545/journal du 30 janvier 1916: L’aviateur Charles Nungesser victime d’un grave accident d’avion

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Rien à ce jour

Journal du dimanche 30 janvier 1916

En Artois, à l’ouest de la cote 140, nous avons, par une vive contre-attaque, repris une partie des éléments de tranchée occupés par les Allemands. Au cours de cette opération, nous avons délivré une cinquantaine de soldats français faits prisonniers par l’ennemi.
Au sud du chemin de la Folie, l’ennemi a tenté de reprendre des entonnoirs conquis par nous. Il a été repoussé.
Au sud de la Somme, après un violent bombardement, les Allemands ont attaqué nos positions sur plusieurs kilomètres de la boucle de la Somme à Frise. L’attaque n’a réussi que sur un point, au village de Frise, qui était tenu par une de nos grand-gardes. Elle a été partout, ensuite, enrayée et nous avons repris quelques-unes des tranchées perdues.
Une attaque allemande a été brisée près de Lihons. Près de Lassigny, nous avons dispersé un convoi.
Au nord de l’Aisne, nous avons bouleversé les organisations ennemies du plateau de Vauclerc.
En Lorraine, tir efficace de notre artillerie sur les ouvrages adverses entre Nomény et Eply.
Quatorze de nos avions, près de Doiran (secteur de Macédoine) ont bombardé des campements ennemis.
Les alliés ont occupé la presqu’île de Karabournou, qui ferme l’entrée de la rade de Salonique.
Les Russes ont écrasé une colonne turque sur le front du Caucase et battu d’autres forces turques en Perse.
Le gouvernement américain a fait des propositions aux deux groupes belligérants au sujet de la guerre navale.
Un zeppelin a jeté des bombes sur Paris, faisant vingt-trois morts et de nombreux blessés.

L’argot des tranchées

distribution-de-pain-et-de-tabac-autrement-dit-de-bricheton-et-de-gros-cul-ou-de-gros-q-(tabac-regimentaire)-image-dr-1441964594Le dimanche 30 janvier 1916, Le Courrier de Saône-et-Loire observe une sorte de trêve, une sorte de parenthèse qui est teintée d’un zeste d’humour. Cette chronique apparaît comme une sorte de récréation dans le flot de nouvelles peu réjouissantes, voire dramatiques, dont le journal est malheureusement contraint d’abreuver ses lectrices et ses lecteurs, chaque jour de la semaine.

Le bonhomme et son barda

« M. Maurice Barrès consacre, dans L’Écho de Paris , un long article à l’argot de nos soldats. En voici quelques extraits : le buste du Poilu, la partie de son corps qui contient l’estomac et les entrailles, qui est, par conséquent, le réceptacle de la nourriture, se nomme pour ce motif coffre, bide, buffet, lampe. Rien ne fait plaisir comme de s’en flanquer plein la ­lampe. »

« Le Poilu met ses jambes, ses quilles, ses pattes, ses arpions, son compas, dans un objet appelé par certains pantalon, mais par lui falzar, fendard, froc, fourreau, grimpant. On voit le geste de l’homme qui s’habille…

À ses pieds, panards, ripatons, il enfile ses godillots ou, si vous préférez, des godasses, des groles, des croquenots, des ribouis, des péniches (le pied du soldat est généralement mignon), des chaussettes à clous, des pompes, (à l’usage de l’eau des tranchées probablement). »

« Tout le monde connaît Azor, le sac ; Melle Lebel, le fusil et Rosalie, la baïonnette, trois fidèles amis du troufion. »

« Le temps où le Poilu couchait dans un lit appelé pajot ou plumard, en raison sans doute de l’absence de plumes dans sa literie, est maintenant passé. Il dort quand il dort, et alors, il pionce, il roupille, il en écrase sur la terre, heureux d’avoir de temps en temps un peu de paille en guise de drap ou de sac à viande. Au repos, en arrière, il trouve quelquefois un lit. Quelle joie, quelle nouba, quelle foire ! Mais la chose est rare depuis que le Poilu habite la tranchée et ses gourbis, ses cagnas, ses calebasses. »

http://www.bienpublic.com/cote-d-or/2014/08/11/l-argot-des-tranchees

L’aviateur Charles Nungesser victime d’un grave accident d’avion

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Le 30 janvier 1916, s’étant porté volontaire pour tester un nouveau type de chasseur, il est victime d’un terrible accident au décollage et passe deux jours dans le coma. Il entame alors une difficile convalescence. Moins de deux mois plus tard, pendant sa rééducation, il est porté jusque dans  un avion, décolle et effectue des acrobaties devant une assistance stupéfaite.

Désormais incapable de monter seul dans son avion ou de marcher sans canne, il rejoint malgré tout son escadrille en mars 1916, en pleine bataille de Verdun. Il y acquiert une renommée internationale. C’est là qu’il revient triomphant d’un combat aérien où, à court de munitions et avec un appareil très endommagé, il décide de voler au milieu de la formation ennemie, les empêchant ainsi de lui tirer dessus sans toucher un des leurs.

http://www.emia54.fr/10-traditions-et-promotion-emia54/93-le-parrain-de-promotion-2

 

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