788/Journal de la grande guerre: 29 septembre 1916

Carnets du rémois Paul Hess

Vers 11 heures, M.Raïssac, secrétaire en chef de la mairie et M.Guichard, vice-président de la commission administrative des hospices, reçoivent la croix de chevalier de la Légion d’Honneur, dans le cabinet de l’administration municipale.Etaient, paraît-il présents à la remise: MM Malay et L.Bourgeois, ministres; C Lenoir, député, le préfet de la Marne, le sous-préfet de Reims, et, avec l’administration, quelques conseillers municipaux.

Journal de guerre du vendredi 29 septembre 1916 à travers Le Miroir

Sur le front de la Somme, nos batteries poursuivent activement leurs tirs sur les organisations allemandes.
Sur la rive droite de la Meuse, une forte attaque allemande, lancée au début de la nuit sur le front Thiaumont-Fleury, a subi un sanglant échec sous nos feux de mitrailleuses et nos tirs de barrage.
Les troupes anglaises ont avancé leurs lignes sur divers points échelonnés entre Martinpuich et Gueudecourt. Des postes ont été établis à moins de 800 mètres à l’ouest et au sud-ouest d’Eaucourt-l’Abbaye.
A la gauche du front, les positions anglaises se trouvent consolidées sur la crête nord-est de Thiepval. Un bataillon allemand escortant un convoi, a été pris sous le feu de l’artillerie, qui l’a bombardé avec succès.
L’artillerie autrichienne a canonné Limone sur le lac de Garde. Les Italiens ont remporté un succès sur le plateau d’Asiago. Ils ont repoussé l’ennemi sur le Haut-Cordevole.

Le général Joffre est mobilisé

Le Figaro du 29 septembre 1916 nous raconte que l’acteur qui joue en ce moment le général Joffre vient d’apprendre qu’il est mobilisé.

«Dans une revue que joue en ce moment un grand music-hall parisien, on voit paraître le général Joffre, le front ceint des lauriers de la victoire. Le rôle de Joffre fut confié à un simple figurant dont la tournure et la taille rappellent vaguement la silhouette du général. Artistement grimé, le grand-père est très “ressemblant”.

Or, l’autre jour, une étoile de la revue vit s’avancer le général Joffre fort déconfit, qui poussait de profonds soupirs et finit par pleurnicher comme un enfant.

-Qu’est-ce qu’il y a, mon pauvre vieux? s’enquit-elle, charitable. Qu’est-ce qui t’arrive?

-Heu Heu gémit le général Joffre. J’ai été passer la visite. Ça y est je suis mobilisé.» écrit Le Figaro du 29 septembre 1916.

source: http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/09/29/26002-20140929ARTFIG00213-29-septembre-1916-le-general-joffre-est-mobilise.php

L’infinie tristesse d’une mère de soldat

Marcel Cœurdeuil est né le 21 avril 1894 à Bar-sur-Aube. Recruté au 1er Bataillon de Chasseurs à pied, il s’y est lié d’amitié avec Abel Tissot, compagnon d’infortune. Marcel a été tué le 6 septembre 1916, à Vermandovillers, dans la Somme. Il avait 22 ans. Abel, que l’on voit ici en train d’écrire, au front, a raconté le combat dans son journal. Il considérait un peu Marcel comme son petit frère. Il a écrit à sa mère, lui a envoyé des photos.

Voilà quelques extraits des réponses que la maman de Marcel lui a adressées.

29 septembre 1916

Cher Monsieur Abel,Que devez-vous penser de moi ? Que je suis une ingrate, de ne pas avoir fait réponse à vos lettres, mais mon chagrin est si grand que je n’avais pas le courage de prendre la plume et de le faire, car je ne puis me faire à cette idée que ce pauvre Marcel n’est plus. Aussi je relis vos lettres et je me dis s’il est bien au repos et dans le repos éternel, loin des siens, loin de sa mère qui ne peut aller pleurer sur sa tombe et la fleurir, pauvre petit. Mais je vois par votre dernière lettre que vous, son ami, qui parlez avec tant d’amitié, vous avez été la fleurir avec de ses camarades que je remercie bien d’avoir pensé dans les moments pénibles que vous aviez supportés. Vous n’avez pas eu peur de votre fatigue pour aller faire hommage à votre petit ami mort en brave.Pourquoi donc, que cette maudite balle l’a couché loin des siens ? Lui si confiant me disait encore sur sa dernière lettre du 5 : « Maman, aie confiance, c’est bien dur mais ces Boches ne m’auront pas ». Ah ! Ce pauvre Marcel, quelques heures après, la mort avait fait son œuvre, pauvre petit.

[…]
Cher Monsieur Abel, je vais vous quitter. Yvonne et Suzanne se joignent à moi pour vous offrir nos sincères amitiés.
Quelques lettres de vous, que nous considérons parmi nos grands amis, me feront grand plaisir et croyez à ma grande amitié.
Votre toute dévouée bien triste Veuve Cœurdeuil.PS : Remerciez donc pour moi tous ces jeunes gens qui vous ont accompagné sur la tombe de mon Marcel bien aimé

http://archives1418.ville-saint-denis.fr/linfinie-tristesse-dune-mere//
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