698/journal du 2 juillet 1916: Louis Busson condamné à mort à Sedan (08)

Carnets du rémois Paul Hess (carnets)

Après une journée passée dans le calme, des sifflements commencent à se faire entendre à 18h1/2, alors que je rentre de ma promenade quasi hebdomadaire rue du Jard.

Assez espacés pendant une heure, ils finissent par se succéder rapidement. De 19h1/2 à 20  heures, le bombardement est devenu violent; par instants, je compte de six à huit très fortes explosions d’arrivées à la minute. Les obus tombent dru au Port-Sec, vers la rue Hurtaut, aux casernes de Neufchâtel, autour de la ferme Prévot, avenue de Laon et dans le haut de la rue Lesage.

Le voisinage de la place Amélie-Doublié est visiblement sur le qui-vive. Du rez-de chaussée du N°2, où ses quelques habitants sont réunis en attendant les évènements, nous apercevons des voisins de la rue du Docteur Thomas sur les portes, attentifs, prêts à rentrer pour s’abriter, nous distinguons quelques gens aux écoutes, derrière leurs fenêtres comme nous, assez inquiets sur ce qui pourrait venir et s’appliquant surtout à se rendre compte si les sifflements rapprochent.

La tranquillité revient à 20 heures et nous passons ensuite une très bonne nuit.

A l’encontre de beaucoup d’autres, cette séance de bombardement était en quelque sorte attendue et n’a surpris personne, nos pièces ayant tiré environ 4.500 coups de canon avant-hier, vendredi 30 juin. On apprend aujourd’hui les premiers résultats de l’offensive dans la Somme.

Dimanche 2 juillet à travers Le Miroir

L’offensive, après le violent bombardement des jours précédents, a été prise sur un front de 40 kilomètres par les troupes françaises et anglaises en jonction. Les alliés se sont emparés de la première ligne ennemie en faisant un grand nombre de prisonniers.
Au nord de la Somme, nous nous sommes établis aux abords du village de Hardecourt et aux lisières du village de Curlu où le combat continue.
Au sud de la Somme, les villages de Dompierre, Pecquincourt, Boussu, Fay, sont tombés entre nos mains. Nous avons capturé – indépendamment des captures anglaises – 3500 Allemands non blessés.
Quatre attaques allemandes ont échoué sur la rive gauche de la Meuse.
Sur la rive droite, après avoir reperdu l’ouvrage de Thiaumont, nous l’avons repris.
Nos avions ont bombardé les gares de Nesle et Roye, une fabrique de munitions près de Noyon. Un fokker a été abattu dans la forêt de Bezanges.
Les Allemands, exécutant leurs menaces, ont commencé à restreindre leurs importations en Suisse.

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juillet16.html

« Fausse alerte, aucun allemand rue Lepic à Paris

Le 2 juillet 1916 Le Figaro relate cette information.

 «L’autre jour, vers sept heures, là-haut tout en haut de Montmartre, au sommet des derniers escarpements de la rue Lepic, émoi subit de la population. Deux auto-taxis venaient de s’arrêter, là où le ciel rejoint la butte. Et de l’un, spectacle horrifique, sortaient deux soldats allemands; mais deux soldats allemands caractéristiques: laids, velus, barbus, rouquins, vêtus de gris crotte, lunettes rondes sous le calot à bande pourpre. Et de l’autre, émergèrent un petit poilu en réduction, bleu horizon, casqué d’acier et une infime infirmière toute menue sous la robe de dame blanche au voile timbré de la croix rouge. Un personnage, d’aspect jeune aussi, mais adulte, les accompagnait.

Et tandis qu’une multitude effarée leur emboîtait le pas, tout ce monde hétéroclite, prisonniers boches, poilu, infirmière, s’achemina dans une sorte d’intimité cordiale, bien surprenante aux jours tragiques que nous vivons, vers un terrain vague, aménagé en village en ruines. Et là, le public qui avait suivi commença à comprendre. Car il assista à une prise d’armes, comme vue par le gros bout de la lorgnette, où de tout minuscules héros furent décorés par un général en miniature. Il s’agissait, en effet, de tourner l’un des épisodes d’un film du bon dessinateur Poulbot: “A quoi rêvent nos gosses”. Et nous croyons bien savoir que la tanagréenne* ambulancière n’était autre que la nièce de l’auteur» écrit Le Figaro du 2 juillet 1916.

http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/07/02/26002-20140702ARTFIG00303-2-juillet-1916-fausse-alerte-aucun-allemand-rue-lepic.php

Le conseil municipal de La Turbie en colère

En réunion le 29 juin, le Conseil Municipal évoque le problème des offenses infligées aux soldats du Midi.

Le Maire suggère  que nos représentants au Parlement, fasse une démarche auprès du Ministre de la Guerre, afin que cesse cette situation.

Lire l’extrait du Petit Niçois http://laturbiempf.canalblog.com/archives/2006/07/02/13434368.html

Parution du Pélerin

1916.07.02

Louis Busson condamné à mort

Louis, le dernier, ne fait pas la guerre. Il dirige toujours son usine de Sedan qui se trouve en territoire occupé par les allemands depuis le 24 août 1914 et avec lesquels il va souvent s’opposer ouvertement. Le 2 juillet 1916, Louis est arrêté puis condamné à mort par la justice allemande qui l’accuse de « trahison de guerre, précise le jugement, pour avoir envoyé à Paris, par pigeon voyageur, une lettre dont le contenu avait ce caractère ». Louis est exécuté le 16 juillet. Bien des années plus tard, des militaires anglais révèleront que Louis faisait effectivement partie d’un groupe de résistants installés à Sedan dont il aurait même été le chef. Louis Busson ayant été le seul résistant capturé à Sedan durant cette guerre, ce témoignage anglais prouve, du coup, que, même sous une torture probable, Louis n’aura pas parlé. Louis recevra la Légion d’Honneur à titre posthume.

http://www.leradier.com/rires-jaunes-pointe-blagueurs

 

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