628/journal du 22 avril 1916: les Poilus et les bêtes, Colette

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Rien à ce jour

Journal du samedi 22 avril 1916 à travers le Miroir

 la Haute-Chevauchée (en Argonne), nous avons occupé un entonnoir provoqué par l’explosion d’une mine allemande.
Sur la rive gauche de la Meuse, notre avance au Mort-Homme a progressé. Nous avons de plus, enlevé une tranchée à la lisière nord du bois des Caurettes, en capturant 4 officiers et 150 hommes.
A l’est de la Meuse, l’ennemi a tenté une puissante action offensive sur un front de 2 kilomètres. Après avoir réussi à prendre pied dans nos lignes au sud du fort de Douaumont et au nord de l’étang de Vaux, il a été refoulé par nos contre-attaques. Nous avons fait des prisonniers.
Nous avons progressé à l’ouest de Douaumont (secteur sud du bois d’Haudromont), en délivrant des prisonniers français blessés.
Une de nos pièces à longue portée a bombardé la gare de Vigneulles (nord-est de Saint-Mihiel). Au nord de Regniéville, nous avons, par notre feu dispersé des convois.
Les Anglais ont capturé deux canons et 188 officiers et soldats tures en Mésopotamie.

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/avril16.html

Les Poilus et les bêtes, Colette (1916)

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Colette (1873-1954) publie en 1916, La Paix chez les bêtes, un recueil de saynètes contre la guerre. Partie sur le front de Verdun retrouver son mari, elle a observé le spectacle des animaux qui ignorent la cruauté humaine. Le 22 avril 1916, elle adresse ce magnifique article au Figaro.

Article paru dans Le Figaro du 22 avril 1916.

Mme Colette, l’auteur délicieux de la Paix et les bêtes, nous adresse cette belle page que nous sommes heureux de reproduire ici, et par laquelle nos lecteurs verront la qualité nouvelle d’émotion qui s’ajoute aux dons exceptionnels d’intuition, d’observation et d’expression, d’un écrivain dont la libre originalité s’était imposée avant la guerre.

N’est-ce pas la bonne façon de répondre aux enquêtes sur l’évolution de la littérature?

Chaque fois que j’ouvre, pour rentrer chez moi, la porte qui défend un jardin du vieux Passy, j’éveille un paradis, un peu assoupi, d’animaux familiers. Ils viennent à moi, avec cette gaieté du visage et de tout le corps qui est le rire des bêtes, et soudain je ne sais plus que faire de la moisson de soucis, d’espoirs ou de tristesses que je rapporte de Paris. Ces créatures, qui m’attendent et m’aiment, sont les seules auxquelles je ne puisse pas dire: «Il y a la guerre». Elles sont aptes à tout comprendre, sauf cela. L’enfant très petite qui les accompagne, en courant, ronde et molle encore comme un ourson, connait les soldats, les canons les voitures marquées d’une croix rouge, et menace un point sur une carte en disant: «Les Allemands…» Elle est déjà mêlée à nous, agitée, combative et, en dépit de son corps sans entrave, de ses cheveux d’or brûlé, c’est lorsqu’elle y paraît que le jardin cesse d’être édénique.

http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/09/16/26002-20140916ARTFIG00055-les-poilus-et-les-betes-colette-1916.php

 

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