622/journal du16 avril 1916: le livre d’or des paysannes

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Journée mouvementée. Bombardement sur les casernes Neufchâtel et le Port-Sec, pendant une partie de la matinée et de l’après-midi, avec ripostes de nos pièces.

Journal du dimanche 16 avril à travers Le Miroir

Bombardement violent sur la rive gauche de la Meuse, devant nos lignes de la cote 304. Sur la rive droite, les Allemands ont déclanché, en fin de journée, une petite attaque sur nos positions de Douaumont. Cette attaque a été complètement repoussée.
La nuit a été calme, sauf un bombardement vers Haudromont.
Duel d’artillerie en Woëvre (Moulainville).
La dernière note allemande au sujet du Sussex a fortement mécontenté les Etats-Unis. Le président Wilson a prononcé à New-York un discours qui trahit son irritation.
Le général Carranza a demandé à l’Union américaine de cesser la poursuite des bandes de Villa au Mexique. Le cabinet de Washington a refusé de retirer les ordres donnés.
Sept terroristes allemands ont été arrêtés aux Etats-Unis.
Les Anglais bombardent les positions ennemies dans le Pas-de-Calais (Souchez et Carency). Ils ont rejeté plusieurs attaques accompagnées d’émissions de gaz lacrymogènes.
Le cabinet portugais reste au pouvoir.
Le général Porro, sous-chef d’état-major italien, a été controler les installations de Vallona.
Les parlementaires français ont visité la flotte britannique.

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/avril16.html

 

L’autre tranchée, hommage aux paysannes

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Article paru dans le Figaro du 16 avril 1916

Le livre d’or des paysannes

L’un des hommes les plus au courant des choses agricoles, M. René Lavollée, ancien consul de France, nous adresse cette intéressante lettre, qui documente, d’exemples authentiques l’admirable dessin de Forain: «L’autre Tranchée», naguère paru dans le Figaro:

Les exploits des «poilus» ne doivent pas faire perdre de vue les prouesses de leurs femmes. Pendant que l’homme combat héroïquement dans les tranchées, la paysanne française lutte avec non moins d’énergie, dans les campagnes, pour le maintien de la production du sol et pour l’alimentation nationale.

La vaillance de la paysanne française est proverbiale; mais jamais elle ne s’est plus brillamment affirmée que depuis la déclaration de guerre. Aidée des vieux paysans et des jeunes gars que l’armée n’avait pas encore pris, cette paysanne a fait la récolte de 1914, assuré celle de 1915 et elle prépare celle de 1916. Sauf sur quelques points, d’ailleurs peu nombreux, cet effort gigantesque n’a pas épuisé les forces ni surtout le courage des fermières, des métayères, des ménagères françaises. Elles continuent presque toutes à soigner le bétail, à labourer, à semer, à moissonner, à vendanger, tout en donnant leurs soins à leurs jeunes enfants et à leurs vieux parents. Les merveilleuses qualités de la race française, si vieille, mais douée d’une immortelle jeunesse, ne se sont jamais manifestées de façon plus touchante et plus admirable.

http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/08/08/26002-20140808ARTFIG00061-l-autre-tranchee-hommage-aux-paysannes-1916.php

« Dans les tranchées, l’odeur est horrible »

Le 16 Avril 1916

CHÈRE JULIE,
Je t’écris pour avoir de tes nouvelles. J’ai appris qu’un des villages près de celui ou tu es a été complètement rasé. S’il te plaît, si il y a un danger, enfuis-toi, cours te cacher dans un lieu ou personne ne te trouveras. Promet moi que tu feras ça. Pour moi, pour maman, et pour toute la famille. D’ailleurs, occupe toi bien de maman et fais tout ce qu’elle te dit.
Et surtout, ne vous inquiétez pas pour moi. Je suis fort. Dans les tranchées, l’odeur est horrible, mais je m’y suis habitué. Mes pied sont tout le temps plongés dans la boue mais je suis l’un des seuls à avoir eu la chance de courir dans la boue quand il n’y avait pas la guerre.Par contre, il y a des moustiques, c’est très dérangeant, mais dans quelques jours je suis censé avoir la permission de pouvoir prendre une douche. Les réserves d’eaux sont tellement petites ! Ah oui ! Les repas sont minuscules. C’est un peu de pain et quelquefois de la purée en plus. Évidemment, on a un verre d’eau par jour ! Les bruits aussi sont insupportables et on ne dort pas beaucoup. En tout cas moi je ne préfère pas !
Je termine cette lettre pour aujourd’hui en espérant que je puisse t’écrire à nouveau demain.
Je t’embrasse très fort ainsi que toute la famille.
Ton frère adoré qui pense souvent à toi.

Soldat de la 7° compagnie du 36° Régiment d’Infanterie, Robert .

http://lirenligne.net/oeuvre-a-decouvrir/Li4zA4BK4cyFc/lettre14-18.pdf

L’épouse de Louis Fressonnet informé de la mort de son époux un mois après

ob_667fb1f3ee38e6c8a3b063464e3ba2ee_louis-fressonnet-1-Louis Fressonnet était territorial du 29 R.I. de Dreux. Il est mort le 26 février 1916,mais son épouse n’en fut informée que le 16 avril 1916

Le 16 avril 1916

Madame,

Ma femme me charge d’une tâche bien pénible à remplir, mais je me fais un devoir de vous mettre exactement au courant des faits où votre mari a trouvé la mort. 

Etant aujourd’hui à la 8ème compagnie, j’ai pu rencontrer quelques camarades qui étaient avec lui au moment où il est tombé.

C’était le 26 Février vers 9h du matin, la compagnie se trouvait en avant de la redoute de Douaumont, à 200 m environ dans un petit bois de bouleaux. Elle se repliait et était massée dans ce petit bois pour se dérober à la vue de l’artillerie ennemie qui bombardait avec fureur la position.

Un obus est tombé au milieu de l’escouade de votre pauvre mari et 5 à 6 hommes ont été tués sur le coup; Pardonnez-moi ces détails, mais les témoins que je viens d’entendre m’ont affirmé que ce brave Fressonnet était bien dans le nombre des victimes; il n’y aurait pas même d’espoir à conserver qu’il aurait été seulement été blessé, car le caporal Leroy (son caporal) a été seul relevé très grièvement blessé, les autres avaient cessé de vivre ; 

Encore une fois pardonnez-moi  d’animer votre douleur par une lettre aussi précise mais je crois que vous préféreriez que je vous la narration exacte qui m’a été faite que de vous leurrer.

Hélas, d’un espoir qui serait faux. Avec mes respectueuses amitiés et mes bien sincères condoléances, croyez madame à toute ma sympathie.

Signé (peu lisible Ernest  gués ?)..

http://dreux-par-pierlouim.over-blog.com/2013/11/lettre-remise-à-ma-grand-mèere-en-avril-1916.html

 

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