508/journal du 24 décembre 1915: « En ce jour de Noël, je ne me suis jamais senti aussi seul »

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Rien à ce jour

Journal du 24 décembre à travers Le Miroir

Notre artillerie s’est montrée active en Artois (région de Givenchy et abords de la route de Lille).
Nous avons bombardé efficacement un convoi automobile sur la rive nord de l’Aisne, entre Condé et Vauteuil.
Lutte de mines en Woëvre (sud-est de la forêt d’Apremont).
A l’Hartmannswillerkopf, à la suite de contre-attaques ennemies, nos éléments de gauche sur les pentes au nord du sommet sont revenus à leurs positions de départ.
Au centre et à droite, sur les croupes au sud-est du sommet, et plus au sud jusqu’en face de Wattwiller, nous avons gardé entièrement le terrain conquis sur un front de 2 kilomètres. La neige a interrompu les opérations finalement. L’ennemi a canonné les pentes nord et le sommet de l’Harmannswillerkopf.
Les Turcs ont ramené à Constantinople une partie des troupes de Boulaïr (presqu’île de Gallipoli).
La concentration austro-allemande s’accentue à la frontière de la Macédoine grecque.
M. Skouloudis annonce qu’il va remettre sa démission au roi Constantin.
Une panique a eu lieu à Hambourg, sur la rumeur de l’arrivée d’avions alliés.
Les Russes ont remporté des succès et fait des prisonniers sur le front de Galicie.

 

« En ce jour de Noël, je ne me suis jamais senti aussi seul »

24 Décembre 1915, vallée de la Thur (Alsace)

Je ne dors pas, je ne dors plus, je n’y n’arrive plus. Je le voudrai pourtant, oublier ne serait-ce que quelques minutes l’horreur de ce trou, ce trou dans lequel je me trouve, où les rats pullulent et viennent ronger ce qui reste de mes amis de combat, morts pour la France, pays de mon enfance que je viens à peine de quitter.

En ce jour de Noël, je ne me suis jamais senti aussi seul. Simon, mon ami de toujours, a abandonné ce qui lui restait de vie, gangréné jusqu’à son dernier souffle par cette fichue maladie qui porte si bien son nom. Mort dans mes bras, mes larmes dégoulinantes sur la dépouille de celui que je devais ramener promesse tenante à sa famille. Aujourd’hui, j’ai envie d’abandonner ce combat. Puis, je pense à mon Amour et à mon enfant que je n’ai pas eu le temps de voir naître. Je n’ai pas le droit de les abandonner.

http://www.civfrance.com/sites/default/files/24_decembre_1915.pdf

La gazette des Ardennes décembre 1915

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http://numerique.bibliotheque.bm-lille.fr/sdx/num/Jx-342bis/1915/1915_12/1915_1224/B_593506101_Jx342bis_19151224_001?format=pdf

Souvenirs de guerre 1914-1918
de Théodore Gustave Chopplet

Le 24 décembre 1915, le bataillon de douaniers est dissous et Gustave CHOPPLET est affecté au 36ème régiment d’Infanterie (commandé par le Lieutenant-Colonel Jèze), 2ème bataillon, 5ème compagnie. Il est caporal. 

Ce régiment, formé à Caen, se reconstitue après les durs combats qu’il a soutenus depuis la déclaration de guerre : Charleroi, la Marne, l’Artois, la Somme. Les unités, en attente des renforts nécessaires, sont à l’instruction.
Fin décembre, il occupe le secteur de Dampierre-Fay, bombardé continuellement par l’artillerie ennemie (la défense s’organise dans la boue), Becquincourt (12 km à l’ouest de Péronne), Proyart.

http://hlucile.free.fr/histoires/familles/chopplet_gustave.htm

Castellorizo devient française

cast1fCet ilot du Dodécanèse, d’une superficie de 28 Km carrés est situé en bordure de la côte turque, à 125 Km à l’est de l’île de Rhodes ; on disait encore au début du siècle en « Turquie d’Asie » . La marine française en prend possession le 24 décembre 1915 et en fait la base de sa première armée navale. Elle restera Française jusqu’au 21 Août 1921, date à laquelle elle est remise aux autorités italiennes. Aujourd’hui après bien des changements, l’île de Castellorizo fait partie de la Grèce, suite au Traité de Paix de Paris de 1947 entre l’Italie et les Alliés de la Seconde Guerre mondiale. Son histoire philatélique est liée à celle des bureaux de postes français du Levant établis à partir des années 1830. La poste, dans ces années-là, faisait offlce d’ambassadeur français dans ces pays. Profitant de la désorganisation de l’Empire Ottoman, le gouvernement français y avait établit un très grand nombre de bureaux de poste que l’on appellaient alors Echelles du Levant, ce qui signifie « escales », Cette petite île devient donc française en 1915.

http://www.coppoweb.com/merson/etranger/fr.me_cas.php?nobloc=1&print=yes

Lettres des tranchées d’Eugène Boissière

le 24 décembre 1915

Ma chère petite Yette

Deux mots afin de ne pas passer la veille de Noël sans vous envoyer de mes nouvelles qui sont bonnes d’ailleurs.
On voit que les fêtes de Noël on du changer le service de la poste car voici deux jours que je suis sans nouvelles de personne. Enfin j’attends demain avec impatience.
Rien à signaler sur le reste du front.
Deux bons gros baisers pour notre petit Noël.

Pour en lire plus: http://167e.regiment.free.fr/167e%20Regiment%20infanterie%20boissiere.html

La main de Massiges et l’évacuation des blessés

Le 24 décembre 1915, la 8 Division d’infanterie arrivait dans le secteur et devait le tenir jusqu’au 27 juin suivant. Elle était formée de deux brigades d’infanterie, la 15 avec le 130 et le 317, la 16 avec le 115 et le 117. Son front s’étendait de Maisons de Champagne jusqu’au milieu de l’Annulaire et était divisé en deux sous-secteurs : celui de l’est, qui comprenait le Mont-Têtu, était confié à la 16 Brigade. Un de ses deux régiments était au repos à Courtémont, l’autre avait deux bataillons en ligne et un en réserve. Devant l’importance du Mont-Têtu, le m ê m e bataillon du 115, qui occupait ce point particulier, passait six jours en ligne et six jours au repos à Courtémont. C’est de cette partie du front que nous nous occuperons spécialement. Pour monter en ligne,les hommes, partis de Courtémont la nuit, par la pluie,la neige, le brouillard, le verglas, lourdement chargés, arrivaient à la Demi-Lune. Là commençait un boyau qui se dirigeait vers l’Index. Il était encadré par de nombreuses batteries de 75. Peu avant le ruisseau de l’Etang, il s’arrêtait et il existait à cet endroit une zone découverte, sorte de carrefour entre le boyau de la Cote 180 et ceux de l’Index et le ravin du ruisseau de l’Etang.

http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx1978x012x001/HSMx1978x012x001x0079.pdf

 

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