561/journal de la grande guerre: 15 février 1916

Carnets du rémois Paul Hess

Rien à ce jour

Journal du mardi 15 février 1916 à travers Le Miroir

En Belgique, nous avons fait sauter un dépôt de munitions au nord de Boesinghe.
Au sud de la Somme, au sud de Frise, nous avons occupé plusieurs éléments de tranchées et décimé une compagnie allemande qui était entourée par nous. Nous avons fait là une centaine de prisonniers. Les pertes de l’ennemi sont considérables.
Au nord de Soissons, l’infanterie ennemie a tenté de déboucher par la rive droite de l’Aisne. Elle a été arrêtée net par nos tirs de barrage et nos feux d’infanterie.
En Champagne, l’ennemi s’est maintenu dans les éléments avancés qu’il avait occupés près de la route Tahure-Somme-Py, mais il n’a pu pousser plus loin et a perdu beaucoup d’hommes.
En Haute-Alsace, à l’est de Seppois, une violente offensive dirigée par eux a mis les Allemands en possession de 200 mètres de nos tranchées. Une contre-attaque immédiate nous a rendu ces éléments, mais un intense bombardement nous a forcés à les évacuer de nouveau. Les renforts ennemi ont été pris sous nos tirs de barrage.
L’Amirauté anglaise signale la perte du croiseur Arethusa, qui a coulé sur une mine près de la côte orientale de la Grande-Bretagne.
Trois avions autrichiens ont bombardé Milan et les environs : il y a huit morts et soixante blessés.
Les Bulgares sont arrivés à 30 kilomètres de Valona.

 

Pour mieux apprécier le montant des réquisitions des Britanniques

RBX_MED_AFF_001_B_1_016

Circulaire déterminant la procédure à suivre en cas de désaccord sur le montant de l’indemnité afférente aux réquisitions de l’armée britannique et aux dommages causés par elle pendant son séjour en France.

http://www.bn-r.fr/fr/notice.php?id=AFF_001_B_1_016

Correspondance

Lettre d’Emilie Mertzdorff, épouse de Léon Damas Froissart (Paris) à son fils Louis Froissart (Camp de La Braconne)

Mardi 15 Février

Mon cher Louis,

Voilà longtemps que je ne t’ai écrit. En tous cas, dans ce temps-là j’avais encore 54 ans, mais depuis lors j’ai beaucoup vieilli !

J’ai des choses à te dire. D’abord tu vas peut-être passer un grand étonnement en apprenant que Lucie1 s’apprête à s’étendre à son tour sur une table d’opération : ses maternités successives, des soins imparfaits pris dès la première, ont amené un petit désordre tout extérieur et qui n’atteint pas la santé générale mais qui, négligé trop longtemps, pourrait amener des désordres internes, auquel on attribue déjà la perte de ses espérances en Novembre et cela suffit pour la décider à y porter remède. Elle aura affaire à un spécialiste, l’intervention aura lieu chez nos sœurs d’Alsace, rue Georges Bizet2 (près de l’Etoile) et on a pris jour pour Vendredi. Elle y entre dès demain soir, subit Jeudi la préparation purgative ou de purgatoire, comme tu voudras l’appeler, et que tu ne connais que trop. Pense à elle par un juste retour de sympathie Vendredi de 8 à 9 h du matin. On l’endormira au chloroforme. Encore une fois rien de très sérieux, mais c’est un travail délicat et je ne doute pas que les suites immédiates n’en soient assez douloureuses ; on lui promet 15 jours de clinique. Je te tiendrai au courant.

Si mon registre est bien tenu et je le crains, je ne t’aurais pas écrit depuis Mercredi3 ! Tu ne sais donc pas que Michel4 a passé ici, se transportant de Joigny, dépôt du 105 auquel il ne compte plus, à Lorient, dépôt du 111 où son commandant le réclame, de sorte qu’il ne tardera pas, je pense, à aller rejoindre le dit commandant sur le front, toujours près de l’endroit où Michel a eu sa croix de guerre. Chacun lit l’indicateur5 à sa façon, Michel en a une qui ne lui a pas laissé de doute sur l’impossibilité de trouver un train avant Samedi soir. Nous avons donc joui 24 heures de sa visite. Pas de nouvelles depuis.

Jacques6 qui était allé Mercredi au Val de Grâce en observation a été envoyé Vendredi dans un centre de convalescents et surtout de mutilés, paraît-il, à « Maison Blanche », près de Neuilly-sur-Marne, 1 heure de Paris par un train qui part de la Porte de Vincennes. Il y est toujours en observation. On ne peut le voir que le Jeudi et le Dimanche ; Elise7 compte y aller après-demain avec son beau-frère M. Brabant8 qui est en permission. Elle a eu aussi hier la visite de son frère Paul9 qui était pour quelques heures à Paris.

http://correspondancefamiliale.ehess.fr/index.php?13247

LA PHOTO (ALLEMANDE) DU JOUR

Photo fournie par Jean Hugues Crétin, de Reims
Photo fournie par Jean Hugues Crétin, de Reims

 

 

Publicités