Rommel perfectionna son art de la guerre en 14-18 en Belgique

Sur soirmag.be  par Joëlle Smets

C’est en Belgique que le maréchal Rommel fourbit ses armes en 1914 et apprit à maîtriser les méthodes de la “Blitzkrieg ”. L’historien Hugues Wenkin consacre un ouvrage documenté et illustré au futur “Renard du désert ”.

Rommel : le nom à lui seul fait frémir tant il est lié à Hitler, à ses ambitions territoriales et ses horreurs guerrières. Mais au-delà de l’aversion qu’engendre le dictateur qu’il servit, Rommel fut un militaire hors pair qui s’illustra par de nombreuses actions d’éclat pendant la Première et la Deuxième Guerre mondiale. « Rommel est avant tout un soldat professionnel », insiste le spécialiste Hugues Wenkin, qui travailla pendant cinq ans à cet ouvrage, allant sur chaque lieu de bataille pour en comprendre les enjeux et se plongeant dans les manuscrits allemands du militaire. «Il est vrai qu’il appartint à la Wehrmacht – pas à la SS – mais il est apolitique et qu’il ne participe pas à la vie politique. Il est carriériste, opportuniste, et voit l’intérêt personnel qu’il a à intégrer l’armée qui sert le nouveau pouvoir du chancelier Hitler. Mais comme on peut le comprendre à la lecture de ses mémoires, il n’a pas une grande admiration pour son chef et se montre critique à partir de 1943 vis-à-vis de la gestion nazie », Rommel serait bien plus qu’un soldat professionnel : il est un militaire d’exception tant il accumule les qualités dans le domaine. L’homme est courageux, téméraire même. Il a le sens de l’opportunité, exploitant les moindres failles des dispositifs adverses. Il a aussi un esprit d’analyse et de synthèse qui lui permet d’analyser les actions menées pour améliorer les prochaines. Et comme on le découvre dans l’ouvrage des éditions Weyrich, c’est en Belgique et dans le nord de la France que le militaire perfectionna son talent de tacticien pendant les deux guerres mondiales. « Ses premières qualités sont le courage et l’audace », estime l’historien. «On le voit en août 1914 quand, à 22 ans, il prend le village belge de Bleid. Il surprend une vingtaine de soldats français buvant du café et discutant le fusil sous le bras. Il attaque et transforme la bourgade en brasier avant de poursuivre les soldats français. Autre exemple : en mai 1940, il arrive à Dinant et décide de traverser le premier la Meuse et de foncer vers Philippeville puis Avesnes-sur-Helpe, en France. Alors qu’il a une division blindée dans la ville, il décide de poursuivre plus avant et de passer la Sambre. Il fait tomber la ligne de défense française, profitant de l’état de choc que son arrivée non attendue provoque. Mais il est 30 kilomètres devant ses propres lignes ! Il va alors décider de renouer avec les troupes arrière en revenant seul avec un blindé. Il a beaucoup de chance, car il commet là une erreur de commandement. S’il s’était fait tuer pendant ce retour, la pointe avant de sa division aurait été perdue. De plus, sur la route de retour, il croise une colonne de soldats français. Il y va au bluff et les fait prisonniers. Ces mêmes journées de mai 40, il montre aussi le sens de l’opportunité qui le caractérise en traversant la Meuse avec sa division blindée, laissant à l’autre division avec laquelle il doit normalement avancer de concert, les problèmes arrières et soucis de contingence. »

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