813/journal du 24 octobre 1916

Carnet du rémois Paul Hess

Rien à ce jour

Journal de guerre du mercredi 24 octobre 1916

Au nord de la Somme, une opération de détail nous a permis de progresser sensiblement au nord-est de Morval. Le chiffre des prisonnier fait par nous au nord-ouest de Sailly-Saillisel est de 80.
Au sud de la Somme, lutte d’artillerie très vive dans la région des bois de Chaulnes.
Entre Avre et Oise, nous avons enlevé un petit poste et causé des pertes à l’ennemi.
En Champagne, les Allemands ont fait exploser une mine au sud est de la butte du Mesnil.
24 de nos avions ont jeté 2400 kilos de projectiles sur les hauts fourneaux de Hagondange et de Bussingen, sur les gares de Thionville, Mézières-les-Metz, Longwy et Metz-Sablons.
Les Anglais ont avancé leurs lignes à l’est de Gueudecourt et de Lesboeufs, sur un front de plus d’un kilomètre. Ils ont fait 66 nouveaux prisonniers à la redoute Schwaben et repoussé deux coups de main dans le secteur de Gommécourt.
Les Russo-Roumains ont infligé de sanglants échecs dans les Carpathes moldaves et valaques aux troupes austro-allemandes, mais celles-ci, avançant en Dobroudja, ont pris le port roumain de Constantza.
Les Italiens ont accompli quelques heureux coups de main sur le Carso.

(Suite) la reprise du fort de Douaumont

Le 24 octobre, c’était par un épais brouillard que les vagues d’assaut sortaient des parallèles de départ à l’heure à 11h40.

On ne voyait rien à vingt pas. Il fallait se diriger à la boussole au travers d’un chaos de boue, d’entonnoirs géants, souvent pleins d’eau. Nombre d’unités dévièrent de leur axe de marche et ne purent le retrouver que bien péniblement. Mais, par ailleurs, cette opacité de l’atmosphère nous favorisait. L’ennemi ne déclenchait ses tirs de barrage « que douze minutes après l’instant de l’assaut, alors que les deux premières vagues avaient franchi ses tranchées ». Et, presque partout, la surprise était complète. Un officier supérieur était pris en culottes, n’ayant pas eu le temps de mettre ses bandes molletières, que, dans son désarroi, il tendait à l’adjudant Caillard, surgissant devant lui, en criant : « Chef de Corps ! Chef de Corps ! » On saisissait un vaguemestre en train de trier ses lettres. Ailleurs, au ravin de Chambitoux, les Boches, ahuris par l’apparition soudaine de nos poilus, tendaient casques, bidons, cigarettes aux chasseurs du 116e bataillon .

Jamais encore, dans une attaque, nos troupes n’avaient bénéficié d’une préparation aussi parfaite.

Pour la démolition des premières lignes, les crapouillots avaient fait merveilles. Les tranchées n’étaient plus, dit le lieutenant Petit, du 102e bataillon de chasseurs à pied :

« qu’un bouleversement chaotique de trous de torpilles béants, entonnoirs gigantesques de six à sept mètres de profondeur dans la terre glaise, où les mottes de terre de plusieurs centaines de kilogrammes ont été projetées comme de simples fétus de paille… »

 

Au-delà, le travail de notre artillerie lourde, courte et longue, et de nos 75, pour être différent de celui de l’artillerie de tranchée, n’avait pas été moins terrifiant. « La zone crapouillotée une fois dépassée, dit encore le lieutenant Petit, le décor change ; nous nous trouvons dans le Sahara. C’est un véritable désert au travers duquel nous avançons »

« Le sol est nivelé par les obus, sa surface est recouverte de matériaux de toutes sortes, brisés, pulvérisés : havresacs boches, fusils, casques, équipements, bottes, débris humains, un bras! une jambe ! une tête!… tout est haché … »

Des vidéos

Forain célèbre la reprise de Douaumont

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Et la brume se dissipe

 Le 1er novembre 1916, Le Figaro publie le dessin de Jean-Louis Forain célébrant la reprise définitive du fort de Douaumont.

En 1916, les Allemands choisissent Verdun pour vaincre par épuisement l’armée française.
Le 21 février 1916, un déluge d’obus s’abat sur les troupes françaises: c’est le déclenchement de la bataille de Verdun qui durera dix mois.
Le 25 février 1916, les Allemands s’emparent du fort de Douaumont, place forte du réseau de fortification de la région de Verdun.
Au début de la guerre, l’État-Major français privilégie les armées de campagne plutôt que les forts. En effet, suite aux «décrets du 5 août 1915», beaucoup de fortifications françaises sont désarmées. C’est ainsi qu’au début de l’année 1916, il ne reste plus qu’une soixantaine d’hommes au fort de Douaumont; la prise du fort est alors facilitée.
Les Français pour contrer les succès allemands vont tout faire ensuite pour reprendre le fort.
Une première tentative en mai 1916 sous les ordres du Général Nivelle est un échec: 500 soldats sont tués. C’est finalement, le 24 octobre 1916, que le régiment d’infanterie coloniale du Maroc renforcé de Tireurs Sénégalais et Somalis, reprend le fort de Douaumont.
De nombreux témoignages rapportent qu’en ce 24 octobre 1916, le brouillard était très épais. Le texte accompagnant le dessin de Forain fait allusion au communiqué allemand rapportant que la victoire française a été favorisée par un temps brumeux. Mais quand «…la brume se dissipa», les soldats français avaient définitivement chassés les Allemands du fort de Douaumont.

source: le Figaro http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/10/13/26002-20141013ARTFIG00062-1916-forain-celebre-la-reprise-de-douaumont.php

(Document) Sortie du personnel des caves Pommery

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Photographie : Gallica-BNF-BDIC – Fonds Valois. Photo prise le 24 octobre 1916.

 Joseph Porcher, fusillé pour l’exemple

 

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