629/journal de la grande guerre: 23 avril 1916

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Rien à ce jour

Journal du dimanche 23 avril 1916 à travers Le Miroir

En Belgique, nous bombardons le secteur à l’est de la route Ypres-Plikers.
En Argonne, lutte de mines assez vive à Vauquois et à la Fille-Morte. Nous bombardons les communications en arrière du front ennemi.
A l’ouest de la Meuse, les Allemands attaquent trois fois nos positions au nord du Mort-Homme. Les Allemands sont complètement rejetés avec des pertes sanglantes. Une autre attaque de leur part échoue également au nord du bois des Caurettes.
A l’est de la Meuse, bombardement de nos premières lignes depuis le fleuve jusqu’au fort de Vaux. Mais l’ennemi ne peut sortir de ses tranchées, décimé par notre artillerie.
Une de nos pièces à longue portée canonne la gare de Vigneulles : la voie ferrée est coupée et un incendie se déclare.
Nos avions de bombardement opèrent sur les bivouacs ennemis près d’Azannes et de Villers-lès-Mangiennes (nord-est de Verdun).
Un avion français a lancé quatre bombes sur la ville de Sofia.
Les Russes progressent assez sensiblement à l’ouest de Trébizonde. Le maréchal von der Goltz est mort à son quartier général en Turquie.

 

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/avril16.html

Carnets de guerre des brancardiers Ardouin et Carteau

23 avril 1916 (D) : Nous allons à la messe au village de Louvercy. L’église était trop petite. Nous avons assisté à la messe dans le cimetière. Il y avait la musique qui jouait l’Arlésienne. Ensuite, nous rentrons pour la soupe à 11 h 1/2, car la cuisine était rendue. Le soir, nous buvons un coup en mangeant un gâteau que Olivier avait reçu de chez lui, en l’honneur de la St Georges. Dans la carrée, beaucoup sont vaseux le soir. J’ai reçu une lettre et un colis.

24 avril 1916 (L) : Je vais laver à la rivière. J’ai envoyé un colis : ma flanelle et mes effets d’hiver. J’ai écrit une carte chez nous. Je reçois une lettre de Jules qui m’apprend qu’il est du côté de Verdun et 1 de mon parrain. Le soir, nous allons faire un petit tour au village de Louvercy. Martin part en permission.

25 avril 1916 (M) : Le matin, je vais à la rivière laver une salopette que j’ai trouvée et qui n’est pas trop mauvaise. J’ai écrit à Jules puis à mon parrain et à Joseph.

26 avril 1916 (M) : J’ai écrit chez nous. La matinée, la Compagnie va aux douches. Nous y allons nous aussi pour aider à l’infirmier, à Livry, à environ 2 km d’où nous sommes. J’ai toujours pris une bonne douche. Dans la soirée, nous allons nous promener jusqu’à Mourmelon-le-Petit. Très contents de notre voyage.

http://recherche-archives.vendee.fr/data/files/ad85.ligeo/pdf/FRAD085_1NUM406/1Num406_lot21/1Num406_lot21_0026.pdf

Lettre d’un Poilu

Trouvée dans L’Est Républicain

Le 23 avril 1916, à Toul

Mon cher Albert,

J’ai bien reçu ta lettre datant du 16 mars, et je m’excuse de ne pas y avoir répondu plus tôt. Ici, les beaux jours reviennent, les nuits deviennent plus courtes et plus claires, ce qui laisse moins de temps à mon inquiétude. J’essaie de m’occuper de la maison comme je le peux, même si l’ambiance y est pesante. Notre petite Louise se porte à merveille, et elle commence même à savoir lire. J’aimerais tant te voir à nos côtés, que tu puisses toi aussi partager ces moments.
Quand seras-tu de permission à nouveau? Cela fait plusieurs semaines que je n’ai pas eu la joie de te voir. Lorsque tu rentreras, nous irons déjeuner sur les bords du canal de la Marne au Rhin, là où nous nous sommes rencontrés.
Ici, tout va bien, Toul continue de vivre malgré la guerre. Certaines femmes ont dû reprendre le travail de leur époux, à l’usine, afin que vous ayez le matériel nécessaire pour mener à bien vos combats. Je ne fais heureusement pas partie de celles-ci. L’autre jour, alors que je me promenais avec notre petite, j’ai trouvé 3 francs, et j’ai alors décidé que nous irions au Café de la Comédie, mais celui-ci était fermé. C’est dommage, j’avais tant envie de m’y rendre à nouveau, il me rappelle tant de souvenirs. Mon amie Rose m’a offert une jupe qu’elle ne pouvait plus mettre, elle est bleu clair, je la porterai quand tu rentreras.
Il devient de plus en plus compliqué de subvenir à nos besoins, même si nous n’avons plus à payer de loyer. Quelques rumeurs courent, celles-ci disent que prochainement, une nouvelle monnaie sera instaurée. Il faut également que je te dise que ton ami Henri a perdu un bras au front, et il est donc resté quelques semaines dans la salle des fractures de notre ville, en vain, il s’est fait amputer et reste parmi nous. Je lui ai d’ailleurs rendu visite hier. Je dois retourner à la cuisine désormais. Que le soleil arrivant avec cette lettre réchauffe ton coeur. Je t’embrasse.

Ta fleur, Marguerite.

http://www.republicain-lorrain.fr/education/2014/04/29/lettres-a-des-poilus-xbhp

La carte postale du jour

2" avril 1916

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