(vidéo) 677/journal du 10 juin 1916: histoire et légende de la tranchée des baïonnettes

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Rien à ce jour

Journal du samedi 10 juin 1916 à travers Le Miroir

Sur la rive gauche de la Meuse, nous avons repoussé toute une série d’attaques allemandes contre nos positions de la cote 304. Ces attaques étaient accompagnées de jets de liquides enflammés.
Sur la rive droite, les Allemands ont continué à mener des assauts violents à l’est et à l’ouest de la ferme Thiaumont. Entre la ferme et le bois de la Caillette, l’ennemi a pénétré dans une de nos tranchées. Toutes les tentatives dirigées à l’ouest on été arrêtées avec des pertes élevées pour l’ennemi.
Dans la région de Saint-Mihiel, un détachement ennemi qui tentait d’aborder nos lignes à l’est de Bislée, a été dispersé par notre feu.
Dans les Vosges, une forte reconnaissance ennemie a été dispersée par notre fusillade à l’Hartmannswillerskopf.
Les Russes, poursuivant leur offensive en Volhynie et en Galicie, ont encore capturé près de 14000 prisonniers.
Les Anglais ont accomplis un raid heureux au sud du canal de la Bassée ; dans ce secteur, la lutte de mines est très active.
Le gouvernement grec a décidé de démobiliser douze classes de l’armée et d’envoyer neuf classes en congé illimité. Il a fait une déclaration à ce sujet à la Chambre.

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin16.html

(Au hasard)….Lettre d’un père à son fils

Lettre de Léon Damas Froissart (Paris) à son fils Louis Froissart (Camp de La Braconne) le 10 juin 1916

Mon cher Louis,

Je ne t’écris pas pour avoir des nouvelles d’une santé qui nous inquiète, puisque ta carte arrivée ce matin nous dit que ta courbature a à peu près disparu, mais pour que tu m’aides à gagner loyalement quelques « Louis ». Voici : tu sais que notre ascenseur (qui est, d’ailleurs, en ce moment dans une bonne veine) nous a refusé souvent le service cette année, que j’ai prévenu le propriétaire que chaque jour où cet engin ne marcherait pas, je lui retiendrais…. un louis.

J’ai noté scrupuleusement toutes ses pannes pendant le 1er trimestre et je les ai transformées en louis qui furent retenus quand je payai mon [2e] trimestre le 16 avril 1916.

J’ai noté aussi que le 16 avril 1916 l’engin était en panne, mais je n’ai pas noté quand la panne prit fin, absorbé sans doute par les soucis… de ta santé ! Car c’est l’époque où tu nous es revenu. Le 16 était le dimanche des rameaux. Tu es arrivé si je ne me trompe le 22 (Samedi Saint) : tu étais fort hypothéqué quant aux jambes : si l’ascenseur ne marchait pas, il a dû t’être particulièrement pénible de monter nos 5 étages sur les dites jambes : tu dois avoir un souvenir précis sur la question de savoir si l’ascenseur marchait le 22 (et même le 23 car tu as encore voulu marcher le lendemain de ton arrivée). Tu tiens dans ta main les cordons de la Bourse de M. [Grunberg] notre propriétaire. Ce que je sais, c’est que le mercredi 26 quand le médecin militaire est venu te voir, il a pu se servir de l’ascenseur : la panne avait donc pris fin.

Tu penses avec raison que la présence, ici, de tes 2 frères, revenus du front, nous a fait quelque plaisir : Michel est parti hier. Pierre part lundi. Tous deux vont très bien mais leur séjour est bien attristé par les inquiétudes que nous donne Suzanne dont ta mère, qui avait commencé avant moi à t’écrire, te parlera trop complètement pour que j’aie rien à y ajouter. Nous en sommes tous bien soucieux. Henri prévenu par un certificat du médecin6plutôt noirci pour la circonstance, ne peut manquer de venir très prochainement.

Que te dirai-je d’autre ? De Kitchener, je ne sais rien de particulier : je regrette de ne plus pouvoir penser qu’il viendra, un de ces jours, coucher dans notre lit. Mais Alexandre nous écrivait, il y a 8 jours, que nous avons hospitalisé le général Robertson« chef de l’EM anglais » ? Or c’est un général Robertson qui était le chef de l’EM de Kitchener et dont sera même parlé pour le remplacer : il n’est pas interdit de penser que c’est bien le même généralRobertson qui a couché chez nous (et dans nos draps je pense).

Ce qui n’est pas évident, car Mme Malvache11, de passage ici hier, allant avec Louise à Tarare, à l’enterrement du futur beau-père de celle-ci, mort très prématurément, nous disait que les nombreux officiers anglais qui sont logés chez nous à Dommartin, s’ils se servent de nos lits ne se servent pas de nos draps, ce à quoi je ne vois pas d’inconvénient à la condition qu’ils mettent des draps leur appartenant.

La suite sur

http://correspondancefamiliale.ehess.fr/index.php?13501

Histoire et légende de la tranchée des baïonnettes

baionnetteJuin 1916, le 137e R.I. s’apprête à lancer une attaque contre les lignes ennemies. Les hommes, pour la plupart originaires de Vendée ou de la Loire Inférieure, ont mis la baïonnette au canon car les munitions se font rares et les nuages de poussière soulevés par les bombardements allemands risquent d’enrayer les armes. Tout à coup, alors qu’ils s’apprêtaient à franchir le parapet, un obus allemand explose à proximité et 57 hommes sont ensevelis vivants par l’explosion, la terre ne laissant dépasser que les pointes des baïonnettes de ces valeureux soldats morts, debout, face à l’ennemi.

Voilà pour la légende.

L’histoire, elle, est un peu différente. Du 10 au 12 juin 1916 nos soldats bretons et vendéens essuient un bombardement intensif et repoussent à plusieurs reprises les charges allemandes à coup de grenades. Ceux qui ne réussissent pas à s’enfuir meurent les uns après les autres sous les balles, les obus et les gaz de combat. A court de munitions, les rares survivants sont faits prisonniers par les allemands. Les morts sont quant à eux rapidement enterrés dans une tranchée devenue inutile, des fusils plantés verticalement faisant office de croix pour indiquer l’emplacement de la fosse.

La légende fera pourtant le tour du monde grâce à la presse qui découvre le site après-guerre et qui le baptisera tout d’abord « Tranchée des fusils » (et oui, il n’y avait pas de baïonnettes dans la vraie histoire) avant de lui donner le nom plus évocateur de « Tranchée des baïonnettes ». Un riche banquier américain, Georges T. Rand, frappé par la symbolique de l’histoire, fit un don de 500 000 francs pour que soit construit un mémorial au dessus même de la tranchée, dans le but de la protéger.

La suite sur http://verdun.over-blog.net/article-16274915.html

UNE VIDEO: https://www.youtube.com/watch?v=29fSrUNMypI

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tranchée_des_Baïonnettes

lire aussi: http://images.google.fr/imgres?

Publicités