582/Journal de la grande guerre: 7mars 1916

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Rien à ce jour

Journal du mardi 7 mars à travers Le Miroir

Les Allemands ont déclanché une attaque en Champagne, entre le mont Têtu et Maisons-de-Champagne. A notre droite, ils ont été arrêtés par nos tirs de barrage. A notre gauche, ils ont pu pénétrer dans un petit bois.
En Argonne (Courtes-Chausses), nous avons fait exploser une mine qui a détruit un poste allemand et nous avons occupée en partie l’entonnoir. Entre la Haute-Chevauchée et la cote 285, l’ennemi, après avoir fait sauter deux fourneaux, a pris pied en quelques points de notre première ligne. Mais au cours du combat, nous avons rejeté les agresseurs.
A l’ouest de la Meuse, les Allemands ont violemment bombardé le front entre la rivière et Béthincourt, puis ils ont attaqué Forges. Ils se sont emparés du village. Mais les tentatives qu’ils ont faites pour déboucher sur la côte de l’Oie ont échoué.
Lutte d’artillerie à l’est de la Meuse.
A l’ouest de Pont-à-Mousson, notre artillerie endommage les organisations du bois du Jury.
Trois zeppelins ont survolé le nord-est de l’Angleterre. Il y a 13 morts et des blessés. Les Russes ont progressé près de Dvinsk.

Verdun Perte du village de Cumières et le bois des Corbeaux (rive gauche)

7 mars -Rive droite
A 3 h, le 409e R.I. est attaqué et doit abandonner l’ouvrage d’Hardaumont. A 5 h, une contre-attaque permet de le reconquérir.

Durant la matinée, le 17e R.I. au sud-ouest et au sud du fort de Douaumont repousse 3 assauts.

Jusqu’à 15 h, le bombardement allemand est très violent sur l’ensemble du front, les pertes sont très lourdes du côté français.

A 15 h, le 409e R.I. subit une nouvelle attaque sur la croupe au nord de Vaux mais parvient à repousser l’ennemi. A 21 h, 23 h et 0 h 30, 3 retours offensifs allemands sont également mis en échec. Ils sont entrecoupés de violents bombardements qui causent de lourdes pertes dans les rangs du 409e.

De l’étang de Vaux aux pentes d’Hardaumont, le 21e R.I. subit un terrible bombardement.
Témoignage du lieutenant Albert CHEREL : 
 » C’est le 7 mars, que le fort de Vaux commença d’être systématiquement bombardé. Durant 8 heures, sans arrêt, une averse de projectiles s’abattit sur le fort. Il y en avait de tous les calibres : du 77, du 105, à l’éclatement déchirant ; du 210, du 380, que les soldats avaient surnommé le « Nord-Sud »à cause du grondement strident de son sillage dans l’air ; peut-être du 420, car on en trouva un culot près du corps de garde le lendemain. Ces obus, à certains moments, tombaient à la cadence de 6 par minute. Il nous semblait vivre au milieu d’une effroyable tempête. « 

A sud de Vaux, l’ennemi part à l’assaut du bois de Grand-Feuilla tenu par le 86e R.I.. Un violent corps à corps s’engage et se prolonge toute la nuit. Finalement, l’ennemi est repoussé mais les pertes qu’il a causé affaiblissent grandement le front du 86e.

Rive gauche
Vers 11 h, les Allemands débouchent entre Béthincours et Forges et escaladent les pentes de la Côte de l’Oie pour se porter sur le village de Cumières et le bois des Corbeaux. Ils espérent ensuite longer la vallée de la Meuse par Cumière et pouvoir ainsi aborder le Mort-Homme par l’est.

Le génocide turc contre les Arméniens s’organise

7 mars 1916 — Empire ottoman. Télégramme de Talaat, ministre de l’Intérieur à la Préfecture d’Alep : ordre d’extermination des enfants dans les stations militaires. « Prétextant qu’ils seront soignés par l’administration des déportés, sans éveiller les soupçons, prendre et exterminer en masse les enfants des personnes connues ramassés et soignés sur l’ordre du ministère de la guerre par les stations militaires. Nous aviser. »
Le Ministre de l’Intérieur Talaat

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