(Opinion) Sur les ondes… L’encombrant colonel Driant

Emission diffusée mercredi 24 février 2016 sur RCF Reims

et sur le blog de Jacques HM Cohen, ancien adjoint d’Adeline Hazan, maire de Reims

AV: Bonjour Jacques, chronique d’actualité, oui et non, on est dans les commémorations des 100 ans de Verdun, 1916-2016, vous souhaitez évoquer aujourd’hui dans votre émission le colonel Driant, un personnage très intéressant ?

Un personnage méconnu. Pour une fois, pour le centenaire, je vais dire du bien d’un militaire d’extrême-droite, ce ne sera pas Pétain dont je dirai beaucoup de mal un peu plus tard mais pas aujourd’hui, ce sera le colonel Driant.

Le colonel Driant qui est mort avec son régiment de chasseurs, en avant des lignes françaises, sur la pointe qui a été attaquée par l’offensive allemande.

Il faut d’abord dire qui était le colonel Driant et, cela, on ne l’a pas beaucoup entendu jusqu’à présent. C’est à la fois un écrivain, sous l’anagramme de Danrit, et puis c’est le gendre du général Boulanger. Il a participé aux opérations putschistes, ou pré-putschistes de Boulanger. Il a dû quitter l’armée alors qu’il était colonel, il est resté colonel de réserve et puis il a repris du service en 14.

Mais entre temps il a énormément exaspéré le grand état-major, parce que c’est un militaire qui avait des idées, et des idées originales. C’est un théoricien de l’offensive et pour cela par exemple, il a développé qu’il ne fallait plus prendre les ports en eau profonde comme cela se faisait auparavant mais qu’il fallait débarquer de vive force sur les plages et qu’il fallait une péniche qui s’ouvre par l’avant pour cela. La péniche de débarquement, c’est lui l’inventeur.

Il a aussi dit et pensé que l’aviation servirait à des bombardements. Et il a également beaucoup développé qu’il fallait que le commandement soit au courant de ce que voyait le fantassin, le voltigeur le plus avancé. Il fallait donc développer des réseaux de téléphonie mobile qui accompagneraient le fantassin de pointe lors des attaques. Quelque chose donc de très moderne. Un militaire qui avait des idées, cela empoisonnait l’état major.

Il avait d’autres idées, des idées d’extrême-droite et il était député de la Meurthe-et-Moselle. En 14, il veut rejoindre son régiment et on a du mal à l’en empêcher parce qu’il est officier supérieur puisqu’il est colonel, il n’est pas touché par la limite d’âge et il est député. Comme député, il est civil. Le gouvernement a un gros problème car l’armée a décidé que les civils n’avaient pas besoin de savoir ce qui se passait sur le front. Y compris en 14 pendant la défaite de Charleroi et ainsi de suite. Mais cela continue et se renforce encore ensuite. Et le gouvernement va essayer d’utiliser les députés mobilisés pour qu’ils fassent un peu la navette et puissent témoigner au comité secret qui est la réunion des chambres, c’est-à-dire du Sénat et de l’Assemblée qui se réunit en comité secret pour discuter des informations sur l’état de la guerre. Et, de ce point de vue là aussi, Driant exaspère l’état-major.

https://jhmcohen.com/2016/02/27/sur-les-onde-lencombrant-colonel-driant/

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