489/journal de la grande guerre/5 décembre 1915

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Les avions de part et d’autre circulent beaucoup depuis quelques temps, malgré la chasse que leur font journellement les artilleries diverses.

Tandis que nous traversons, aujourd’hui, la place de la République pour regagner l’avenue de Laon, M.Vigogne et moi nous arrêtons pour regarder un aéro qui vient de faire « le looping ». ceci nous a surpris: c’est la première fois que l’un et l’autre nous avons vu exécuter ce tour d’acrobatie. Comme il recommence, nous voyons fort bien, plusieurs fois encore, son blindage scintiller au soleil, lorsqu’il se retourne dans le ciel tout bleu.

Pendant midi, place Amélie-Doublié, un bruit de mitrailleuses en l’air attire ma soeur à la fenêtre; j’y vais également et nous voyons deux avions, l’un des nôtres et un boche se croiser et se combattre en tiraillant. Après cette courte alerte, il nous semble que l’Allemand retourne dans ses lignes.

La guerre au jour le jour à travers Le Miroir

Le mauvais temps gêne les opérations. Canonnade intermittente sur divers points du front. Quelques obus tombent à l’est de Grenay et autour de Sapigneul. Contact de patrouilles en Artois.
Lutte de mines en Argonne, à la Haute-Chevauchée et aux Eparges.
En Woëvre, nous démolissons une grosse pièce qui avait été signalée à l’est de Saint-Mihiel.
L’artillerie belge a bouleversé les travaux ennemis et contrebattu l’artillerie ennemie près de Dixmude.
Sur le front d’Orient, faible bombardement par les Bulgares de la gare de Krivolak.
Sur la Cerna, nous arrêtons des reconnaissances ennemies. Canonnade dans les secteurs de Doiran et de Stroumitza.
Les Anglais, devant l’arrivée des renforts turcs, se sont repliés en arrière de Ctésiphon, en Mésopotamie. Leurs pertes totales sont de 4500 hommes.
Le gouvernement américain a réclamé le rappel de l’attaché militaire et de l’attaché naval allemands à Washington, Boy-Ed et von Papen, dont la culpabilité avait été démontrée dans les complots progermains récents.
La Chambre italienne a exprimé sa confiance dans la politique générale du cabinet Salandra.

Photo avion abattu le 5 décembre 1915: deux aviateurs tués

Le 5 décembre 1915, l’escadrille de Guynemer est baptisée N3, après avoir été rééquipée avec des chasseurs Nieuport 10. Sur ces avions plus performants, Guynemer s’impose rapidement comme l’un des meilleurs pilotes français

http://www.anatc-tnb.fr/memoire/GeorgesGuynemer.pdf

 

 

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