Le mythe de Verdun nous concerne tous

A voir sur le site du quotidien L’Est Républicain

Antoine Prost et Gerd Krumeich viennent de publier « Verdun, 1916 » chez Tallandier. Les historiens français et allemand, spécialistes de la question, y offrent une vision novatrice de cette bataille emblématique de la Première Guerre.

Interview Dans votre ouvrage, vous remettez à plat l’histoire de la Bataille de Verdun et de sa mémoire. Notamment par l’approche croisée franco-allemande que vous en avez ?

Antoine Prost (A.P.) : Le fait d’écrire la Bataille des deux côtés exclut de se laisser prendre par l’identification nationale. Le « nous » inclusif n’est pas possible. Il y a donc un côté surplombant au regard de la Bataille.

D’ailleurs pourquoi Verdun ?

A.P. : L’adversaire principal pour les Allemands était les Anglais. Ils en avaient plus peur que les Français. Ils pensaient que battre des Français était plus facile et que s’ils étaient battus, ils arrêteraient la guerre. L’intérêt était d’attaquer dans un secteur éloigné des Britanniques : Belfort ou Verdun. Verdun faisait un saillant et était une menace pour les lignes allemandes. De plus, la région fortifiée de Verdun était très difficile à défendre. Les liaisons avec l’arrière étaient très mauvaises. Falkenhayn (NDLR : chef de l’état-major général allemand) pense que Verdun c’est une citadelle. Il n’est pas au courant du désarmement des forts.

Gerd Krumeich (G.K.) : L’armée allemande risquait d’être flanquée par les Français à tout moment. Ce n’était pas simplement pour la défense, mais aussi pour mener une guerre offensive. Les Allemands voulaient une fois pour toutes stopper ce danger. Ils avaient l’idée qu’avec un matériel supérieur comme les canons, qu’étaient le Gros Max ou la Grosse Bertha, on pouvait bombarder et déstabiliser les forts et après quelques jours se les approprier.

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