638/journal de la grande guerre: 2 mai 1916

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Rien à ce jour

Journal du mardi 2 mai 1916 à travers Le Miroir

En Belgique, notre artillerie a bouleversé les tranchées allemandes, en face de Boesinghe et de Steenstraete.
En Argonne, lutte de mines à la Fille-Morte. Nous avons occupé la lèvre sud d’un entonnoir provoqué par une explosion. Nous concentrons nos feux sur les organisations ennemies des Courtes-Chausses et du bois de Cheppy.
Les Allemands ont tenté une série d’attaques dans la région du Mort-Homme. Ils ont été chaque fois repoussés. Dans l’ensemble, leur pertes ont été énormes.
Sur la rive droite de la Meuse, ils ont canonné violemment la côte du Poivre et la région de Douaumont.
D’après un communiqué officiel, notre aviation de combat, durant le mois d’avril, a abattu 31 avions ennemis : 9 de ces derniers sont tombés dans nos lignes; les autres ont été vus en flammes. Nous n’avons, de notre côté, perdu que 6 avions.
La situation n’a pas changé sur le front de Macédoine, dans la deuxième quinzaine d’avril. Il n’y a eu que des escarmouches sans importance, bien que relativement fréquentes.
M. Venizelos a publié, dans son journal, le Kyrix, un article pour soutenir la demande des alliés que les Serbes puissent traverser le territoire hellénique.
La révolte irlandaise touche à sa fin. Les insurgés de Dublin ont invité ceux de province à capituler; 800 prisonniers ont été faits; les principaux chefs ont été capturés. Une partie de la presse réclame la démission de lord Winborne, le vice-roi d’Irlande, qui, d’après elle, aurait été inférieur à sa tâche.
L’enquête faite en Allemagne avec la collaboration des autorités hollandaises, a montré que le Tubantia avait bien été coulé par un sous-marin.
Un raid, tenté par les Allemands sur le front britannique, près de Fricourt, a échoué. L’ennemi n’a pas eté plus heureux dans le secteur Messine-Wulverghem, où il avait recouru aux gaz asphyxiants. Guerre de mines plus active dans le secteur de Loos. Canonnade violente sur le front belge, dans la région de l’Yser.
Violent bombardement par les Allemands du secteur de Riga, comme aussi sur les positions de Dwinsk.
Au nord de Mourovitza, sur l’Iksa, les Autrichiens ont attaqué en force les tranchées russes. Après un violent combat, nos alliés ont capturé ce qui restait de deux bataillons hongrois, environ 600 hommes, les deux bataillons ayant subi, durant l’affaire, de très lourdes pertes.
Dans la région de Diorbékir (Asie Mineure), les Russes ont repoussé des attaques des avant-postes turcs. Les troupes ottomanes ont évacué deux localités à 100 kilomètres à l’ouest de Trébizonde.
L’ambassadeur américain Gérard a quitté le quartier général allemand pour rentrer à Berlin. Mais l’envoi de la note allemande à l’Amérique tarderait encore.
La Russie et l’Angleterre ont conclu un accord avec la Perse.
Une mutinerie a éclaté en Belgique parmi les soldats allemands cantonnés à Bruxelles.
Le gouvernement suisse se déclare satisfait à la suite de la démarche que notre ambassadeur, M. Beau, a faite à propos d’un raid de deux avions français sur le territoire helvétique.

Un soldat porté disparu à Verdun revit à travers quelques lettres

1495841665_B972826936Z.1_20140606172041_000_GQ32JK6FD.3-0Le 17 avril 1916, Jules écrit encore qu’il « espère bien (s’)en sortir à bon compte ». Deux semaines à peine plus tard, on le portait disparu. Au cours de ses recherches, Bernard a mis la main sur le fascicule de son parent. Un feuillet précieux parce qu’aucune photo ne raconte à quoi ressemblait Jules. Derrière l’écriture d’un employé appliqué, on l’imagine « châtain clair, 1,59 m, un visage ovale, un nez moyen… » Le 2 mai 1916, à Douaumont, c’en était fini de ce houilleur qui n’aspirait qu’à retrouver sa famille et son labeur. Le voilà porté disparu, la veille du jour, tragique ironie du sort, où son régiment allait être relevé par le 123e régiment d’infanterie. Pas de détails dans le livret mais Bernard a fait parler le registre du régiment autant que possible : une plume anonyme y recense 2 sous-officiers tués ce jour-là, ainsi que 39 soldats, 140 blessés et 13 portés disparus. « Son nom est sur la liste, ça m’a fait drôle ! »
La suite sur le site de la Voix du Nord

 

Publicités