590 Journal du 15 mars 1916: combat aérien près de Beine-Nauroy

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Rien à ce jour

La bataille de Verdun dans l’Excelsior

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Le 15 mars à Verdun
Rive droite
Les 2 adversaires s’observent mutuellement sur les pentes du fort de Vaux. Plusieurs escarmouches à la grenade sont signalées mais dans l’ensemble, le front reste assez calme.

Rive gauche
A 1 h du matin, le 3e bataillon du 16e R.I. part à la contre-attaque entre la cote 265 et le village de Béthincourt. Sur la gauche, l’attaque est un succès, les Allemands se replient et le terrain est repris.
Témoignage de Robert GILLET, soldat au 16e R.I. :
 » Une anecdote que je tiens de l’aumônier divisionnaire Lestrade et qui peint l’âme du poilu français. Lestrade avait, selon son habitude, accompagné de près nos vagues d’assaut avec sa vaillance accoutumée. En parcourant les tranchées conquises, il trouve dans un abri plusieurs soldats français en compagnie de plusieurs soldats allemands. Les Français ont ouvert leurs musettes et en ont partagé fraternellement le contenu avec leurs prisonniers. Tous mangent d’un bon appétit, on dirait une pension de famille. « 

A droite, le bataillon ne parvient pas à progresser et doit reculer en laissant de nombreux morts.

Le reste de la journée est passé sous un violent bombardement allemand.

Le 15 mars au soir, le commandement allemand doit se rendre à l’évidence, sa tentative de percer éclair sur la rive gauche se solde elle aussi par un échec.
En 10 jours, bien qu’elles aient fait subir à l’armée française de terribles pertes, les troupes allemandes n’ont progressé que d’environ 2 km sur un front large de 6. La côte de l’Oie, le bois des Corbeaux et le village de Cumières ont été pris mais les fantassins se heurtent à présent à une forte résistance au Mort-homme.
Témoignage du Colonel Marchal :
 » Vers le 16 mars, les Allemands s’aperçoivent qu’ils ne leur suffit pas de prendre le Mort-Homme, car la possession de celui-ci sera précaire, tant que les Français tiendront la cote 304, qui flanque très bien le Mort-Homme et ses arrières.

https://www.google.fr/#q=Les+2+adversaires+s%27observent+mutuellement+sur+les+pentes+du+fort+de+Vaux.+Plusieurs+escarmouches+%C3%A0+la+grenade+sont+signal%C3%A9es+mais+dans+l%27ensemble%2C+le+front+reste+assez+calme.

Journal de la grande guerre du jeudi 16 mars 1916

Tirs efficaces sur les tranchées ennemies de la région d’Het-Sas et de Langemark, en Belgique.

Au nord de l’Aisne, nous bombardons les abords de la Ville-aux-Bois. En Champagne, nous attaquons les positions allemandes au sud de Saint-Souplet, en occupant une tranchée et en faisant des prisonniers.

A l’ouest de la Meuse, le bombardement s’est ralenti entre Bethincourt et Cumières. Nous avons repris par des contre-offensives une partie des éléments de tranchées perdus au Mort-Homme; notre ligne comprend Bethincourt, le Mort-Homme, Cumières. Sur la rive droite, activité d’artillerie, dans la région de Vaux-Damloup. Quelques escarmouches à la grenade sur les pentes du fort de Vaux.

Canonnade en Woëvre, au pied des Côtes de Meuse.

Activité de notre artillerie à l’est du bois de la Wawrille et au nord de Fresnes-en-Woëvre, où nous provoquons une explosion.

Combat aérien près  de Beine-Nauroy

trail réalisé en 1926 - Saint Jacques accompagne le comte Jacques Decazes de Glucksbierg, pilote, Mort pour la France au dessus de Beine le 16/03/1916
Vitrail réalisé en 1926 – Saint Jacques accompagne le comte Jacques Decazes de Glucksbierg, pilote, Mort pour la France au dessus de Beine le 16/03/1916

Plusieurs habitants de Beine ont été témoins du combat aérien qui eut lieu le 15 mars 1916, dans la direction de Nauroy. Un avion français obligeait un aéroplane allemand à atterrir et à rentrer dans ses lignes, lorsqu’un petit Fokker ennemi qui survolait l’avion français l’attaqua à l’improviste. Deux minutes après, l’appareil de nos compatriotes était en flammes et venait s’abattre sur le sol. Le lendemain, un autre aéroplane français accourait sur les lieux du combat et laissait tomber deux couronnes, pour rendre hommage aux héros infortunés.

Jusqu’à la fin de la guerre on ignorait les noms des victimes, car Beine, occupé par l’ennemi, ne fut libéré qu’en octobre 1918.
Après l’armistice, les parents des malheureux aviateurs accomplirent leur pieux pèlerinage et vinrent prier sur les tombes du comte Jacques Decazes et de son compagnon François Lefebvre.
Une amie de cette famille, la princesse de Sayn-Wittgenstein, habitant Lausanne (Suisse), était en rapport avec la cour impériale. Aussitôt que cette vénérable dame (elle était alors centenaire) apprit le malheureux sort de Jacques Decazes, elle fit en sorte d’avoir des renseignements précis sur le lieu de sa sépulture.
François Lefebvre (aviateur)

http://www.mairie-beine-nauroy.fr/index.php/mairie-menu/histoires-patrimoine/47-vitraux-art

http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/com_global.php?&insee=51046&dpt=51&comm=Beine-Nauroy

Ecrivain mort à la guerre

Paul  Lintier- 1893 – Tué le 15 mars 1916 à Jeandelincourt

https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Lintier

Paru dans Le Figaro du 15 mars 1916: l’accordéon

L’accordéon

Ils étaient venus un soir, quelques Serbes, sous notre marabout, et dans la demi-lumière d’une bougie, au milieu de l’air enfumé par les cigarettes et les pipes, l’un d’eux se mit à jouer de l’accordéon. C’était, une mélopée lente, grave, presque religieuse, un de ces airs qui évoquent la tristesse des steppes immenses et la poésie de l’âme slave. Ses camarades, étendus sur nos maigres paillasses, écoutaient avec un sérieux qui nous empêchait de rire. Puis l’air s’anima et devint une danse très rythmée, une de ces danses sur lesquelles chacun de nous a vu danser quelque part, dans un casino quelconque, des Russes en blouse serrée à la ceinture avec des bottes molles et une toque ornée d’une aigrette étincelante.

Les yeux de ces braves Serbes, de grands gaillards à l’air doux, s’animaient, s’allumaient de plaisir, et se prenant par les mains, dans le petit espace resté libre au milieu des auditeurs, ils se mirent à danser avec des flexions de jambes, des passements de pieds, des coups de talon qui accentuaient la mesure. Au bout d’un moment, l’air se ralentit et la mélopée du début recommença.

http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/07/22/26002-20140722ARTFIG00065-un-musicien-c-est-un-bruit-infernal-1914.php

Paul Lintier tué le 15 mars 1916 sur l’Hartmanswillerkopf

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Henri Béraud, écrit dans la préface du journal de 1917 : « Et le dernier fut Paul Lintier, l’auteur de Ma Pièce et, de loin, le plus grand écrivain de la guerre, l’espoir assassiné de notre génération (…) Il fut tué le 15 mars 1916 sur l’Hartmanswillerkopf, en laissant deux livres pétris de la terre des morts et du sang des soldats. Sur la manche gauche de sa vareuse, il avait fait tailler une poche et, dans cette poche, il y avait un carnet de notes où ses compagnons de pièce lurent à travers leurs larmes : Je vais mourir. Sur les perspectives de l’avenir qui toujours sont remplies de soleil, un grand rideau tombe. C’est fini. Cela n’aura pas été long. J’ai vingt ans. »

Béraud et Lintier s’étaient bien connus à Lyon. Ils étaient amis des mêmes peintres. Lintier avait réalisé une étude sur Adrien Bas (2), dont Béraud avait déjà signé la préface.

« Je fus probablement le seul confident littéraire de Paul Lintier, le seul écrivain qui l’eût connu, fréquenté, encouragé durant son éphémère et charmant passage (…) Nous nous aimions comme s’aiment deux poètes dans les romans de 1830», écrit-il.

 

 

 

 

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