendant, ce qui se passera ailleurs, et même à une distance considérable, aura une influence rapide et profonde sur cette frontière même dont nos cœurs et nos yeux ne sauraient se détacher. Voilà pourquoi les pouvoirs du général Joffre devaient recevoir une extension nouvelle. On ne saurait trop approuver les termes du rapport que M. le ministre de la Guerre a adressé à ce propos à M. le Président de la République. « L’expérience, y lisons-nous, des faits actuels, qui se déroulent sur plusieurs théâtres d’opérations, prouve que l’unité de direction, indispensable à la conduite de la guerre, ne peut être assurée que par la présence, à la tête de toutes nos armées, d’un seul chef, responsable des opérations militaires proprement dites. » Ce chef ne pouvait être que le général Joffre : c’est donc lui qui a été désigné, et l’on ne pouvait mieux résoudre la première question qui se posait. Mais il en reste une seconde, à savoir comment et par qui, sous la direction supérieure du général Joffre, sera exercé le commandement de nos armées du Nord-Est. Il est fâcheux que les deux questions n’aient pas été résolues en même temps. Ces retards laissent l’opinion incertaine, ce qui ne va pas sans inconvénient : et l’inconvénient augmente à mesure que l’indécision se prolonge.

https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_14_décembre_1915

Sortie de La Baïonnette

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Hartmannswillerkopf: la montagne de la mort

L’offensive est déclenchée le 21 décembre 1915 à 9h. Les positions allemandes tenues par le 14e Jäger, le RIR78 et le LIR99 sont écrasées cinq heures durant par 25000 obus. Plus de 300 canons y participent. L’infanterie part à l’assaut à 14h15. Le 27e et le 28e BCA s’emparent du Hirtzenstein. Le 15-2 s’empare de la Feste Rohrburg, de la Feste Großherzog puis déborde l’Ausssichstfelsen et descend jusqu’à la courbe 6 de la voie serpentine. D’autres sections du 15-2 s’emparent du Bischofshut et de la courbe 7. Le 5e Bataillon de Chasseurs à pied (BCP) déborde par le nord jusqu’à la Schlummerklippe et descend jusqu’à la cote des 700 mètres. Il n’y a que le 23e RI et 15e BCP qui échouent à prendre l’Unterer Rehfelsen. Les Allemands sont totalement débordés et jettent dans la bataille tous les hommes pouvant tenir un fusil, même les non-combattants comme les cuisiniers ou les ouvriers. L’assaut français s’arrête 150 m avant le poste de commandement allemand. Les pertes importantes (plus de 400 hommes), la nuit et l’absence de liaison avec l’arrière sont la cause de cet arrêt. L’État-major français ne s’est pas douté qu’ils étaient à quelques mètres de la percée définitive de la ligne de front. Les Allemands ont perdu 800 hommes et 1400 hommes ont été faits prisonniers. Les Allemands se reprennent très vite et durant la nuit amènent à pied d’œuvre le 8e Reserve Jäger basé à Soultz et les LIR40 et LIR56 basés à Mulhouse.

http://www.lieux-insolites.fr/cicatrice/14-18/hwk/hwk.htm

Lettre des tranchées de Eugène Boissière (167 ème RI)

boisLe 2 décembre 1915

Mademoiselle Yette
Vous excuserez d’abord que je mette ce diminutif mais je ne vous cache pas qu’il me plait beaucoup et puis n’êtes vous pas d’avis que puisque nous allons être maintenant amis il serait préférable de ne pas s’appeler par monsieur et mademoiselle c’est vraiment trop froid et ça n’exprime guère l’amitié.
J’ai reçu votre lettre aujourd’hui et devant votre gentille réponse je m’empresse d’y répondre.
Il est donc bien entendu que nous allons maintenant être bons amis, ça me fait maintenant plaisir, et en plus du plaisir que j’aurai à recevoir vos lettres j’aurai encore celui de pouvoir vous écrire et vous raconter un tas de petites choses sur ma vie de sauvage.
Et puis vous êtes gaie me dites- vous, tant mieux je le suis aussi, peut être un peu moins actuellement mais je m’efforcerai de ne pas le faire voir.
Le principal c’est que la guerre dure encore beaucoup afin que nous puissions correspondre encore longtemps n’est ce pas votre avis ? Et puis dans quelques semaines j’espère aller voir Paris ce qui me permettra de faire plus amplement connaissance.
Sur ce je vous quitte en vous envoyant mes bonnes amitiés.
Geynos
PS : Je ne signe pas de mon nom car vous devez connaître nom surnom c’est une habitude ! Et cela vient de ma soeur.

http://167e.regiment.free.fr/167e%20Regiment%20infanterie%20boissiere.html

 

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