569/journal du 23 février 1916: carnets de Louis Apollinaire

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Rien à ce jour

Journal du mercredi 23 février à travers Le Miroir

En Artois, l’ennemi a effectué une forte attaque sur nos positions du bois de Givenchy. Il a pénétré dans nos tranchées de première ligne, complètement bouleversées, et sur plusieurs points dans nos tranchées de doublement, dont il n’occupe plus que quelques éléments. Il a subi des pertes considérables du fait de nos tirs de barrage et de nos feux d’infanterie et de mitrailleuses.
Dans la région de Verdun, les Allemands ont attaqué nos positions, à l’est de Brabant-sur-Meuse, entre le bois d’Haumont et Herbe-bois. Ils ont pris pied dans quelques éléments de tranchées avancées et poussé jusqu’aux tranchées de doublement; ils furent rejetés de ces dernières, mais ils renouvelèrent ensuite leurs tentatives, et finalement occupèrent un bois et un saillant que formait notre ligne au nord de Beaumont. Au nord-ouest de Fromezey (est de Verdun), nos tirs de barrage empêchèrent une attaque de se déclancher.
Activité d’artillerie en Belgique, en Champagne, au Ban-de-Sapt et à l’ouest d’Altkirch.
Les Russes poursuivant leurs avantages dans la région d’Erzeroum, ont fait encore des centaines de prisonniers, en capturant plusieurs batteries allemandes.
26 aéroplanes anglais ont attaqué les dépôts allemands de Don, infligeant de gros dégâts aux entrepôts et aux voies ferrées.
Un zeppelin a survolé Lunéville. Poursuivi par nos avions, il s’est dirigé vers Metz.

Carnets de Louis Apollinaire

3 février 1916 : Nous sommes pour quelques jours dans le pays. Il neige depuis 2 ou 3 jours. Il ne fait point chaud mais on est bien quand même.
24, 25, 26 février : Repos sur toute la ligne. Il fait froid et il gèle .On ne mettrait pas un chien dehors. Je crois qu’on les aura les pieds gelés. Le 26 nous quittons M.B. Pour une destination inconnue ??  ensuite ??
26 février 1916 : On embarque le soir à Navran. Le train se met en marche à 10 h du soir. On passe la nuit., le lendemain et encore la nuit dans le train. Suis très fatigué. Le 28 au matin nous débarquons à Révigny nous cantonnons à Béthancourt au sud-est de Verdun. Nous sommes en cantonnement alerte. Je voudrais bien revoir les boches. On nous distribue des carte de Verdun et de Metz. Nous attendons toujours. Repos en attendant. Nous restons toute la journée en attente.

http://www.vallee-du-ciron.com/Documents/Ouvrages/Bride/Bride1916.htm

De l’avant à l’arrière, la guerre de Félix Dupéroux

044_FDUPEROUX-d23f4Le 23 février 1916, mon grand-père arrive à la ferme des Popey, au plus près de Bar-le-Duc. Là, il coucha dans un grand lit de milieu avec son fourrier, Émile Poullard. Cette nuit-là et le jour suivant, il neigea et un vent froid leur cinglait le visage durant leur journée de labeur. Le vent n’épargnait pas les sapeurs ni les biffins, ni les artilleurs, dont environ un quart au front avait les pieds gelés, au vrai sens du terme.

Les sapeurs devaient débarquer du matériel à Heippes (Meuse), et Dieu sait que le fer est froid quand il gèle. Félix avait remarqué un bâtiment de l’autre côté de la route qui aurait pu faire son affaire pour y loger son équipe. Mais, un sous-lieutenant au fort accent méditerranéen, qu’il identifia comme étant corse, lui ravit cette idée. Il raconte : « Le bâtiment était fermé, il neigeait, nous avions froid et nous avions du mal à nous réchauffer. De plus, nous n’avions pas de quoi abriter nos matériels, et, dans la pénombre, nous ne distinguions pas ce qu’il pouvait y avoir à l’intérieur ! » Le sous-lieutenant corse s’adressa au propriétaire du bâtiment avant lui et s’expliqua ainsi : « Môssieu, je possède 10 000 fusils que je doa métre à l’abli ! », c’était un officier du Matériel qui montait des armes neuves pour quatre où cinq régiments de réserve qui, fraîchement mobilisés, devaient arriver. Le propriétaire qui était éleveur répondit : « mon pov’ ti gars j’ai cinquante moutons lad’dans, y vont crever si j’les mets dehors ! » « Allons môssieu, je vous signalerai comme ayant rendu un grand service à la patrie ! » Lui dit le sous-lieutenant qui tape des pieds pour se réchauffer. Et le paysan consentit à prêter sa grange pour les fusils. « Quel gâchis pour mes hommes ! » pensait Félix ! Toutefois, après avoir sillonné la zone, Félix trouva un endroit et ses sapeurs purent dormir dans une grange ouverte certes, mais dans une paille bien sèche et bien chaude.

http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1565

 

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