Il y a 100 ans, le grand abattoir de Verdun

Dans le soirmag.be

Le 21 février 1916 commençait la plus éprouvante des batailles. À Verdun, l’humanité descendit dans les ténèbres. Dans la fange des tranchées, 714.000 hommes perdirent la vie. Durant ces 300 jours et 300 nuits d’horreur, « la nuit mugissait des enfers ».

Un crépuscule de voile noir et de fumée âcre, des trous d’obus devenus des cercueils de boue, des arbres décimés, des bêtes mortes sacrifiées à la folie des hommes, et des soldats hébétés, parfois enterrés vivants. Ainsi se nécrosa la ligne de front à Verdun durant quasiment un an. Verdun reste dans les mémoires comme la boucherie ultime, la page la plus terrible de 14-18. On commémore ses 100 ans. Un siècle d’incompréhension dans une région qui reste marquée par ces combats où les deux camps accusèrent autant de pertes, de privations et de désespoir morbide l’un que l’autre. Verdun fit les frais d’une lutte d’empires, allemand, austro-hongrois, ottoman d’un côté, russe de l’autre, avec la France sous les assauts “des casques à pointe ”, galvanisés par le retour au “vater land ” de l’Alsace-Lorraine. Verdun fut un carnage, une abomination. Dans cette nécropole à ciel ouvert, on déversa une pluie d’obus, des orages d’acier qui labourèrent le sol. Verdun laissa sur le carreau un million d’orphelins de guerre côté français et la haine du Boche pour longtemps. Les Allemands occupaient dix départements. Ils jetèrent leur dévolu sur Verdun pour l’offensive décisive, celle qui devait les mener à Paris, distant de 230 km. La bataille de la Somme, menée par Joffre, eut lieu parallèlement et laissa les hommes en charpie. Mais celle de Verdun, verrou stratégique, plongea les troupes en enfer. L’attaque eut lieu le 21 février 1916 à 7h15. Une tempête de neige avait contrarié les plans allemands du 10 février, la date précédemment arrêtée. Dès 10 heures, plus de 1.200 canons fournis par Krupp déversent un million d’obus tout au long de la journée. Une longue nuit commence. L’hiver est sans pitié. Ce n’est rien en comparaison de ce que la guerre va infliger aux hommes. Les Allemands sont dirigés par le KronPrinz Guillaume de Prusse, fils de Guillaume II. Peu aguerri à l’art de la guerre, il est secondé par les meilleurs officiers du Kaiser, dont le général Erich von Falkenhayn. En face, le député patriote E. Driant a saisi la manœuvre. Il mobilise ses forces, avertit l’état-major et fait renforcer ses lignes de défense, creusant des tranchées et tirant des barbelés. Verdun doit tomber comme un fruit mûr, selon l’ennemi. Mais Verdun résiste et résistera. Devenue ville-martyre, elle paiera un lourd tribut, de destructions, de fuite des populations civiles n’emportant que quelques affaires sur des brouettes. Elle évacue sa misère, rien de plus dans ce chaos. Verdun fera l’objet de multiples offensives de tous côtés de la Meuse. L’armée française se montre héroïque et repousse l’assaillant. Mais personne ne prend l’avantage. Verdun se fige pour 300 jours et 300 nuits, forçant de maigres reconquêtes de part et d’autre, sans victoire décisive.

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