514/journal du 30 décembre 1915: lettre de Blanche à Georges Blond

Carnets du rémois Paul Hess(extraits)

Rien à ce jour

Journal du jeudi 30 décembre 1915 à travers Le Miroir

L’artillerie s’est montrée active, de part et d’autre, en Belgique et en Artois.
Au nord de l’Aisne, nous avons détruit par notre tir des abris de mitrailleuses et dispersé des travailleurs autour de la Ville-aux-Bois.
En Argonne, nous avons fait exploser deux mines au nord de la Fille-Morte. Un poste allemand a sauté.
Sur les Hauts-de-Meuse, nous avons canonné une batterie allemande repérée au bois de Warmont, au nord-est de Saint-Mihiel.
Canonnade assez vive dans les Vosges, entre Fecht et Thur, et violente à l’Hartmannswillerkopf.
L’ennemi a contre-attaqué; malgré tout, nous sommes restés maîtres d’une série d’ouvrages allemands entre le Rehfelsen et le Hirzstein; 300 Allemands ont été pris; nos captures totales s’élèvent à 1668. Les pertes de l’ennemi sont très considérables.
Les Russes ont obtenu un succès sérieux près de Riga, où une division allemande et demie leur était opposée.
Le cabinet anglais continue à délibérer sur la conscription. On croit que la majorité de ses membres sont disposés à établir le service obligatoire pour les célibataires.
Les Serbo-Monténégrins ont victorieusement refoulé les armées autrichiennes sorties de Bosnie et d’Herzégovine.
Les Athéniens ont célébré la fête de M. Venizelos.

Lettre de Blanche à Georges Blond

Blanche, 30 décembre 1915 :
Mon Georges chéri. Tu me reproches, mon amour, ma tristesse en ce moment. Comment veux-tu qu’il en soit autrement. N’ai-je pas bien des raisons pour me tourmenter et quand je pense que tu es, relativement aux autres, à l’abri je me considère comme étant bien heureuse. Je me demande comment les autres peuvent supporter cette inquiétude.
[…]
Mon Georges chéri que je te voudrais, que je voudrais appuyer ma tête sur toi. Je me rappelle aussi le jour où j’avais du chagrin, une gronderie d’Antoine [leur fils] et où tu as mis ma tête sur ton épaule, en me disant que c’était là, maintenant que je devais pleurer. Il y a bien longtemps. Depuis j’ai retrouvé bien souvent cette place. Nos bonheurs, nos chagrins tout ne fait qu’un depuis longtemps et maintenant je suis loin de toi et je ne sais plus où appuyer ma tête.

Parution de la baïonnette

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http://labaionnette.free.fr/1915/b026.htm

 

 

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