647/journal de la grande guerre: 11 mai 1916

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Le Rémois relate le compte rendu du conseil municipal paru dans « Le Courrier »

et dont le compte rendu officiel est  visible sur   les archives de la ville de Reims http://www.archinoe.net/reims/visualiseur/visu_affiche.php?PHPSID=8faf5497491f3065c5a6f2441c02dff1&param=visu_1&page=1#

(…)M.Langlet ayant exposé la situation déficitaire des budgets de 1914, 1915 et 1916 de la ville, qui se traduisent par six millions pour les deux premiers et quatre millions prévus pour celui actuel, informe ses collègues que de ses démarches auprès du ministère, il résulte que le gouvernement  accepte de participer pour moitié dans le déficit de l’année présente, mais que pour les pertes passées, il ne peut intervenir davantage qu’il ne l’a fait par ses diverses subventions, se montant à 2,196.000F jusqu’ici.

Et une lettre qui arrive, comme par hasard, à ce moment, annonce qu’une dernière subvention de 500.000F sera accordée pour solde, si une délibération municipale accepte cette solution.

Comme la ville a besoin d’un fonds de roulement et comme certaines dates deviennent impérieuses , M.le maire propose au conseil d’émettre un emprunt de deux millions, au taux de 5,73%, que la société des prévoyants de l’avenir s’engage à souscrire sous certaines conditions.

M.Robart, s’élève, avec sa vigueur accoutume, contre l’abandon par l’Etat de ses devoirs dans la circonstance: il n’accepte que pour le moment aucun emprunt municipal et demande que ce refus soit notifié à l’Etat pour lui rappeler son rôle impartial. Il ne faut pas, dit-il, qu’il y ait deux France, l’une qui souffre, qui pleure et qui brûle, l’autre qui travaille au ravitaillement, aux munitions  et qui s’enrichit.

MM.Mennesson-Dupont, G.Houlon et Jallade appuient énergiquement la thèse de M.Robart.

Le vote de l’emprunt proposé serait une acception de la décharge de l’Etat et créerait un grave précédent de son irresponsabilité pour les dommages financiers et autres préjudices causés par la guerre. Si une pareille soumission était acceptée, Reims, qui a tenu tête depuis vingt et un mois au bombardement quotidien en maintenant sa vie municipale ne serait plus la courageuse des villes martyres, ce serait la plus grande des villes sacrifiées.

MM.Drancourt et de Bruignac essaient  d’adoucir la discussion en arguant que le trésor municipal a besoin d’argent, que des réserves peuvent être faites, qui seront transmises au gouvernement pour lui exposer l’état d’esprit du conseil. Celui-ci estime qu’une fois l’opération faite, les discussions n’auront pas de point d’appui , et M.le maire propose une suspension  de séance, pendant laquelle les idées sont échangées.

Finalement; à la reprise de la séance, la motion suivante est votée, dans laquelle il n’est plus question d’emprunt:

« Le conseil municipal de Reims, considérant que les déficits constatés dans les budgets de communes victimes de leur situation sur la ligne de feu doivent être supportés par l’ensemble de la nation, au même titre que toutes les autres dépenses inhérentes à la guerre, ne peut accepter les sommes proposées par l’état que comme à-compte sur le paiement complet de ces déficits. »

Journal du jeudi 11 mai à travers Le Miroir

Entre Oise et Aisne, un coup de main sur une de nos tranchées de Moulin-sous-Touvent a complètement echoué.
Sur la rive gauche de la Meuse, à la suite d’un violent bombardement, les Allemands ont lancé une forte attaque sur nos positions aux abords de la cote 287. L’attaque a été complètement repoussée, nous avons fait des prisonniers. Une action offensive menée par nos troupes sur les pentes ouest du Mort-Homme nous a permis d’occuper quelques éléments d’une tranchée allemande. Nous avons fait 62 prisonniers et pris des mitrailleuses.
En Haute-Alsace, une reconnaissance ennemi qui tentait d’enlever un de nos petits postes près de Hirzbach, au sud d’Altlkirch, a été repoussée avec des pertes.
Lutte d’artillerie sur le front belge.
Un sous-marin français a coulé dans l’Adriatique un transport autrichien chargé de matériel.
L’Allemagne a reconnu que le Sussex avait été torpillé par un sous-marin. Le capitaine du sous-marin a été puni.
On annonce qu’à la suite des troubles de ces derniers jours, causé par la cherté des vivres, le ministre de l’Intérieur, M. Delbruck a démissionné à Berlin. Certains journaux disent tout simplement que M. Delbruck se retire pour raison de santé.

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/mai16.html

La croix de guerre au fils de Charles Péguy décédé au champ d’honneur

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Guerre 1914-1918. Remise de la croix de guerre au fils de l’écrivain Charles Péguy, lieutenant tombé au champ d’honneur, par le général Cousin, le 11 mai 1916. Photographie parue dans le journal « Excelsior » du vendredi 12 mai 1916.

© Piston / Excelsior – L’Equipe / Roger-Viollet

http://www.parisenimages.fr/fr/galerie-collections/71768-43-guerre-1914-1918-remise-croix-guerre-au-fils-lecrivain-charles-peguy-lieutenant-tombe-au-champ-dhonneur-general-cousin-11-mai-1916-photographie-parue-journal-excelsior-du-vendredi-12-mai-1916

LA PHOTO ALLEMANDE DU JOUR

PHOTOS JEAN-HUGUES CRÉTIN, DE REIMS
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