523/journal du 8 janvier 1916: carnets de notes de Théode Bonvallet entre Romain et Guyencourt (51)

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Rien à ce jour

Journal du samedi 8 janvier à travers Le Miroir

En Artois, nous avons bombardé à nouveau la gare de Boisleux-au-Mont, au sud d’Arras, interrompant le trafic de la ligne.
Nous avons exécuté un tir de destruction efficace sur les positions ennemies du plateau de Nouvron, au nord-ouest de Soissons. Nous avons détruit deux postes allemands.
Canonnade active en Champagne. Nous avons dispersé un fort groupe de travailleurs au nord de Somme-Py et un convoi près de St-Souplet, et bombardé des tranchées vers Maison-de-Champagne et la Main-de-Massiges.
Dans le secteur de Vauquois (Argonne), une de nos mines a fait sauter un petit poste allemand.
A l’est de la Meuse, une de nos pièces a longue portée a jeté le désarroi dans une colonne allemande à Billy-sous-Mangienne, au nord d’Etain. Au nord de Saint-Mihiel, nos batteries ont provoqué des explosions.
Onze avions anglais ont exécuté un raid de bombardement à Sars ( route d’Albert à Daparno).
Les Communes anglaises ont voté en première lecture le projet du service obligatoire par 403 voix contre 105. Les trois ministres travaillistes ont démissionné.
Les Monténégrins ont repoussé les Autrichiens sur le front Berana-Rojai.
Les Italiens ont progressé autour de Riva (lac de Garde).

Note du 8 janvier 1916sur le combat offensif des petites unités

Il faut  attendre le 8 janvier 1916 pour que l’Instruction sur le combat offensif des petites unités reconnaisse officiellement qu’« on ne lutte pas avec des hommes contre du matériel »…
Les nettoyeurs de tranchées

Carnets de notes de Théode BONVALLET entre Romain et Guyencourt (51)

Samedi 8 janvier 1916 :

Réveil à 5 heures. Préparatifs de départ. Un copain partant en permission emporte mon fusil boche et un paquet pour laisser à Paris. A 7 heures, nous partons. Il fait beau quoiqu’ayant plu toute la nuit. Nous traversons Romain et Ventelay où nous faisons une petite halte. Ces pays se trouvent dans une vallée profonde, très humide. Nous allons cantonner à la Ferme de la Loge Fontaine : grands bâtiments situés sur le haut d’une côte au milieu des bois. Situation stratégique de premier ordre. Cette ferme était occupée par un allemand qui s’enfuit avec les siens au moment de leur retraite. Il y a déjà une batterie d’artillerie lourde. J’ai fait environ 7 à 8 km mais une bonne partie toujours en montant et sur de mauvaises routes. Je ne me sens pas trop fatigué. J’ai comme logement une étable à vaches : assez mauvaise installation. Vers midi je vais faire un tour avec un ami pour découvrir le bas de la vallée. Bourgogne, Bouvancourt, Guyancourt, le moulin de Rouvroy, la ferme Le Faîté… Il y a beaucoup de gibiers dans la plaine. Nous levons 6 lièvres et de nombreuses perdrix. Vers 16 heures je retourne dans la plaine et les bois où nous découvrons des traces de sangliers, espérant en trouver leur bauge pour pouvoir aller à l’affût le soir mais nous n’en trouvons pas de trace. Revenant, je mange de bon appétit et nous faisons une séance de danse, moi, comme spectateur. Il faut cela pour nous réchauffer tellement il fait froid dans cette maudite étable. Je me couche vers 20 h 30 et ne tarde pas à m’endormir.

 

 

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