536/journal de la grande guerre: 21 janvier 1916

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Cantonade très forte ces trois jours, dans la direction de Berry-au-Bac

La journée du vendredi 21 janvier 1916 à travers Le Miroir

Entre Oise et Aisne (région de Puisalaine), quelques contacts de patrouilles.
Entre Somme et Avre, nous bombardons, près de la gare de Chaulnes, des établissements occupés par l’ennemi. Ce tir a provoqué un incendie suivi d’explosions.
Au nord du l’Aisne (route de Corbeny), nous avons dispersé une colonne ennemie. Nous avons causé des dommages sérieux à l’ennemi aux environs de la ferme du Choléra.
En Champagne, nous avons dispersé un convoi de ravitaillement sur la route de Ville-sur-Tourbe à Vouziers.
Un taube a jeté, sans aucun effet trois bombes sur les faubourgs de Lunéville. Nous avons capturé deux officiers aviateurs allemands à Ogeviller (sud-est de Lunéville).
Seize avions britanniques ont bombardé le dépôt d’approvisionnement de Lesars (nord-est d’Albert). Le communiqué anglais signale dix-neuf combats aériens dans la même journée.
Les journaux autrichiens reconnaissent que l’offensive russe redouble d’acharnement en Galicie.
Le roi du Monténégro annonce qu’il reste à Scutari pour organiser la résistance. Il a envoyé sa famille en Italie d’où elle passera en France.
Un sous-marin anglais s’est échoué sur la côte de Hollande.
Une partie des troupes bulgares et allemandes qui devaient opérer contre Salonique, ont été rappelées vers le nord.

Journal du « soldat inconnu »

21 janvier 1916 : C’est mon premier jour au front Ouest. Il fait très froid : tout est gelé. La température doit bien atteindre les moins cinq degrés. J’ai dix-huit ans révolus depuis une semaine à peine et me voilà en terrain inconnu. J’ai décidé de laisser le Sud et son doux climat derrière moi. Maintenant je suis là, seul. Personne ne me connaît. Je ne connais personne. Engagé comme volontaire, je n’ai qu’une obsession depuis l’an passé : venger mon père. Un jour, mon père m’a écrit que l’ « on ne pouvait pas comprendre la guerre sans l’avoir vécue. » Je comprendrai la guerre et je l’apprivoiserai ! VENGER MON PERE. Je ne le pardonnerai jamais aux Allemands. Jamais. Quitte à ce que je meure, ces sales « Boches » vont payer.

http://colleges.ac-rouen.fr/dufy/IMG/pdf/journal_d_un_poilu.pdf

LA CARTE PHOTO DU JOUR

21 01 1916
Des allemands quelque part en France. Photo fournie par Jean-Hugues Crétin, de Reims
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