571/journal du 25 février 1916: la II ème armée envoyée en renfort à Verdun

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Dans la nuit, à 23 heures, nous avons été réveillés, au 2, de la Place Amélie-Doublié, par un coup de sonnette du sous-lieutenant mitrailleur R…, du 61 ème, qui venait rapporter à une voisine les clefs du logement où il habitait rue Victor-Rogelet et dont elle a accepté la garde. Son régiment vient de recevoir l’ordre de partir.

Nous en déduisons qu’il va en renfort du côté de Verdun, le communiqué d’hier soir ayant fait mention de nouvelles attaques furieuses et archanges des Allemands au Nord de cette place, dont ils cherchent avec opiniâtreté à s’emparer.

-Sifflements le matin, dès 8 heures. On parle d’un tué et de blessés grièvement, rue des Moissons.

Paul Hess évoque un article du Courrier du jour à propos d’un député, M Cachin qui a demandé au ministre de l’instruction publique si des mesures avaient été prises pour protéger de la destruction les archives départementales et municipales de Reims.

Il lui a été répondu que des mesures avaient été prises « sur lesquelles il pourrait être imprudent de donner des détails précis. » (…)

Un héros ignoré

Dans le Courrier, Paul Hess a aussi retenu cet article intitulé: « un héros ignoré ».

Le parquet de Reims a publié, récemment, une liste de morts non identifiés, tués au cours des bombardements de 1914.

Parmi ces morts, figure un garçonnet d’une quinzaine d’années.

Cet héroïque enfant avait secondé les brancardiers dans la relève des blessés. Il fit maint voyage, dans les rues, en leur compagnie et fut lui-même atteint mortellement par un éclat d’obus, le 15 septembre 1914.

Transporté à l’ambulance du lycée de jeunes filles, il y expira au bout de quelques heures.

La Croix-Rouge avait eu l’idée de demander une citation et la croix de guerre pour le jeune brancardier , mort au champ d’honneur, mais on ne put rien recueillir sur le cadavre qui permit de fixer son identité.

On suppose que le garçonnet appartenait à une famille belge ou ardennaise de passage à Reims et qu’il s’est trouvé séparé de ses parents.

Journal du vendredi 25 février 1916 à travers le Miroir

L’attention se concentre toujours sur la bataille au nord de Verdun. On se bat avec violence sur les deux rives de la Meuse, et sur la rive droite jusqu’à Ornes. Nous avons évacué Brabant-sur-Meuse et nous nous sommes repliés au sud de Samogneux et d’Ornes, les mouvements de repli étant opérés avec une cohésion parfaite. Sur plusieurs points, les offensives allemandes tentées pour nous déloger sont demeurées impuissantes. L’ennemi a laissé partout des monceaux de cadavres. Notre artillerie riposte avec ténacité à l’artillerie adverse.
En Artois, lutte de grenades à l’est de Souchez.
En Champagne, nous avons exécuté une concentration de feux sur les organisations ennemies à l’ouest de Maison-de-Champagne et au sud de Sainte-Marie-à-Py.
En Argonne, tirs de destruction sur les ouvrages allemands à la Fille-Morte.
En Lorraine, nous avons chassé l’ennemi d’un de nos postes avancés du bois de Cheminet, et poursuivi une reconnaissance. Contact de patrouilles près de Reillon.
Deux généraux grecs ont visité notre camp de Salonique en compagnie du général Sarrail.
Canonnade sur tout le front italien; les Autrichiens subissent un échec sur le Haut-Isonzo.
Activité d’artillerie sur le front russe, spécialement dans le secteur Nord.

 

La II ème armée envoyée en renfort à Verdun

Le 25 février 1916, Joffre décide de l’envoi à Verdun de la IIe Armée, qui avait été placée en réserve stratégique, et dont le général Pétain était le commandant depuis le 21 juin 1915. À la suite des recommandations du général de Castelnau28, il lui confie le commandement en chef du secteur de Verdun.

C’est dans l’hôtel où il se trouve avec sa maîtresse que Pétain est averti par son ordonnance de son affectation, qu’il rejoint aussitôt.

Philippe Pétain est un fantassin de formation, qui n’ignore pas que « le feu tue », comme il le répète sans cesse. Pour lui, la progression de l’infanterie doit s’effectuer avec l’appui de l’artillerie. L’année précédente, la justesse de sa tactique a été démontrée. Il est économe des efforts de ses hommes et veille à adoucir au maximum la dureté des épreuves pour ses troupes.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Verdun_(1916)

Verdun: la chute de Douaumont (voir aussi hier)

1. Douaumont est l’un des premiers forts français à être doté d’une carapace de béton de 1,5 à 2,5 mètres en 1887. D’une superficie de 3 hectares, sa longueur est de 400 mètres et il dispose de plusieurs kilomètres de galeries sur deux niveaux.

Lors de la mobilisation, environ 500 soldats y stationnent. Mais dès octobre 1914, le fort a subi – comme tous les autres ouvrages tels Moulainville, Vaux, Déramé, etc. – de très importants prélèvements au profit des troupes d’active. En février 1916, il ne bénéficiait plus par exemple de sa tourelle de 75 mm ni de celle de 155 mm. Aussi, lorsqu’il est attaqué le 25 février 1916, il est déjà considérablement affaibli par les décisions du haut état-major français (photos 1,2,3, 4).

Après la prise du fort de Douaumont, les Allemands ne sont donc plus qu’à 5 kilomètres de Verdun et leur avance semble inexorable.

Pétain prend la direction des opérations

Le général Pétain nommé à la tête des opérations à Verdun et s’apprête à mettre en place la stratégie qui fera sa réputation. Optant pour la mise en place d’une « voie sacrée » qui relie le front à Bar-le-Duc, il aide par là l’armée à maintenir ses positions et à repousser l’ennemi. Il sera aussi l’auteur du « tourniquet » qui consiste en un roulement des troupes présentes sur le front, ce qui permet de ménager les soldats.

Audio: les combattants de Verdun

https://www.youtube.com/watch?v=hz_S0ZeEMJg

(video du CNC) Commande de 400 chars Schneider

Capture d’écran 2016-02-18 à 07.57.18

En septembre 1915, les établissements Schneider présentent un char d’assaut à chenilles conçu avec la collaboration du colonel Estienne. Le 25 février 1916, 400 pièces sont commandées ; la construction et le montage sont réalisés dans les ateliers de la SOMUA, à Saint-Ouen. Ces chars d’assaut sont armés d’un canon court de 75 mm, de deux mitrailleuses et possèdent un moteur de 60 CV qui leur permet d’atteindre la vitesse de 8 km à l’heure. L’intérieur du char est doté de deux postes de conducteur et peut accueillir un équipage de 7 hommes.

http://www.cnc-aff.fr/internet_cnc/Internet/ARemplir/parcours/EFG1914/pages_FR/131851.html

 

Publicités