548/journal du 2 février 1916: essai du char français Schneider CA1

Carnet du rémois Paul Hess (extraits)

Bombardement serré vers Saint-benoît et les casernes Neufchâtel.

Loi du 2 février 1916 tendant à réprimer le trafic des monnaies et espèces nationales.

La confiscation des espèces et monnaies nationales ayant donné lieu au trafic sera obligatoirement prononcée à l’encontre des délinquants. Les monnaies confisquées seront attribuées à la caisse de gestion des bons de la défense nationale et d’amortissement de la dette publique.

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006072708&dateTexte=

Journal du mercredi 2 février 1916 à travers Le Miroir

Lutte d’artillerie assez vive en Artois, an sud de la cote 119. Au nord-est d’Arras (route de Saint-Nicolas à Saint-Laurent), un détachement ennemi a tenté une attaque, qui a été arrêtée à coups de grenades. Au sud de Thélus (route de Lille), nous avons effectué sur les positions ennemies un bombardement qui a provoqué un incendie suivi d’explosions.
Entre Avre et Oise, nous avons bombardé les tranchées ennemies de Beuvraignes et de Fresnières, et canonné des convois vers Lassigny.
Action d’artillerie sur les ouvrages adverses de Beaulne et de la ferme du Choléra (nord de l’Aisne) ainsi qu’à l’est de Saint-Dié (région de la Faye).
Sur le front belge, lutte d’artillerie au sud de Dixmude.
Une escadrille de zeppelins a survolé l’est, le nord-est et le centre de l’Angleterre, faisant 54 morts et 67 blessés.
La presse allemande est unamine à glorifier le raid qui a été effectué sur Paris et à invectiver les neutres qui le critiquent.
Les Russes poursuivent leur marche au sud du Caucase, descendant dans les régions moyennes et moins froides de l’Arménie turque.
L’armée égyptienne a été mobilisée en prévisions d’une attaque improbable désormais

Un dessin du 2 février 1916: vers l’usine. La victoire

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Journal du 36 ème RI

3 février 1916.- Après-midi du 2, nuit matinée du 3 calmes, canonnades intermittentes et réciproques.
Aucun événement important à signaler. Une de nos patrouilles a été prise dans une rafale d’artillerie allemande, un sergent et un homme ont été blessés par éclats.
16 bombes Cellerier et 10 grenades Aasen ont été tirées sur un ouvrage ennemi situé entre la Ferme Brûlée et le point 580.
Protection de la pièce du Bois Touffu par pose de 40 piquets et fil de fer barbelé ; même protection pour la pièce du bois des Cuisines.
Pertes : un sergent et un homme blessé par éclats d’obus.4 février
Dans l’après-midi du 3 à 17h00, explosion d’un fourneau ennemi surchargé. Ce fourneau ne devait pas être chargé de poudre, peu de fumée, grande flamme et pas de gaz.
Résultat de l’explosion : l’entonnoir présente la forme d’une ellipse dont le grand axe, de 30 m environ, est orienté du NE au SO et situé à 25 m environ du saillant sud de Payan. La lèvre et plus élevée de notre côté que du côté ennemi. Nos nouvelles galeries B »’ et D » ont très peu souffert.
Le PP du saillant sud de Payan a été détruit et les tranchées y accédant recomblées sur 15 à 20 m de long. L’entrée de la galerie C » est éboulée.
Pertes : Le PP occupant le saillant a été enseveli par les terres provenant de l’entonnoir. Elles s’élèvent à cinq ou six hommes pour l’infanterie.
Les écouteurs du génie venaient de quitter le réseau Payan-Rajon pour faire leur rapport quotidien au PC. La relève des travailleurs allait se faire à B »’ et D », le génie n’a donc aucune perte.
Mesures prises : un petit poste est immédiatement organisé à l’emplacement de l’ancien, des boyaux d’accès sont creusés par les sapeurs du génie, pendant que des travailleurs d’infanterie organisent la position avec l’aide du génie.
Nuit calme aucun incident à signaler dans la région Payan, coups de fusils isolés.
Matinée du 4, bombardements intermittents, rien d’important à signaler.
Pertes : un caporal, quatre hommes ensevelis par explosion de la mine. Un homme tué par balle.
(Mouvement du 2e bataillon, voir au 5 février)

Essai du char français Schneider CA1

De leur côté, les Français, sous l’impulsion du Général Estienne, qui fut baptisé le « père des chars », développèrent leur propre version d’un engin blindé, le char Schneider CA1 testé en février 1916, puis le char Saint Chamond en septembre 1916. Néanmoins, le char le plus utilisé dans l’armée française fut le FT-17, testé en mars 1917 et produit à plus de 3500 exemplaires.

Quant aux allemands, ils ne crurent pas en la capacité de cette arme nouvelle et ne produisirent que 20 exemplaires de leur char A7V, dont le premier exemplaire fut présenté le 1er octobre 1917. Un monstre haut de 3,35 mètres pour 7,35 mètres de long et 33 tonnes, pouvant accueillir jusqu’à 28 hommes d’équipage, qui fut engagé pour la première fois le 21 mars 1918, lors de la première offensive allemande de 1918. En revanche, les Allemands réutilisèrent les nombreux chars capturés aux alliés en leur donnant le nom de « Beutepanzer ».

Marine: le Jean Bart II coulé

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1 citation à l’Ordre de l’Armée
Le caboteur JEAN BART II, commandé par le second-maître de manœuvre BOCAGE,  a coulé sur une mine (torpillé), le 2 février 1916, au large de Durezzo, au cours d’une opération militaire ».

Russie: l’écroulement du tsarisme

Le mercredi 2 février 1916, il est noté que le président du Conseil Gorémykine est relevé de ses fonctions pour raison de santé (il a quatre-vingt-sept ans) et remplacé par Boris-Wladimirovitch Sturmer, membre du Conseil de l’Empire. Voici les renseignements que M. Paléologue a recueillis sur celui-ci : « Personnage au-dessous du médiocre. Intelligence pauvre, esprit mesquin, caractère bas, probité suspecte. Aucune expérience, ni aucun sens des grandes affaires. Habitude de la ruse et de la flatterie. Origine germanique. Petit-neveu du baron Sturmer, commissaire du gouvernement autrichien pour la garde de Napoléon à Sainte-Hélène. Le choix de ce personnage a été imposé par la camarilla de l’impératrice, et vivement patronné par Raspoutine, avec lequel Sturmer est familièrement lié. » Notre ambassadeur conclut mélancoliquement : « Cela nous prépare d’heureux jours. »

LA CARTE POSTALE DU JOUR

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